25/04/2021 15:29
En Belgique les musées sont ouverts et les chefs d’œuvre attendent le public. Un retable du XVe siècle, présenté comme une des belles sculptures en bois de l'histoire occidentale, retrouve samedi son lieu d'exposition à Bruxelles, après une restauration exceptionnelle.
>>Une sculpture du XVIe siècle "sauvée" d'une restauration désastreuse

"Le retable de Saint-Georges" (1493) du sculpteur Jan Borman retrouve sa place au Musée d'Art et d'Histoire de Bruxelles après une restauration exceptionnelle, le 23 avril. Photo : AFP/VNA/CVN

La pièce connue comme "le retable de Saint-Georges" a été sculptée et signée par le maître bruxellois Jan Borman en 1493. Elle ornait à l'origine une chapelle de Louvain, en Flandre, qui a été démolie à la fin du XVIIIe siècle. Signe d'une histoire mouvementée, le retable subit au XIXe une restauration qui aboutit à une présentation inversée des sept étapes du martyre de ce célèbre saint chrétien, grande figure de la tradition orthodoxe.

La découverte de cette erreur grossière pousse les Musées royaux d'Art et d'Histoire (MRAH), l'institution propriétaire de l’œuvre depuis des décennies, à engager une nouvelle restauration en profondeur en 2018, dont le résultat est enfin dévoilé en public. "On savait que le retable avait été restauré au XIXe mais sans bien connaître les circonstances", raconte Emmanuelle Mercier, restauratrice à l'Institut royal du patrimoine artistique (Irpa), lors d'une présentation aux médias.

"En démontant tous les blocs sculptés, on s'est rendu compte que le restaurateur avait inversé le sens de lecture, commençant par la fin, à savoir la décapitation de Saint-Georges. On a décidé de restituer la séquence d'origine", ajoute-t-elle. Sur 5 m de large et 1,60 m de haut, sculpté dans une unique pièce de bois, l'ensemble montre plus de 80 figures minutieusement détaillées.

Chevaliers en armes, bourreaux amenant le bois à brûler, Georges est entouré de nombreux personnages à chaque étape de son supplice. Au centre du panneau, l’œil du spectateur est particulièrement attiré par la scène où il est suspendu par les pieds à une potence, ses cheveux happés par les flammes.

"Le retable de Saint-Georges est la clé pour comprendre tout le génie créatif de Borman", fait-on valoir aux Musées royaux de Belgique. Samedi 24 avril, lendemain de la Saint-Georges, l’œuvre sera de nouveau visible dans la section Gothique-Renaissance-Baroque du Musée Art et Histoire, dans la capitale belge.
AFP/VNA/CVN


 

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