23/08/2017 18:26
Un an après le séisme d'Amatrice, l'Italie va faire silence jeudi 24 août en souvenir des 299 morts, tout en s'inquiétant devant les lenteurs de la reconstruction et les fragilités que le séisme d'Ischia sont venues rappeler lundi soir 21 août.
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Le séisme a fait beaucoup de dégâts le 24 août 2016 à Amatrice, une petite ville du Centre de l'Italie.
Photo : EPA/VNA/CVN

Dans la nuit du 23 au 24 août 2016, une secousse de magnitude 6,0 a quasiment rasé Amatrice et sa région, dans le centre du pays. Un traumatisme qui a été d'autant plus fort que trois autres séismes sont venus secouer la région, le 26 et le 30 octobre puis le 18 janvier.

Moins meurtrières que la première, ces nouvelles secousses ont à chaque fois augmenté le nombre de sinistrés, le coût des dégâts - aujourd'hui estimé à 23,55 milliards d'euros par la protection civile - et la méfiance des populations envers cette "terre qui danse".

Jeudi 24 août dans la nuit, les proches des 239 victimes d'Amatrice se retrouveront à 01h30 (23h30 GMT mercredi 23 août) pour une évocation des victimes puis une retraite aux flambeaux au milieu des ruines. À partir de 03h30 (01h30 GMT), l'heure du séisme, le glas sonnera à 239 reprises avant une messe de souvenir.

D'autres commémorations sont prévues mercredi soir 23 août ou jeudi 24 août dans les communes martyres voisines, où 60 autres victimes ont été recensées : Accumoli, Arquata del Tronto, Pescara del Tronto...

Partout, le mot d'ordre est au recueillement. La Croix-Rouge italienne a même appelé les Italiens à observer 24h00 de silence sur les réseaux sociaux avec le mot-clé #InSilenzio.

En attendant, la région bruisse du mécontentement et du découragement d'une partie de la population face aux lenteurs de la reconstruction, alors que les enveloppes débloquées par les pouvoirs publics atteignent déjà un total de 6,1 milliards d'euros.

"Face à une séquence d'événements sismiques sans précédent, nous avons mis en place des mesures et des ressources sans précédent", a assuré le chef du gouvernement, Paolo Gentiloni, lors d'une conférence de presse lundi 21 août.

"Mais cela ne veut pas dire que tout avance à la vitesse nécessaire", a-t-il reconnu. "Nous sommes dans une phase transitoire : il y a encore des urgences à régler et en même temps on entre aussi dans la phase de reconstruction".

«Revenez !» 

Encore aujourd'hui, le séisme meurtrier survenu à Amatrice laisse des traces.
Photo : AFP/VNA/CVN

Sur place cependant, moins de 10% des quelque 4.000 tonnes de décombres ont été évacués, un immense chantier ralenti par la nécessité de vérifier que la gestion des déchets reste dans la légalité, contrairement à ce qui s'est produit lors de précédentes catastrophes.

Autre source de frustration, les petites maisons provisoires promises rapidement après le séisme tardent à arriver : sur les 3.830 commandées dans toute la région, seules 456 ont été livrées, et tous les chantiers ne seront pas finis avant l'hiver dans cette zone de moyenne montagne où les températures chutent rapidement.

Mais le plan de reconstruction se veut ambitieux. Ainsi, une enveloppe de 500 millions d'euros - 12 fois plus que pour L'Aquila après le séisme meurtrier de 2009 - sur 2017 et 2018 a été prévue pour créer des zones franches afin de favoriser une reprise de l'activité.

Et pour éviter que certains hameaux ne sombrent dans l'oubli, le gouvernement s'est engagé à participer à la reconstruction de toutes les habitations, y compris les résidences secondaires.

"Pour la première fois, les ressources sont là. Il y a tant de gens qui se demandent s'ils doivent revenir. Oui ! Revenez ! Les ressources sont là", a insisté le commissaire extraordinaire à la reconstruction, Vasco Errani.

Contrairement à L'Aquila, où les sinistrés ont été relogés dans des quartiers neufs à la périphérie alors que le centre détruit a été quasiment abandonné, les autorités ambitionnent de rendre tout son lustre à ce chapelet de localités au riche patrimoine historique et culturel.

Voire plus : le plan de reconstruction d'Amatrice prévoit ainsi de revenir aux années 1930, avant que des bâtiments trop hauts ne dénaturent la vue, et d'installer une place centrale que la papauté avait refusé à la ville au XVe siècle.

Et le tout selon des normes antisismiques précises. Mais avec un risque sismique élevé sur la majeure partie de son territoire, l'Italie sait que ces normes ne sont pas respectées partout où elles devraient l'être.

Lundi 21 août, un séisme de seulement 4,0 a jeté plusieurs bâtiments à terre sur l'île d'Ischia, au large de Naples, faisant deux nouvelles victimes.

AFP/VNA/CVN

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