01/08/2018 16:20
Donald Trump a de nouveau évoqué mardi 31 juillet des discussions avec l'Iran qui pourraient selon lui intervenir "très bientôt", tandis que Téhéran a accueilli avec scepticisme l'offre du président américain la veille de rencontrer les dirigeants iraniens "quand ils veulent".
>>Trump prêt à rencontrer les dirigeants iraniens "quand ils veulent"
>>L'Iran ne négociera pas avec les États-Unis tant que pèseront des menaces de sanctions

Le président américain Donald Trump lors d'un meeting à Tampa, en Floride, le 31 juillet. Photo: AFP/VNA/CVN

Rappelant sa décision de retirer les États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien signé avec les grandes puissances en 2015, M. Trump a déclaré lors d'un discours à Tampa (Floride): "J'espère que ça ira bien pour l'Iran. Ils ont beaucoup de difficultés en ce moment".

"J'ai le sentiment qu'ils nous parleront très bientôt... ou peut-être pas, et c'est bien aussi", a-t-il ajouté. Malgré ses tensions à l'égard du gouvernement iranien, M. Trump a semblé lundi 30 juillet ouvrir la porte à des discussions au plus haut niveau, sans conditions préalables.

Les principaux leaders iraniens se sont abstenus de réagir mardi 31 juillet à cette proposition. Mais les réactions ont été globalement très négatives dans les cercles politiques iraniens.

Sur Twitter, un conseiller du président iranien Hassan Rohani, Hamid Aboutalebi, a assuré que toute discussion avec les États-Unis devait commencer par "le respect de la grande nation iranienne, la réduction des hostilités et le retour des États-Unis dans l'accord nucléaire".

Un homme regarde la Une d'un quotidien iranien avec la photo du président américain Donald Trump, le 31 juillet à Téhéran. Photo: AFP/VNA/CVN

Peu avant les propos de M. Trump lundi 30 juillet, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères avait qualifié d'"impossibles" des pourparlers avec l'administration américaine actuelle.

Le président Trump s'apprête en effet à réimposer des sanctions en deux étapes, le 6 août et en novembre. Il a dit vouloir obtenir, grâce à sa stratégie de "pression maximale", un nouvel accord qui irait au-delà de la limitation du programme nucléaire de Téhéran et permettrait de limiter son influence régionale et son programme balistique.

Pour Mohammad Marandi, professeur à l'Université de Téhéran et l'un des négociateurs iraniens de l'accord nucléaire de 2015, l'Iran "ne peut pas négocier avec quelqu'un qui viole ses engagements internationaux, menace de détruire des pays et change constamment de position".

Comme bien d'autres, cet universitaire estime que le retour des États-Unis dans l'accord est un préalable à toute discussion. Plus rares sont ceux qui se montrent compréhensifs, comme le président de la commission des Affaires étrangères au Parlement. Il y a une semaine à peine, MM. Rohani et Trump avaient eu un échange très tendu, signe de l'incompréhension entre la République islamique et la Maison Blanche.

Dans les rues de Téhéran, la population se sent plus concernée par les difficultés économiques, notamment la crise monétaire, qui a vu le rial perdre près des deux tiers de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année. Si le retour imminent de sanctions américaines fait craindre aux Iraniens des temps encore plus difficiles. 

AFP/VNA/CVN

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