24/05/2018 11:23
La Commission européenne a proposé mercredi 23 mai de sortir la France de la procédure pour déficit excessif ouverte contre elle en 2009 grâce à ses performances budgétaires enfin dans les clous européens, une décision bienvenue pour la crédibilité à Bruxelles du président Emmanuel Macron.
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Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, quittant le palais de l'Élysée à Paris, le 11 avril.
Photo: AFP/VNA/CVN

"C'est un moment important pour la France, la fin de neuf années de procédure longue, pénible, et d'efforts budgétaires parfois douloureux mais nécessaires", a commenté le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, au cours d'une conférence de presse.

Cette proposition devra encore être officiellement entérinée par les ministres des Finances de l'Union européenne avant une sortie effective en juillet. Après 2,6% du PIB en 2017, le déficit public français atteindra 2,3% en 2018, puis 2,8% en 2019, estime la Commission dans ses dernières prévisions économiques. Ces trois exercices sous la fameuse "barre des 3,0%" du PIB, après 10 ans de dérapage, prouvent à ses yeux que la correction budgétaire en France est durable.

"Les efforts entrepris par le gouvernement (...) ont porté leurs fruits", s'est félicité le ministre français des Finances Bruno Le Maire dans un communiqué. "Le gouvernement s'est engagé à poursuivre le redressement des finances publiques tout au long du quinquennat", a-t-il promis.

"Je ne vous le cache pas, c'est aussi un moment symbolique pour l'ancien ministre des Finances que j'ai été et le commissaire que je suis", a pour sa part souligné mercredi 23 mai Pierre Moscovici, qui a été ministre sous la présidence de François Hollande entre 2012 et 2014.

"S'il y a aujourd'hui (en France) un déficit public inférieur à 3%, une croissance supérieure à 2% et des créations d'emplois, c'est parce que les décisions prises sous (son) quinquennat ont été les bonnes", avait quant à lui affirmé dès mardi  soir 22 mai dans un tweet l'ancien chef de l'État français.

L'annonce de Bruxelles constitue un élément positif pour Emmanuel Macron, dont les ambitions de réformer l'UE, face à une Allemagne réticente, étaient jusqu'alors décrédibilisées sur la scène européenne par les performances budgétaires françaises.

La France était en effet l'un des deux derniers États membres de la zone euro, avec l'Espagne, encore concernés par la procédure pour déficit excessif, qui peut aboutir à des sanctions et des amendes, même si cela ne s'est encore jamais produit. Ce dernier pays reste au final le seul à être épinglé, au moins jusqu'à l'an prochain.

Mais les regards se tournent également vers l'Italie, dont la perspective d'un gouvernement populiste et eurosceptique inquiète l'Europe et les marchés, en raison de l'importance de sa dette publique (130,7% du PIB en 2018).

"La dette italienne est une question importante pour l'avenir de l'Italie (...) Cela nécessite une réponse crédible", a insisté M. Moscovici.
 
AFP/VNA/CVN
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