08/04/2018 15:31
Un homme a tué au moins trois personnes samedi 7 avril et blessé de nombreuses autres en fonçant avec un véhicule sur la foule d'une ville allemande, avant de se donner la mort, la police précisant qu'il était trop tôt pour parler d'un attentat.
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Le quartier de la vieille ville de Münster a été entièrement évacué par la police, le 7 avril en Allemagne. Photo : AFP/VNA/CVN

Les faits se sont déroulés vers 15h30 heure locale (13h30 GMT) dans le centre-ville de Münster, dans l'Ouest de l'Allemagne, à une heure très fréquentée où les terrasses étaient pleines et les commerces remplis de clients, en cette journée ensoleillée.

"L'auteur des faits a foncé sur des terrasses de café et de restaurant sur une place du centre-ville", a indiqué une porte-parole de la police.

Parmi les clients qui s'y trouvaient les autorités locales déplorent au moins "trois morts" et "20 blessés dont six graves", a indiqué sur place un porte-parole de la police, Andreas Bode.

Camionnette

L'auteur des faits, qui conduisait une camionnette selon plusieurs médias, s'est suicidé par arme à feu peu de temps après les faits "dans son véhicule", selon les autorités.

Le porte-parole de la police a indiqué qu'il était "trop tôt" pour parler d'attentat. Toutefois plusieurs médias allemands, notamment l'édition en ligne du Spiegel assurent que les autorités allemandes pensent qu'il s'agit d'un attentat.

Des images diffusées à la télévision allemande montraient plusieurs véhicules de police et de pompiers stationnés dans le centre de cette ville de plus de 300.000 habitants, située dans l'État régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, non loin de la frontière avec les Pays-Bas.

Des policiers, dont l'un lourdement armé, étaient stationnés devant des banderoles de sécurité, selon des images de la chaîne n-tv. La police a également appelé sur Twitter les habitants à éviter le centre pittoresque de cette ville fréquenté par de nombreux cyclistes.

Le gouvernement allemand a indiqué via l'une de ses porte-parole, Ulrike Demmer, que ses pensées allaient aux victimes et à leurs proches après "les nouvelles terribles venues de Münster".

Précédent à Berlin

Des policiers devant le lieu où un camion-bélier a foncé dans la foule à Münster (Ouest de l'Allemagne), le 7 avril. Photo : AFP/VNA/CVN

Si l'origine des faits n'est pas encore établie, ils interviennent dans un contexte tendu en Allemagne.

Les autorités allemandes sont sur le qui-vive depuis un an et demi en raison de plusieurs attentats islamistes perpétrés ou envisagés dans le pays, notamment celui au camion-bélier revendiqué par le groupe État islamique (EI) qui a fait 12 morts en décembre 2016 sur un marché de Noël à Berlin.

Son auteur, le Tunisien Anis Amri avait été tué quelques jours plus tard près de Milan.

À la fin du mois de juillet 2017, un demandeur d'asile en passe d'être débouté a tué une personne à coups de couteau dans un supermarché et en a blessé six autres, un acte motivé selon la justice par "l'islamisme radical".

Et fin octobre, la police allemande a interpellé un Syrien de 19 ans soupçonné de préparer un "grave attentat" à la bombe.

Les mouvements islamistes potentiellement violents ont connu ces deux dernières années un essor dans le pays. Les services du renseignement intérieur estiment à environ 10.000 le nombre d'islamistes radicaux en Allemagne, dont 1.600 soupçonnés de pouvoir passer à la violence.

Outre l'attentat au camion-bélier, l'EI a aussi revendiqué en 2016 un meurtre à Hambourg (Nord), un attentat à la bombe à Ansbach (Sud) qui avait fait 15 blessés et tué l'assaillant, ainsi qu'une attaque à la hache dans un train en Bavière (5 blessés).

Plusieurs de ces actes ont été commis par des demandeurs d'asile et valent à la chancelière Angela Merkel d'être accusée par ses détracteurs d'avoir fait peser un risque à son pays en ouvrant la porte à des centaines de milliers de réfugiés en 2015 et 2016.

Pour les enquêteurs, aucun des auteurs n'est cependant venu en Europe porteur d'ordres de l'EI, contrairement à certains des assaillants du 13 novembre 2015 à Paris. Tous semblent avoir organisé leurs actes seuls.

L'Allemagne reste une cible pour des groupes jihadistes, en particulier en raison de son engagement au sein de la coalition combattant l'EI en Irak et en Syrie et dans celle déployée en Afghanistan depuis 2001.

AFP/VNA/CVN

 

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