21/06/2015 09:36
Trân Kim Xuyên a été le premier journaliste martyr de la presse révolutionnaire du Vietnam et l’un des premiers dirigeants de l’Agence Vietnamienne d’Information. Il a marqué l’histoire nationale, celle de la presse notamment.

>>Le premier journaliste martyr du Vietnam honoré
>>Activités de la VNA en reconnaissance des personnes méritantes
 

Trân Kim Xuyên.
Photo : Archives/CVN

Trân Kim Xuyên est né en 1921 dans le district de Huong Son, province de Hà Tinh (Centre). «Selon ma mère et mes proches, mon père était grand et avait une belle apparence. Il était éloquent et bien organisé dans la vie. Il luttait pour ses idéaux», se souvient Trân Lê Thu, fille de Trân Kim Xuyên.

À sa sortie de l’école Quôc Hoc de Vinh, province de Nghê An (Centre), Trân Kim Xuyên travaille pour l’administration française dans la province de Bac Giang (Nord), tout en menant secrètement des activités révolutionnaires. En 1943, il est muté à Hanoi. Mais en 1944, il est arrêté et placé en détention. À l’occasion du coup de force japonais de mars 1945, M. Xuyên et certains camarades s’évadent et préparent la Révolution d’Août.

M. Xuyên reçoit la tâche de préparer la cérémonie de Déclaration d’indépendance de Hô Chi Minh et de présentation du gouvernement provisoire de la République démocratique du Vietnam, le 2 septembre 1945 sur la place Ba Dinh (Hanoi). Avec Nguyên Huy Tuong (écrivain) et Luu Van Loi, il prend en charge la diffusion en trois langues (vietnamien, anglais et français) de l’événement ainsi que certains aspects techniques (son notamment). 

Ensuite, Hô Chi Minh confie à Trân Kim Xuyên et à deux autres l’établissement de la Radio nationale, sur la base des infrastructures techniques héritées de l’ancien gouvernement colonial français. En janvier 1946, il est élu député de l’Assemblée nationale de la première législature, un des plus jeunes députés de l’époque. Il est aussi nommé vice-directeur du Service de l’information (l’un des trois services relevant du ministère de l’Intérieur), au sein de l’Agence Vietnamienne d’Information (VNA).

Premier journaliste mort durant la guerre

En 1946, le pays commence sa guerre de résistance contre les Français. Trân Kim Xuyên a pour tâche d’évacuer en lieux sûrs toutes les archives et infrastructures techniques du Service de l’information. Il choisit la pagode Trâm, en banlieue de Hanoi. Le 3 mars 1947, les Français découvrent le lieu, s’ensuit une attaque où  M. Xuyên tente d’évacuer les archives vers des lieux sécurisés. Malheureusement, il est tué le même jour dans la commune de Ngoc Son (actuellement bourg de Chuc Son, district suburbain de Chuong My, Hanoi), devenant le premier journaliste mort durant la guerre. À cette nouvelle, submergé par l’émotion, le Président Hô Chi Minh ne peut s’empêcher de verser quelques larmes.
 

Une rue de Hanoi porte le nom de Trân Kim Xuyên.
Photo : Duong Giang/VNA/CVN


«Trân Kim Xuyên était un cadre zélé et créatif. Ses contributions dans l’organisation et la direction du Service l’information ont été immenses. Dans les situations dangereuses, il a toujours fait preuve de courage», a noté le ministère de l’Intérieur, dans le certificat décerné à titre posthume le 19 mars 1947.

Le 23 avril 1949, le Président Hô Chi Minh a signé le décret lui décernant à titre posthume l’Ordre de la Résistance de première classe. Ce premier journaliste martyr de la presse révolutionnaire du Vietnam, député de la première législature, reste un exemple de dévouement et d’esprit de sacrifice, qui continue de guider les journalistes actuels.

62 ans après sa mort, son héritage perdure

Trân Kim Xuyên fut l’un des premiers dirigeants de la VNA. Il a diffusé le 15 septembre 1945 la Déclaration de l’indépendance du Vietnam en trois langues. Pour ses contributions, il a reçu à titre posthume par l’État l’Ordre  de l’Indépendance de deuxième classe, celui de Résistance contre les colonialistes français de première classe et d’autres titres honorifiques. Son jeune frère, Trân Kim Luyên, est tombé en février 1954 dans la province de Hà Nam (Nord). Sa mère, Mme Nguyên Thi Lan, a été reconnue «Mère Héroïne» par l’État.
 

Des journalistes de la VNA en mission à Cu Chi, en banlieue de Hô Chi Minh-Ville, en avril 1975. Photo : Archives/CVN


La VNA a construit à Son My, commune natale de Trân Kim Xuyên, un mémorial, en collaboration avec les autorités locales. «Cet ouvrage marque les mérites de ce grand journaliste. La VNA et les autorités de Son My ont aussi établi le Fonds de bourses Trân Kim Xuyên pour soutenir  l’apprentissage des jeunes de notre commune», a informé Hô Van Thuân, président du Comité populaire de la commune. Trân Kim Xuyên a aussi donné son nom à une rue de Hanoi et à un pont de Hô Chi Minh-Ville.

«Les journalistes de la VNA ont toujours été dévoués, courageux, prêts à se sacrifier pour la Patrie. Plus de 260 d’entre eux sont morts dans l’exercice de leur métier. Trân Kim Xuyên est mort à l’âge de 26 ans, et reste un symbole pour tous les journalistes du pays», a déclaré Nguyên Duc Loi, directeur général de la VNA.


Quê Anh/CVN

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