20/04/2019 19:09
Un médecin de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a été tué vendredi 19 avril lors de l'attaque d'un hôpital à Butembo, actuel épicentre de l'épidémie d'Ebola dans l'Est de la République démocratique du Congo, a indiqué le directeur général de l'OMS.
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Des professionnels de la santé dans un centre de lutte contre Ebola, le 9 mars à Butembo, dans l'Est de la République démocratique du Congo.
Photo: AFP/VNA/CVN

"Aujourd'hui, le docteur Richard Valery Mouzoko Kiboung, un épidémioligiste déployé par l'OMS contre Ebola en RDC, a été tué dans une attaque contre l'hôpital universitaire de Butembo. Deux autres personnes ont été blessées dans l'attaque mais seraient dans un état stable", a précisé l'OMS dans un communiqué en fin de soirée.

"Nous sommes scandalisés par cette attaque: les professionnels de santé et les équipements sanitaires ne doivent jamais être des cibles", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en rendant hommage à la victime.

"Nous évaluons la situation sécuritaire pour assurer la sécurité de tous les patients, des professionnels de santé et de la riposte anti-Ebola", ajoute le DG de l'OMS cité dans le communiqué. "En même temps, nous continuons de soutenir le ministère congolais de la Santé pour en finir avec cette épidémie aussi vite que possible".

Déclarée le 1er août, la dixième épidémie de fièvre hémorragique Ebola sur le sol congolais a provoqué 855 décès (789 confirmés et 66 probables) dans la région de Beni-Butembo, dans le Nord-Kivu, selon les derniers chiffres officiels du ministère de la Santé en date de jeudi 18 avril.

De source congolaise, la victime est un médecin camerounais qui participait à la réunion d'une équipe anti-Ebola prise pour cible par un groupe rebelle. "Il présidait une réunion avec son équipe lorsque trois hommes armés ont fait irruption dans la salle et ont ouvert le feu sur les équipes", a détaillé le ministère de la Santé dans son bulletin quotidien vendredi soir 19 avril. "Un médecin local et un chauffeur ont également été blessés dans l’attaque. Les assaillants ont, par ailleurs, incendié des véhicules et le triage construit à l’entrée de l’hôpital", ajoute le ministère de la Santé.

"Nous sommes à la poursuite des assaillants", a indiqué le colonel Paul, commandant par intérim de la police à Butembo. "Je condamne fermement cet acte insensé et je présente mes condoléances à la famille de la victime", a déclaré la représentante du secrétaire général des Nations unies en RDC, Leila Zerrougui. "Nous demeurons engagés à soutenir la réponse contre Ebola et à protéger les populations affectées".

Il s'agit de la deuxième épidémie la plus grave dans l'histoire du virus à fièvre hémorragique, après celle qui a tué plus de 11.000 personnes en Afrique de l'Ouest en 2014. Dans cette zone du Nord Kivu, la riposte anti-Ebola est compliquée par la présence de groupes armés, et par les "résistances" d'une partie de la population (déni de la maladie, refus de la prévention, des soins, des enterrements "dignes et sécurisés" conduits par la Croix-Rouge).

Le nombre de décès et de cas avérés a nettement augmenté ces dernières semaines à Butembo et à Katwa, après de précédentes attaques contre les deux centres de traitement d'Ebola (CTE) de ces localités voisines. Douze personnes sont mortes pour la seule journée de jeudi, d'après le ministère de la Santé.

"Nous n’avons pas d’autre choix que de suspendre nos activités jusqu’à nouvel ordre", avait alors annoncé l'organisation Médecins sans frontière (MSF), laissant en première ligne l'OMS et l'UNICEF avec le ministère congolais de la Santé.

L'épidémie d'Ebola inquiète fortement les deux pays voisins de la province du Nord-Kivu, l'Ouganda et le Rwanda, qui ont commencé à vacciner leur personnel de santé. Au total, 102.505 personnes ont été vaccinées en RDC depuis le début de l'épidémie, première campagne de ce genre contre Ebola.

AFP/VNA/CVN


 

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