16/08/2020 18:28
Depuis 2010, Dominique Féger est dans la recherche de son grand-père inconnu. Elle raconte sa quête d’identité entre deux cultures dans son livre intitulé Les trois cousines en Indochine. Une œuvre à découvrir absolument cet été.
>>Retour aux sources vietnamiennes
>>Un retour aux sources tant attendu

Dominique Féger présente son livre "Les trois cousines en Indochine".

La mère de Dominique Féger, Laï, est née au Vietnam de père inconnu mais présumé français, en 1921. C’est à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, qu’elle rencontrera le sous-lieutenant Yves Féger, affecté dans le Nord du Vietnam et présent lors de nombreux combats contre l’occupant nippon. C’est à Hai Phong que le futur lieutenant aura un véritable coup de foudre pour Laï. Alors qu’Yves est très régulièrement au front, Laï, son fils aîné et l’enfant qu’elle attend, doivent survivre, sans aide, alors qu’ils passent par des situations vraiment difficiles. Après avoir participé à de très nombreuses campagnes militaires, Yves, blessé, reçoit l’ordre de rentrer en France.

Vient alors l’heure du voyage en terre inconnue pour Laï, à bord du paquebot "Pasteur". Ils n’étaient même pas mariés et lors de la traversée, la mère est séparée de son enfant et d’Yves. Elle est placée sur le pont des réfugiés. De toute cette période, Laï n’en parlera pas jusqu’au jour où elle finira par confier à sa fille Dominique, une photo miraculeusement conservée de sa mère, Liêm, et de son beau colonial dont on ne connaît pas le nom ! C’était en 1964. Dominique avait 10 ans.

Liêm, Laï et le colonial

Ouvrage de Dominique Féger.

Dominique Féger est née en 1954 en Bretagne, à Guidel, commune française, située dans le département du Morbihan, en bordure de l’océan Atlantique. Toute petite, Dominique, à la différence de ses frères apparemment indifférents à leurs origines maternelles, n’aura de cesse de questionner sa mère sur ses racines asiatiques. Le refrain était toujours le même : "Dis, maman, raconte-moi le Vietnam ! Dis, maman, peut-être que tu as de la famille encore là-bas ! Dis, maman, peut-être que ta mère et ta sœur ne sont pas mortes !"

Laï donnait alors toujours les mêmes réponses. Lapidaires. Parcellaires. Volontairement incomplètes. Parfois, Laï restait muette. Puis en 1964, il y eut cette photo, cette unique et précieuse photo. C’est à ce moment-là que sa mère lui a raconté ce passé enfoui, avec Liêm la grand-mère de Dominique et ce fameux colonial présumé français. Et cette phrase répétée inlassablement : "Je gardais le buffle dans la montagne, je plantais le riz dans les rizières".

Dominique n’aura alors qu’une question en tête : "Grand-Père, qui es-tu ?". Ce sera un véritable déclencheur pour elle qui voudra savoir qui est ce grand-père, sur cette photo en noir et blanc mais aussi remplir les vides de l’existence de sa mère. Des années de recherches, de questionnements, de maniements d’archives civiles et militaires, de pistes avortées et d’autres abouties vont alors se succéder pour Dominique.

Une quête d’identité

Dominique toujours en quête de ses racines.

En 2010, Dominique se sent prête pour découvrir le Vietnam, terre de ses ancêtres. Aidée de deux de ses cousines, Jeanine et Nathalie, elle part à la recherche de ses racines. Elle y retrouve des cousins près de la baie de Ha Long, des bâtiments de l’époque coloniale, des tombes oubliées. Elle se rend à Lang Son puis à Cao Bang. Elle découvre la maison de sa grand-mère Liêm, morte en 1964 et sa tombe dans le petit village de Vin Tuong. Elle ne découvrira pratiquement rien sur son grand-père, et pourtant, Dominique ne désespère pas de retrouver sa trace. Dominique ne rentrera pas intacte de ce retour aux sources. Elle le racontera avec infiniment de pudeur dans son livre Les trois cousines en Indochine.

On le comprend à la toute fin de son récit, il y aura une suite à ce premier recueil. L’histoire n’est donc pas totalement terminée. Elle saura sans doute un jour l’identité de ce beau colonial. La recherche du grand-père continue donc.

"Je ne connais toujours pas son prénom, son nom, sa nationalité, le mystère reste entier mais je continue à chercher", aime se répéter Dominique Féger.

On est de tout cœur avec elle. Les bénéfices de la vente du livre sont reversés à l’association Bretagne-Vietnam. Bonne lecture.
 
Texte : Hervé Fayet/CVN
Photos : Dominique Féger/CVN
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