15/09/2019 12:30
Ne pensant jamais un jour apprendre le vietnamien, le destin a fait que Kawarai Yushi, 31 ans, s’est pourtant rendu au Vietnam alors qu’il était en train de faire ses études en Angleterre. Un virage dû à un coup de foudre littéraire.
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Yushi Kawarai pose avec son enseignante d’écriture sino-vietnamienne.
Photo : CTV/CVN

Lors d’une visite dans une librairie au Japon, Kawarai Yushi tomba sur le roman Tô Tâm (Un cœur pur) de Hoàng Ngoc Phach et fut extrêmement touché en le lisant. Ce livre est à l’origine de la flamme du jeune japonais pour la littérature vietnamienne.

Quand on aime…

C’est en 2010, alors qu’il est en visite à Dà Nang (Centre) avec un ami vietnamien qu’il s’éprend du Vietnam. "C’était le mois d’août et je m’étais rendu au Centre du Vietnam. Là-bas, les locaux sont vraiment chaleureux et amicaux, nous avons même été hébergés gratuitement par une famille", se souvient-il.

De retour du Japon, le Vietnam en tête, Yushi prend la décision de renoncer à ses études en physique spatiale en Angleterre pour se rendre au Vietnam y faire ses études universitaires. C’est ainsi qu’un an plus tard, il y déménage pour réaliser son rêve : étudier la littérature vietnamienne.

"Le vietnamien est très compliqué"

Bien qu’il ait des dispositions pour les langues étrangères, Yushi trouve que le vietnamien est une langue vraiment compliquée. Avant de déménager au Vietnam, il a assisté à des cours de vietnamien pendant un mois. En 2011, le jeune Japonais a également pris des cours particuliers de vietnamien à l’Université des sciences sociales et humaines (relevant de l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville).
 
Au-delà des cours à l’université, Yushi cherche à pratiquer la langue le plus souvent possible, en particulier quand il se rend au café ou au restaurant. Il regarde également souvent la télévision pour se familiariser avec les intonations. Après seulement trois mois, il était en mesure de parler couramment avec les locaux et de lire la presse vietnamienne.
Diplômé de philologie, Yushi fait actuellement un master en littérature vietnamienne à l’École normale supérieure de Huê (province de Thua Thiên-Huê, Centre) et se lance dans une thèse en han-nôm (écriture sino-vietnamienne) à l’Académie des sciences sociales à Hanoï.

En effet, le Japonais voue une passion sans égale pour les œuvres en han-nôm, telles que Chinh phu ngâm khuc (poème d’une femme dont le mari s’en va à la guerre), Luc Vân Tiên, Cung oan ngâm khuc (poème d’une femme de harem) et Truyên Kiêu (L’histoire de Kiêu), pour ne citer qu’elles.

Yushi traduit pour le moment le roman Tô Tâm en japonais et envisage de traduire d’autres œuvres vietnamiennes afin de présenter le charme de la littérature du Vietnam à ses compatriotes. "Nombre d’œuvres littéraires sont très belles mais elles sont malheureusement méconnues, c’est dommage. Je souhaite pouvoir contribuer à la diffusion de la littérature vietnamienne à l’étranger", partage-t-il.

Ce jeune nippon peut parler plusieurs langues.
Photo : TT/CVN

Concernant la vie au Vietnam, ce n’est pas toujours rose pour lui. Yushi partage les difficultés qu’il a encourues lors de ses débuts au pays. Trouver un logement ou un travail alimentaire notamment n’a pas été chose simple. Toutefois, grâce à l’aide d’une poignée d’amis, le jeune nippon a su surmonter ces épreuves. "C’est même grâce à eux que j’ai pu trouver l’établissement universitaire qui offrait le cursus que je recherchais. Je leur serai toujours reconnaissant pour cela", confie Yushi.

Outre son amour pour le Vietnam et sa littérature, Yushi s’intéresse également à la cuisine locale. Il affectionne particulièrement le café et le mi Quang (soupe de nouilles originaire de la province de Quang Nam, Centre).

… rien n’est impossible

À l’âge de 14 ans, le très jeune Yushi exprime le souhait à son père d’apprendre l’allemand car à l’époque il est fasciné par la musique du compositeur Schumann. C’est alors que son père lui suggère d’apprendre plutôt le vietnamien car, d’après lui, c’est un pays qui a un avenir prometteur en termes de développement socio-économique et d’emploi. Cependant, à la vue de la multitude d’accents et d’intonations différentes de la langue, le jeune adolescent refuse catégoriquement.

Quatre ans plus tard, Yushi découvre ses facilités dans l’apprentissage de langues étrangères alors qu’il tombe par hasard sur un livre en russe à la bibliothèque. "J’ai feuilleté et lu ce livre tous les jours jusqu’à la maîtrise totale de la grammaire russe", se souvient-il.

Passionné de langues étrangères, Yushi maîtrise parfaitement l’anglais, le français, l’allemand et le vietnamien. Il peut également communiquer en coréen, thaïlandais, laotien, italien, espagnol, polonais et russe. La liste ne s’arrête pas là, car il est également en mesure de lire l’arabe, le persan, l’hébreu, le latin, le grec, le sanskrit, le pali et l’égyptien antique. Son nouveau défi du moment ? Il apprend le tchèque.

Yushi raconte: "Parfois, il m’arrive d’oublier des mots ou de me tromper d’une langue à une autre, alors, je dois simplement réviser. C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas", ajoute-t-il. Polyglotte passionné de linguistiques, le nippon n’est cependant pas satisfait du nombre de langues qu’il manie parfaitement. Il suit une règle d’or : peu importe le pays où il pose le pied, il doit apprendre sa langue.
 
Mai Quynh/CVN
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