12/08/2017 16:27
Donald Trump a maintenu un haut niveau de tension sur le dossier nord-coréen, affirmant que l'option militaire était "prête à l'emploi" contre Pyongyang, mais il devait aussi s'entretenir avec le président chinois Xi Jinping, dont le pays a appelé à la retenue.
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Des habitants de Pyongyang regardent sur un écran géant les informations sur le lancement réussi d'un missile balistique Hwasong-14, le 4 juillet en RPDC.
Photo : AFP/VNA/CVN

Face à une surenchère sans précédent entre Washington et Pyongyang, la Chine a enjoint aux deux pays de "faire preuve de prudence" et a exhorté Pyongyang à éviter les "démonstrations de force". Depuis son golf de Bedminster, près de New York, où il passe ses vacances, le président américain a annoncé vendredi qu'il s'entretiendrait vendredi soir avec son homologue chinois.

"Nous travaillons très étroitement avec la Chine et avec d'autres pays", a déclaré Donald Trump après une réunion de travail avec son équipe diplomatique, en particulier son secrétaire d'État, Rex Tillerson. La Chine est le principal partenaire économique de la RPDC et son rôle est crucial pour l'efficacité des sanctions économiques prises contre la RPDC pour l'obliger à freiner ses programmes nucléaire et balistique.

Multipliant les interventions devant les caméras et sur Twitter, M. Trump a persisté dans le registre belliqueux adopté depuis trois jours: "S'il fait quoi que ce soit visant Guam, ou un autre territoire américain, ou un allié des États-Unis, il le regrettera vraiment et il le regrettera rapidement", a-t-il lancé, évoquant le jeune leader nord-coréen Kim Jong-Un.

Son attitude ne contribue-t-elle pas à faire monter la tension à un niveau dangereux ? "Mes détracteurs disent cela parce que c'est moi. Si quelqu'un disait exactement la même chose, ils diraient +Quelle grande déclaration !+, a-t-il répondu, assurant que des "dizaines de millions d'Américains" étaient heureux qu'un président "parle enfin haut et fort" pour leur pays et ses alliés. Il a assuré avoir le soutien du Japon et de laRépublique de Corée.

Quelques heures plus tôt, M. Trump - qualifié par Pyongyang d'"odieux fanatique de la guerre nucléaire" -  avait souligné sur Twitter que les solutions militaires étaient "complètement en place" et "prêtes à l'emploi" si la RPDC se comportait imprudemment. Jusqu'à l'annonce d'une discussion avec Xi Jinping, aucun signe d'apaisement n'était perceptible. Or les prochains exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington, durant lesquels les tensions sur la péninsule coréenne tendent à s'aggraver, commencent prochainement, autour du 21 août.

Moscou "très inquiet"

Pékin prône une résolution "négociée", renvoyant dos à dos Washington et Pyongyang. Le Chine a ainsi proposé à plusieurs reprises un double "moratoire": l'arrêt simultané des essais nucléaires et balistiques nord-coréens et des manoeuvres militaires conjointes de Washington et Séoul.

Cette montée des tensions entre les États-Unis et la RPDC pèse sur les marchés financiers et inquiète de nombreux dirigeants mondiaux. À Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s'est dit "très inquiet" des risques de conflit "très élevés" entre États-Unis et RPDC. "Il est clairement temps pour toutes les parties de se concentrer sur les moyens de faire baisser les tensions", a renchéri Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

"Je ne vois pas de solution militaire à ce conflit (...) Je considère l'escalade verbale comme une mauvaise réponse", a mis en garde vendredi 11 août la chancelière allemande Angela Merkel. "Personne n'aime tant les solutions pacifiques que le président Trump", a tenté de rassurer le secrétaire d'État Rex Tillerson.

Le président américain a promis vendredi 11 août une "grande conférence de presse" lundi 14 août à Washington, sans autres précisions.
Photo : AFP/VNA/CVN

Un responsable de la Maison Blanche a également indiqué qu'il ne fallait pas voir dans les propos du milliardaire le signe d'une action militaire imminente. "Il y a des plans militaires pour à peu près toutes les crises du globe (...) Ces plans sont continuellement mis à jour et présentent des options au président. Il n'y a rien de nouveau", a-t-il dit sous couvert d'anonymat.

Plan d'offensive vers Guam

L'armée américaine a indiqué vendredi être "prête à combattre" si le président américain en donnait l'ordre. Le Pentagone dispose actuellement de 28.500 soldats au sud du 38e parallèle: armée de l'air, armée de terre, infanterie de marine (les fameux Marines) et, bien sûr, la marine. Pour protéger le terrain des missiles à moyenne portée de Kim Jong-Un, les États-Unis ont déployé un bouclier anti-missiles, le THAAD, qui peut intercepter les lanceurs à haute altitude.

En réponse au changement de ton à Washington, la RPDC a menacé de lancer une attaque près de l'île américaine de Guam, avant-poste militaire stratégique des États-Unis dans le Pacifique. L'armée nord-coréenne doit présenter au jeune dirigeant un plan d'offensive contre Guam d'ici mi-août, selon des militaires nord-coréens.

Selon les analystes, des tirs vers Guam placeraient Washington dans une position délicate: si les États-Unis ne tentaient pas de les intercepter, leur crédibilité en prendrait un coup et Pyongyang se sentirait pousser des ailes pour mener un test de missile intercontinental (ICBM) grandeur nature.

Le site 38 North, qui fait autorité sur la RPDC, affirme en outre que des images par satellite suggèrent que la RPDC pourrait préparer de nouveaux tests de missiles balistiques sous-marins.

AFP/VNA/CVN
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