16/01/2020 09:11
Donald Trump a signé mercredi 15 janvier un accord commercial préliminaire avec le vice-Premier ministre chinois Liu He, "un pas de géant" pour rééquilibrer le commerce entre les deux grandes puissances économiques qui suscite cependant des réserves aux États-Unis.
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Le Vice-Premier ministre chinois Liu He et le président américain Donald Trump montrent aux photographes l'accord commercial partiel signé entre les deux puissances, le 15 janvier à la Maison Blanche.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Aujourd'hui marque une étape historique qui n'avait jamais été franchie (...) vers un accord commercial juste et réciproque entre les États-Unis et la Chine", a déclaré le président américain lors d'une longue cérémonie à la Maison Blanche.

Face à l'enthousiasme du milliardaire républicain, la Fédération nationale des détaillants (NRF) et le principal syndicat agricole, l'American Farm Bureau Federation, se sont montrés plus mesurés, insistant sur "le travail restant à faire".

La chambre américaine du Commerce, patronat américain, a abondé dans ce sens en exhortant Washington et Pékin à résoudre les problèmes de fond restés en suspens, citant en particulier les subventions chinoises.

"Ces problèmes complexes et de longue date (...) ont un impact significatif sur la capacité des entreprises américaines à rivaliser", a commenté Thomas Donohue, son président.

Pour l'heure, ce traité profitera essentiellement aux agriculteurs et industriels, victimes collatérales dans ce conflit.

La Chine s'est en effet engagée à acheter pour 200 milliards d'USD de produits américains supplémentaires au cours des deux prochaines années afin de réduire le déficit commercial américain, grande revendication de la Maison Blanche.

L'accord contient également des dispositions relatives à la protection de la propriété intellectuelle et aux conditions de transfert de technologies, autres grandes exigences des États-Unis.

Déclenché au printemps 2018 pour mettre fin aux pratiques commerciales chinoises jugées "déloyales", ce conflit s'est matérialisé par des droits de douane punitifs réciproques sur des centaines de milliards de dollars de marchandises.

Tarifs douaniers pour négocier 

Donald Trump a indiqué que les droits de douane punitifs frappant actuellement plus de 370 milliards d'USD de produits chinois seraient maintenus tant que la phase 2 de l'accord ne serait pas signée. "Je vais les garder, sinon nous n'aurons aucune carte en mains pour négocier", a-t-il argué.

Et c'est là que le bât blesse pour nombre d'acteurs économiques. "La guerre commerciale ne sera terminée que lorsque tous les tarifs douaniers auront disparu", estime Mathew Shay, président de la NRF.

Graphique comparant les PIB de la Chine et des États-Unis et l'évolution des échanges entre les deux pays.
Photo : AFP/VNA/CVN

Si l'administration soutient mordicus que c'est la Chine qui paie, une grande majorité d'économistes soulignent que de fait ce sont les importateurs américains et peut-être bientôt les consommateurs qui font les frais de ces taxes.

Cet accord "est bienvenu", a toutefois réagi la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva, dans un tweet, alors que l'économie mondiale a fortement ralenti en 2018 et 2019 sous l'effet de la guerre commerciale.

L'administration Trump prédit, elle, que cet accord dopera la croissance des Etats-Unis en 2020 d'un demi point de pourcentage.

Ce conflit a durement affecté le monde agricole et l'industrie manufacturière, ceux-là mêmes qui avaient porté le président républicain au pouvoir en 2016.

Donald Trump a parié sur leur patriotisme, leur demandant de la patience avant des lendemains meilleurs.

Clamant que les guerres commerciales étaient faciles à gagner, il a aussi constamment répété que l'économie américaine n'était pas affectée par les droits de douane quand la croissance chinoise ralentissait.

Pourtant, ce conflit, inédit par son intensité et sa durée, a installé un climat d'incertitude qui a freiné l'appétit des investisseurs et ralenti la croissance chinoise, américaine et mondiale.

Qui plus est, l'essentiel du coût des tarifs douaniers a été supporté par les importateurs américains.

"Nouveau chapitre" 

"Nous savons qu'il y aura encore des différends entre nos deux pays mais ce jour marque le début d'un nouveau chapitre dans les relations commerciales entre les deux plus importantes économies du monde", a commenté le vice-président américain Mike Pence.

"C'est un pas de géant", a estimé le sénateur républicain Lindsay Graham, très proche du locataire de la Maison Blanche.

"La Chine reconnaît l'importance d'établir et de mettre en oeuvre un système juridique complet de protection (...) de la propriété intellectuelle", est-il notamment stipulé dans le texte.

En outre, tout transfert ou licence de technologie doit être basé sur la base du volontariat et "reflétant un accord mutuel", est-il dit alors que la Chine imposait jusqu'alors aux entreprises américaines le transfert forcé de leur savoir-faire pour faire affaire en Chine.

Un chapitre entier est consacré à l'ouverture du marché chinois aux services financiers.

Donald Trump a annoncé qu'il se rendrait bientôt à Pékin alors que les négociations pour une seconde phase de l'accord doivent commencer "immédiatement" pour aborder des sujets plus sensibles tels que la cybersécurité.
 
AFP/VNA/CVN
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