09/11/2018 08:36
L'Allemand Manfred Weber a été investi jeudi 8 novembre à Helsinki chef de file de la droite européenne pour les élections du Parlement européen de mai 2019, qui devraient voir une forte montée des populismes.
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L'Allemand Manfred Weber, investi le 8 novembre à Helsinki chef de file du PPE (droite) pour les élections au Parlement européen de mai 2019.
Photo: AFP/VNA/CVN

Au terme d'un scrutin sans suspense, le Bavarois âgé de 46 ans a obtenu 492 des 619 voix des délégués du Parti Populaire européen (PPE), appelés à voter, selon les résultats proclamés officiellement au congrès. Son adversaire le Finlandais Alexander Stubb, 50 ans, qui faisait figure d'outsider en a obtenu 127. Deux votes ont été invalidés.

Si le PPE reste la première force au Parlement européen à l'issue du scrutin de mai prochain, M. Weber pourrait prétendre à la succession du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne.

Cet homme discret et sans grand charisme, grand connaisseur des arcanes européennes mais sans aucune expérience gouvernementale en Allemagne, a promis dans son dernier discours de "construire une Europe plus unie, plus protectrice et plus ambitieuse".

M. Weber, qui dirige le groupe du PPE au Parlement européen, s'est présenté comme un modéré capable de surmonter les divisions de cette formation en perte de vitesse face aux montées des extrêmes sur fond de crise migratoire dans l'UE.

Le grand mercato européen

Le poste de président de la Commission européenne -occupé depuis 2004 sans discontinuité par un membre du PPE- fait partie du grand mercato qui suivra les européennes organisées dans l'UE du 23 au 26 mai prochain, avec ceux de la présidence du Conseil européen, du Parlement européen, de la BCE et du haut représentant de l'UE pour la politique étrangère. Un marchandage où le PPE devrait jouer un rôle clé.

Des partisans de l'Allemand Manfred Weber, investi le 8 novembre à Helsinki chef de file du PPE (droite) pour les élections au Parlement européen de mai 2019.
                                                                                              Photo:AFP/VNA/CVN

Le congrès d'Helsinki a été une démonstration d'unité de cette formation, pourtant fortement tiraillée par la place en son sein de Viktor Orban et de son parti le Fidesz, accusés de bafouer les valeurs européennes, en particulier sur l'accueil des migrants.

Lors de son discours jeudi 8 novembre, le dirigeant hongrois a été chaleureusement applaudi par un nombre important de délégués, où il a martelé que sans les nations, l’Europe perdrait ses identités "culturelles", tout en condamnant "l’Europe sans racines" des libéraux, socialistes et des Verts.

"Le PPE est le parti des champions, notre victoire est encodée dans notre ADN", a lancé M. Orban, donnant son soutien appuyé à M. Weber, contre Stubb, qui s'était montré plus critique à son égard.

Sans nommer le dirigeant hongrois, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lancé des piques masquées contre ce dernier, se montrant le plus virulent de tous les orateurs au congrès à l'égard d'Orban. "Nous ne pouvons souscrire à l'argument selon lequel la protection efficace de la frontière européenne, de notre territoire et de notre identité signifie défier les règles de la démocratie libérale", a-t-il lancé.

Selon le dirigeant hongrois, la démocratie libérale a échoué et n'est plus à même de garantir les racines chrétiennes de son pays. Il lui préfère le terme de démocratie chrétienne.

Être capable de rassembler

M. Weber n'est pas assuré de devenir le président de la Commission européenne. Il devra être capable de rassembler sur son nom les suffrages de plusieurs familles politiques pour être investi par le Parlement européen.

Le PPE et les sociaux-démocrates européens totalisent actuellement une majorité de 55% au Parlement européen, mais les sondages prédisent la fin de cette domination après les Européennes.

De nouvelles alliances vont devoir être constituées pour légiférer et elles pourraient donc ouvrir la voie à une autre personnalité susceptible de réunir une majorité dans l'hémicycle.

Les noms de la commissaire européenne à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager, membre de l'Alliance des libéraux et démocrates européens (ALDE), et du Français Michel Barnier, vice-président du PPE et négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, sont cités.

"Les nominations sont un paquet", a expliqué un des dirigeants du PPE. Le congrès de Helsinki ouvre donc le bal des prétendants pour toutes les grandes familles politiques de l'Union.

AFP/VNA/CVN

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