29/01/2020 15:32
Renault a recruté l'ancien patron de Seat (groupe Volkswagen) Luca de Meo comme directeur général pour tenter de se relancer et donner un nouveau souffle à son alliance avec Nissan et Mitsubishi, après une année de crise.
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Luca de Meo lors d'une présentation Seat en 2018 en Espagne.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le conseil d'administration réuni mardi 28 janvier après-midi au siège du groupe à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) a décidé de confier la direction opérationnelle de Renault à l'Italien Luca de Meo, 52 ans, à compter du 1er juillet.

Lié à Volkswagen par une clause de non concurrence, il n'a pas été en mesure de prendre ses fonctions plus tôt.

La directrice financière Clotilde Delbos, qui assurait la direction générale par intérim depuis le mois d'octobre, a par ailleurs été nommée directrice générale adjointe, également à compter du 1er juillet.

De gros chantiers attendent Luca de Meo, dirigeant polyglotte et parfaitement francophone. Le président du conseil d'administration Jean-Dominique Senard compte sur lui pour donner un nouveau souffle à une entreprise ébranlée par les soubresauts de l'affaire Carlos Ghosn, l'ancien patron du groupe arrivé clandestinement fin décembre au Liban pour fuir la justice japonaise qui devait le juger pour diverses malversations.

Expert en marketing

Luca de Meo, expert en marketing qui a fait toute sa carrière dans l'automobile, a redressé Seat dont il avait pris la direction en 2015 après avoir piloté les ventes du constructeur allemand Audi. La marque espagnole, moribonde il y a quatre ans, a battu l'an dernier un record historique de ventes.

Les administrateurs de Renault avaient décidé en octobre de démettre de ses fonctions le directeur général Thierry Bolloré, dont les performances et le style de management, réputé autoritaire, étaient mis en cause.

Les parcours de Jean-Dominique Senard et Luca de Meo, duo à la tête du groupe automobile français Renault.
Photo : AFP/VNA/CVN

Luca de Meo devra notamment redresser en Europe l'activité de la marque au losange qui doit monter en gamme pour se distinguer davantage de sa filiale roumaine low-cost Dacia.

Renault est au plus mal en Bourse. L'action a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis l'arrestation de Carlos Ghosn en novembre 2018, signe de la défiance des investisseurs après une année de crise entre le constructeur français et son allié Nissan.

M. Senard, qui a pris les commandes de Renault en pleine tempête l'an dernier, tente de convaincre qu'une refondation du partenariat franco-japonais est engagée alors que la rumeur d'un possible divorce a circulé.

Renaissance de l'alliance avec Nissan

La santé de la coopération avec Nissan, dont Renault détient 44% et qui détient en retour 15% de Renault, est jugée cruciale pour la capacité du constructeur français à affronter les bouleversements technologiques en cours dans l'industrie automobile.

L'électrification, les fonctions de conduite autonome et la connectivité des véhicules nécessitent des investissements massifs et donc une taille critique pour pouvoir les amortir sur de longues séries.

Avec Mitsubishi, dont Nissan détient 34%, l'alliance franco-japonaise se hisse au troisième rang mondial des constructeurs automobiles par les volumes vendus, derrière l'allemand Volkswagen et le japonais Toyota, mais avec une rentabilité bien moindre, faute jusqu'ici de synergies suffisantes.

Jean-Dominique Senard, le 2 décembre 2019 à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN
"80% de cette alliance est devant nous et pas derrière", a récemment affirmé M. Senard, alors qu'un renouvellement des équipes de direction a été effectué chez Renault comme chez Nissan.

Une réunion des dirigeants de l'alliance est prévue jeudi au siège du constructeur japonais, à Yokohama. Des décisions sont attendues sur des projets concrets comme le développement de véhicules en commun.

Fin novembre, un nouveau secrétaire général de l'Alliance, Hadi Zablit, avait été nommé pour coordonner les nouveaux projets de coopération industrielle des trois partenaires.

Renault a également recruté début janvier l'ancien patron de la recherche-développement de son rival français PSA (Peugeot, Citroën...), Gilles Le Borgne. Af la tête de l'ingénierie, son arrivée devrait aussi contribuer au renouveau en cours au sein du groupe au losange.
 
AFP/VNA/CVN
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