03/01/2015 10:18
Le photographe japonais Murayama Yasufumi a découvert le Vietnam en 1998. Très impliqué dans son combat pour la défense des victimes de l’agent orange, il a visité le pays à 37 reprises. Il est devenu pour elles un ami fidèle.

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Le photographe Murayama Yasufumi. Photo : CTV/CVN


Une délégation a récemment rendu visite aux enfants victimes de l’agent orange en compagnie de Murayama Yasufumi. «C’est un étranger qui aime le Vietnam. Les enfants victimes de l’agent orange sont les personnages principaux de ses photos. Après des voyages dans les provinces du Sud et du Centre, Yasufumi a réussi à organiser plusieurs expositions dans son pays d’origine. Il a récolté de l’argent pour que ces enfants soient opérés au Japon», a déclaré un membre de la délégation.

Murayama Yasufumi a participé à plusieurs pétitions de soutien organisées pour que justice soit rendue aux victimes vietnamiennes de l’agent orange. Il a réussi à collecter des milliers de signatures. Le reporter japonais connaît bien le sujet et se bat pour que la vérité éclate : «Pour qu’il puisse photographier les vérités dont on ne peut pas parler».

Un ami de longue date

Lors de sa première visite au Vietnam, il était accompagné de son confrère Ishikawa Bunyo, qui travaillaient sur un sujet concernant la guerre. Les photographies de Bunyo ont été exposées au Musée des vestiges de guerre. Une révélation pour Yasufumi. «Les photos et objets qui y étaient exposés m’ont marqué et ne me sont jamais sortis de la tête».

Le photographe Murayama Yasufumi s’entretient avec Dô Thuy Duong, victime de l’agent orange. Photo : CTV/CVN


Il estime que les images de son collègue n’exprimaient pas seulement les atrocités d’une guerre tragique, mais montraient aussi l’amour fraternel, alors que règnent l’atrocité et le chaos. «Ces clichés d’hommes au corps déformé ou ces anciens combattants mutilés m’ont obsédé». Il s’est alors plongé dans l’histoire du Vietnam et de ses habitants pour y étudier les conséquences de la guerre. «Les yeux brillants de ces enfants me touchent», explique le Japonais.

Infatigable défendeur de la cause vietnamienne, il s’est fait un nom dans son pays. Il est revenu au Vietnam pour accompagner un groupe de journalistes et d’étudiants japonais qui souhaitaient y réaliser un reportage. Le personnage principal était Dô Thuy Duong, de la province Soc Trang (Sud). Âgée de 18 ans, elle a vécu une adolescence normale jusqu’au jour où la partie gauche de son visage a commencé à se déformer. Son père lui a révélé qu’il avait servi dans la forêt de Tây Ninh, où les Américains déversaient de grandes quantités d’agent orange. Les conséquences de cet agent chimique apparaissaient désormais chez sa fille.

Murayama Yasufumi a réalisé au total plus de 100.000 clichés sur le Vietnam et sa population. Photo : Phuong Vy/VNA/CVN


Avec un ami journaliste et un groupe de volontaires japonais, ils ont publié un article sur l’histoire de Thuy Duong sur le site www.geocities.jp, dans le but de lever des fonds. Ils ont aussi procédé à des opérations «chocs», en distribuant ou en exhibant des banderoles et des photos de Duong dans les rues, les cafés, les restaurants ou les stations de métro. Ils ont réussi à récolter 4.000 dollars pour que la jeune fille se fasse opérer.

Plus de 100.000 photos sur le Vietnam

Dans tous les lieux où il se rend, Yasufumi collecte des signatures de soutien. En 2007, il a organisé une exposition intitulée «La douleur de la guerre vietnamienne», au Musée des vestiges de guerre. Comprenant 47 clichés, l’exposition mettait en avant ses graves conséquences. Il espère que cette exposition deviendra permanente pour que tous ceux qui n’ont pas connu les souffrances de la guerre puissent les comprendre. Il a offert ses clichés au musée.

Le photographe a réalisé au total plus de 100.000 images sur le Vietnam et sa population. Il a organisé de nombreuses expositions au Vietnam, au Japon et en République de Corée.

«Mon amour pour le Vietnam est tellement fort que ma femme est jalouse, confie Yasufumi. J’ai rencontré ma femme il y a six ans, mais je connais le Vietnam depuis 16 ans».

Phuong Nga/CVN

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