26/04/2018 09:34
Pour surmonter leurs divergences sur l'Iran, Emmanuel Macron propose à Donald Trump un "nouvel accord" qui dépasse les seules questions nucléaires. Mais les inconnues restent bien plus fortes que les chances d'aboutir, et ce pari semble pour l'instant voué à gagner du temps.
>>Trump et Macron évoquent un "nouvel accord" avec l'Iran
>>Téhéran va se retirer de l'accord sur le nucléaire si Washington réimpose des sanctions
>>L'Iran renforcera la puissance de ses missiles

Emmanuel Macron (gauche) et Donald Trump, le 24 avril à la Maison-Blanche, à Washington, aux États-Unis.
Photo: AFP/VNA/CVN

Quelles divergences?

Les États-Unis et la France ont signé en 2015, avec l'Iran mais aussi la Russie, la Chine, l'Allemagne et le Royaume-Uni, l'accord censé empêcher Téhéran d'avoir l'arme atomique.

Mais l'actuel président américain a promis de "déchirer" ce texte, auquel il reproche de ne faire que repousser de quelques années l'échéance d'une bombe iranienne. Il a donné jusqu'au 12 mai aux signataires européens pour trouver, avec Washington, des solutions pour le "durcir" - sans impliquer l'Iran. Faute de quoi, il rétablira les sanctions américaines, synonyme probable de la mort de l'accord iranien.

Les Européens jouent le jeu en négociant des solutions avec les États-Unis. Objectif: sauver l'accord lui-même.

Que propose Macron?

Avec son "nouvel accord" plus "large", le président français "présente intelligemment le même problème d'une manière différente", dit à l'AFP Behnam Ben Taleblu, du groupe de pression Foundation for Defense of Democracies très en pointe dans la critique du pacte de 2015.

Ces nouvelles négociations devraient porter sur les préoccupations exprimées par Donald Trump, mais en préservant l'accord d'origine qui deviendrait le premier des "quatre piliers" d'un futur texte. Les autres "piliers" concernent l'après 2025, quand certaines clauses vont expirer, mais aussi les missiles balistiques très controversés de Téhéran et son rôle jugé "déstabilisateur" dans la région.

Principale nouveauté: il ne s'agit plus de rustines discutées entre Occidentaux, mais d'une vraie négociation impliquant l'Iran et les autres puissances. "Il est nécessaire de négocier avec l'Iran", acquiesce Behnam Ben Taleblu. Sinon, "à un moment donné vous aurez un problème car l'objectif final c'est que l'attitude iranienne change".

Que fera Trump le 12 mai? 

C'est la grande inconnue, car personne ne connaît vraiment les intentions du président des États-Unis.

"Macron et Trump ne se sont mis d'accord sur rien", rappelle Luigi Scazzieri, spécialiste du Moyen-Orient au Centre for European Reform, soulignant que l'Américain n'a rien promis, en public, au Français. "Mais Trump a semblé relativement ouvert à l'idée de Macron de garder l'accord actuel tout en l'élargissant".

La proposition française semble en tout cas avoir donné de l'espoir aux partisans du texte de 2015. Créé par l'ex-secrétaire d'État américain John Kerry pour défendre ce pacte dont il est l'un des "pères", le groupe Diplomacy Works salue une initiative "judicieuse" qui, dit-il à l'AFP, renforce "la possibilité de maintenir les États-Unis dans l'accord nucléaire iranien tout en s'appuyant sur ses réussites pour bâtir d'autres accords portant sur le reste des activités de l'Iran".

"J'espère que l'accord iranien a été sauvé dans le cadre des défis posés par le président Trump", a aussi osé mercredi 25 avril à Genève le diplomate américain Christopher Ford, chargé de la non-prolifération. Mais le principal négociateur des États-Unis, Brian Hook, s'est montré plus prudent. "Il est trop tôt pour dire si nous pourrons trouver un accord avec les Européens, il y a encore des divergences", a-t-il dit à la radio publique américaine.

Quelles chances d'aboutir?

L'urgence reste un accord américano-européen. Pour cela, encore faut-il que les pays de l'Union européenne s'entendent entre eux. "C'est le cas pour Londres, Berlin et Paris", assure Luigi Scazzieri, alors que la chancelière allemande Angela Merkel est aussi attendue à la Maison Blanche vendredi 27 avril. "C'est moins vrai pour l'Italie", peu enthousiaste à l'idée de nouvelles sanctions contre les missiles iraniens, ajoute-t-il, "mais son opposition paraît surmontable".

Ensuite, tout dépend de la décision de Donald Trump le 12 mai. Mais même en cas de rétablissement des sanctions, Washington laisse désormais entendre que la diplomatie poursuivra son chemin.

"Le 12 mai n'est pas la fin de l'histoire", "Trump peut toujours choisir de rétablir les sanctions sans les mettre en oeuvre immédiatement ou trouver d'autres moyens juridiques pour amoindrir leur impact", estime Behnam Ben Taleblu.

Mais convaincre la Russie, la Chine, et a fortiori l'Iran de négocier un "nouvel accord" semble, à ce stade, mission impossible. "À chaque jour suffit sa peine", élude-t-on côté français au sujet de l'opposition iranienne.

"C'est un effort de long terme, donc pour l'instant, cela sert surtout à gagner du temps", conclut Luigi Scazzieri.

AFP/VNA/CVN

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