18/11/2019 09:21
Des "gilets jaunes" ont manifesté ou occupé des ronds-points dans le calme dimanche 17 novembre en France, au lendemain de violences à Paris qui ont émaillé le premier week-end anniversaire du mouvement de contestation sociale.
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Une femme "gilet jaune" près du centre commercial Plan de Campagne à Cabries, près de Marseille, le 17 novembre. Photo : AFP/VNA/CVN

Quelques centaines de personnes, dont les figures "gilets jaunes" Jérôme Rodrigues ou Priscilla Ludoski, se sont réunies dimanche 17 novembre dans le calme à proximité des Halles, dans le cœur de la capitale. Le grand magasin des Galeries Lafayette, sur les grands boulevards, a fermé ses portes en début d'après-midi après la brève intrusion de quelques dizaines de +gilets jaunes+, a indiqué une porte-parole de la direction. "Macron détruit la France et vos droits, ne nous critiquez pas ! On est là pour vous", pouvait-on lire sur une pancarte, tandis qu'étaient entonnés les chants habituels des "gilets jaunes" : "On est là, on est là, même si Macron le veut pas, nous on est là".

"Aujourd'hui on a organisé cette nouvelle journée parce que c'est le week-end anniversaire. On espère récolter les fruits de ce qu’on a semé", a déclaré Faouzi Lellouche, un des organisateurs de ce rassemblement et aussi de la manifestation de samedi 16 novembre qui devait partir à 14h00 de la place d'Italie et qui a été annulée par la préfecture de police après des violences. M. Lellouche a dénoncé "une décision politique, et c'est une stratégie de nous nasser (encercler par les forces de l'ordre)".

"À 13h30 le commandant de police référent de la manifestation m'a appelé pour me dire que la manif allait être annulée. Je me suis mis en colère et je lui ai demandé : +mais pourquoi ? Juste à cause d'incendies de palettes ? Ouvrez (le dispositif de sécurité) et les gens vont circuler et ça va aller. Arrêtez d’essayer de trouver des raisons pour nous empêcher de manifester+", a-t-il expliqué.

"Répression"

Dans un tweet, l'historienne et chroniqueuse sur l'émission Arrêt sur images, Mathilde Larrère, présente à la manifestation de samedi, a raconté avoir été empêchée de quitter la place d'Italie.

Une manifestante "gilet jaune" près du centre commercial Plan de Campagne à Cabries, près de Marseille, le 17 novembre. Photo : AFP/VNA/CVN

"Cette répression, ce refus de laisser sortir les gens tout en en laissant d'autres entrer pour qu'ils se retrouvent dans la souricière, ces gazages permanents, les grenades qui pètent de partout, c'est indigne d'un état démocratique", a-t-elle écrit. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a distingué dimanche 17 novembre sur Cnews/Europe1/LesEchos le "mouvement d'origine" et les "voyous" "venus en découdre". "Ce qu'on a vu, c'est peu de manifestants mais des voyous, des brutes qui étaient venues pour se battre, en découdre avec les forces de l'ordre, empêcher les pompiers d'agir et de préserver quelques fois des vies", a-t-il dit.

Jérôme Coumet, maire DVG du 13e arrondissement de Paris, a assuré dimanche sur Franceinfo que "dès le début des rassemblements, il y a eu des affrontements, des projectiles ont été lancés contre les forces de l'ordre". "Il y avait beaucoup d'individus qui n'étaient pas là pour manifester mais simplement pour casser", a-t-il assuré. "On n'a pas eu de réponse politique si ce n'est que du mépris. Ce n’est pas normal qu'on ait autant de répression", a déclaré Priscilla Ludoski, co-organisatrice du rassemblement parisien près des Halles.

Interrogée sur la grève interprofessionnelle annoncée pour le 5 décembre contre la réforme des retraites, elle juge que "depuis le début (du mouvement des "gilets jaunes") il y a des convergences sur plein de sujets. Ce serait vraiment bien que tout le monde sorte dans la rue maintenant".

À 16h00, la préfecture de police de Paris faisait état de 31 personnes interpellées et 1.631 contrôles effectués dimanche matin 17 novembre. La veille, les forces de l'ordre avaient procédé à 254 interpellations en France, dont 173 à Paris. À 20h30, le parquet de Paris recensait lui un total de 169 gardes à vue dont 8 concernent des mineurs. Parmi les majeurs, 77 ont été présentés à un magistrat, 37 ont fait l'objet d'un rappel à la loi et 29 procédures ont été classées sans suite.

En Savoie, à Le Pont-de-Beauvoisin, une soixantaine de personnes ont rendu hommage à Chantal Mazet, "gilet jaune" décédée il y a un an au premier jour des mobilisations après avoir été renversée par une voiture sur un rond-point de cette petite ville proche de Chambéry. Près du Mans, une dizaine de "gilets jaunes" ont dormi dans la nuit de samedi à dimanche 17 novembre sur un rond-point où ils tiennent depuis un an "des permanences d'accueil". Près de Rouen, ils étaient environ 200 au "rond-point des vaches", emblématique de la mobilisation en Seine-Maritime, jusqu'à leur évacuations par la police.

AFP/VNA/CVN



 
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