04/05/2019 16:16
Le président américain Donald Trump a, de manière surprenante, vanté vendredi 3 mai un "échange très positif" avec son homologue russe Vladimir Poutine sur le Venezuela, dossier sur lequel les deux pays s'accusent mutuellement de jouer un jeu dangereux.
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Le président américain Donald Trump, le 3 mai 2019, dans le Bureau ovale.
Photo: AFP/VNA/CVN

Le ton monte depuis plusieurs mois entre Washington, qui soutient l'opposant vénézuélien Juan Guaido et réclame le départ du président Nicolas Maduro, et Moscou, qui accuse les États-Unis d'essayer d'organiser un "coup d'État" dans ce pays aux immenses réserves pétrolières.

Trois jours après une tentative avortée de soulèvement militaire à Caracas, M. Trump a adopté un ton particulièrement conciliant vis-à-vis de Moscou qui tranche singulièrement avec celui de ses principaux conseillers et du département d'État.

"Vladimir Poutine ne cherche pas du tout à s'impliquer au Venezuela au-delà du fait qu'il aimerait voir des développements positifs", a-t-il assuré depuis le Bureau ovale. "Nous avons eu une conversation très positive", a-t-il insisté.

Mardi après-midi 30 avril alors que la plus grande confusion régnait à Caracas, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s'était montré beaucoup plus accusateur à l'égard de Moscou, assurant que M. Maduro avait été sur le point de quitter le Venezuela le matin même mais que les Russes lui avaient dit de "rester".

Le compte-rendu du Kremlin, qui a tenu à souligner que l'appel avait eu lieu à l'initiative de Washington, était de son côté très éloigné de la tonalité de l'hôte de la Maison Blanche.

"L'ingérence dans les affaires intérieures, les tentatives de changement par la force du pouvoir à Caracas sapent les perspectives d'un règlement politique du conflit", a mis en garde Moscou.

"Où est notre porte-avions?"

L'opposant vénézuélien Leopoldo Lopez dans l'ambassade d'Espagne à Caracas, le 2 mai 2019. Photo: AFP/VNA/CVN

Le ministre de la Défense par intérim Patrick Shanahan a accueilli, vendredi matin 3 mai au Pentagone, Mike Pompeo ainsi que le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, et l'amiral Craig Faller, qui dirige le commandement américain pour l'Amérique du Sud (Southcom).

Rappelant la position de Donald Trump qui répète depuis plusieurs semaines que "toutes les options" sont sur la table, il a refusé de donner des précisions sur les contours d'une éventuelle intervention militaire.

"Je veux éviter d'entrer dans les détails de ce que nous pourrions faire ou pas mais il faut comprendre que nos plans (...) ont de la profondeur", s'est-il borné à dire. "Au fur et à mesure que les conditions changent (sur le terrain), nous faisons des modifications et des ajustements".

L'influent sénateur républicain Lindsey Graham a suggéré que les États-Unis envoient un porte-avions au large du Venezuela. "Cuba, la Russie envoient des troupes pour soutenir Maduro au Venezuela... pendant que nous parlons/sanctionnons. Où est notre porte-avions?", a-t-il tweeté.

À Caracas, l'opposant Juan Guaido - reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays - a exhorté la population à marcher samedi 4 mai "de manière pacifique" vers les bases militaires du pays pour demander à l'armée de lâcher le président socialiste Nicolas Maduro.

"Nous savons que nous devons continuer à protester (...) nous devons continuer de manière pacifique et citoyenne, sans tomber dans le piège" du gouvernement, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. "Tout notre combat se déroule et va continuer à se dérouler dans le cadre de la Constitution", a fait valoir le député de centre droit de 35 ans.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de vive tension. M. Maduro a lancé une chasse aux "traîtres" dès mardi soir 30 avril, lorsqu'il a affirmé avoir déjoué l'"escarmouche putschiste" entreprise par un groupe de militaires entrés en rébellion pour rejoindre Juan Guaido.

Le mécontentement populaire est alimenté par les conséquences de la pire crise de l'histoire récente du pays. L'hyperinflation pourrait atteindre 10.000.000%, selon le FMI, les coupures de courant se multiplient et les hôpitaux ne peuvent plus soigner les malades, faute de médicaments et d'équipement.
AFP/VNA/CVN
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