13/11/2019 16:40
Après des semaines d'échanges tendus et parfois confus, place au tête-à-tête : Donald Trump reçoit mercredi 13 novembre à la Maison Blanche son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, pour évoquer la Syrie, le sort des prisonniers jihadistes ou encore l'OTAN.
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Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan (gauche) et américain Donald Trump après leur conférence de presse commune à la Maison Blanche à Washington, le 16 mai 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN

La conférence de presse commune des deux dirigeants, prévue en début d'après-midi, s'annonce haute en couleur. D'autant qu'elle coïncidera avec un autre événement de taille à Washington : les premières auditions publiques au Congrès dans l'enquête en vue d'une éventuelle destitution de Donald Trump.

Le locataire de la Maison Blanche s'enorgueillit de savoir négocier avec les dirigeants autoritaires. Mais ses tractations avec M. Erdogan au cours des semaines écoulées ont été pour le moins chaotiques, suscitant de réelles interrogations sur sa stratégie dans la durée en Syrie.

Après l'annonce par M. Trump du retrait des troupes américaines déployées dans le Nord-Est de la Syrie, Ankara a lancé 9 octobre une offensive militaire visant les forces kurdes alliées de la Coalition internationale dans la lutte contre les jihadistes.

"Ne jouez pas au dur! Ne faites pas l'idiot !", lançait alors M. Trump dans une lettre au ton surprenant adressée à son homologue turc.

Fortement critiqué, y compris dans son propre camp, il a ensuite durci le ton, menacé de "détruire" l'économie turque et autorisé des sanctions contre la Turquie, qui ont été levées après un accord conclu mi-octobre.

"Nous pensons que le moment est particulièrement mal choisi pour recevoir le président Erdogan aux États-Unis, nous vous exhortons à retirer votre invitation", ont écrit des élus des deux bords dans une lettre rendue publique lundi 11 novembre. N'est-ce pas faire un cadeau à Recep Tayyip Erdogan que de le recevoir en grande pompe à la Maison Blanche ?

"Nous nous devons de parler avec la Turquie sur la Syrie", répond un haut responsable département d'État sous couvert d'anonymat. "Il ne faut pas voir ce genre de visites comme des récompenses mais comme des outils de la diplomatie".

Les atermoiements de M. Trump et l'offensive turque ont aussi suscité de vives tensions au sein de l'Alliance atlantique - dont la Turquie est membre - qui redoute une résurgence du groupe États islamique.

Le président français Emmanuel Macron a déploré en termes très vifs l'absence totale de coordination avec les États-Unis sur ce dossier, jugeant que l'OTAN était en état de "mort cérébrale".

Le tête-à-tête entre les deux dirigeants intervient à la veille d'une réunion à Washington de ministres de la coalition internationale anti-djihadiste. Elle avait été demandée en urgence par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian après l'annonce du retrait des soldats américains.

AFP/VNA/CVN

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