26/05/2018 15:45
Moins de 24 heures après avoir annulé sa rencontre très attendue avec Kim Jong Un, Donald Trump a affiché vendredi 25 mai son optimisme sur les discussions avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC), allant même jusqu'à évoquer le possible maintien du sommet du 12 juin à Singapour.

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Des Sud-Coréens regardent sur un écran de télévision les photos du président américain et du leader nord-coréen après l'annonce de leur prochaine rencontre, le 9 mars 2018 dans une gare de Séoul.

Photo: AFP/VNA/CVN

Ce nouveau rebondissement, alors que diplomates et analystes tentaient encore de décrypter la spectaculaire annonce de la veille, brouille un peu plus les cartes et alimente l'impression d'un président qui tient à tout prix à un face-à-face dont il espère faire un marqueur de sa présidence.

"Nous avons des discussions très productives avec la RPDC pour que le sommet ait lieu, si c'est le cas, il aura probablement lieu à Singapour, à la même date, le 12 juin"  a écrit Donald Trump sur Twitter vendredi soir 25 mai, précisant que la rencontre pourra même être, "si nécessaire, prolongée après cette date". 

"Nous leur parlons en ce moment", avait déjà déclaré M. Trump depuis les jardins de la Maison Blanche, au lendemain de l'envoi d'un courrier dans lequel il rayait la date du sommet de son calendrier et dénonçait "l'hostilité" du gouvernement de Pyongyang.

"Ils veulent vraiment le faire. Nous aimerions le faire", a-t-il ajouté, interrogé sur cette rencontre qui doit être centrée sur la dénucléarisation - que Washington veut "complète, vérifiable et irréversible" - de la RPDC.

"Nous verrons ce qui va se passer", a-t-il encore dit, reprenant une formule maintes fois répétées, avant de lancer, sans autre précision, que la rencontre "pourrait même avoir lieu le 12 juin". 

La réaction initiale de la RPDC à cette annulation rendue publique le jour même où Pyongyang déclarait avoir démantelé son seul site connu d'essais nucléaires a été plutôt mesurée. 

Si le premier vice-ministre des Affaires étrangères Kim Kye Gwan a parlé de décision "extrêmement regrettable", il a laissé la porte ouverte en déclarant que Pyongyang était prêt à "s'asseoir face à face, à tout moment et de quelque manière que ce soit, pour résoudre le problème".

"Très bonne nouvelle de recevoir la déclaration chaleureuse et productive de la RPDC", a réagi M. Trump sur Twitter. 

"Les diplomates travaillent encore à ce sommet, à cette possibilité de sommet, c'est une très bonne nouvelle", a dit en écho le ministre de la Défense, Jim Mattis, donnant du poids à cette hypothèse. 

Interrogé sur la possibilité que la rencontre, objet d'intenses spéculations, ait effectivement lieu le 12 juin, dans moins de trois semaines, Sarah Sanders, porte-parole de l'exécutif, a affirmé que c'était possible. "Si la rencontre a lieu le 12 juin, nous serons prêts", a-t-elle assuré.

Trump affirme que le sommet avec Kim pourrait finalement avoir lieu.

Photo: AFP/VNA/CVN


"Très bonne nouvelle" 

C'est par un courrier d'une vingtaine de lignes adressé à M. Kim que le 45e président des États-Unis a fait part jeudi 24 mai de sa décision de renoncer au face-à-face dont il avait lui-même accepté le principe début mars à la stupéfaction générale.

"Malheureusement, au regard de l'énorme colère et de l'hostilité affichée dans votre dernière déclaration en date, j'estime qu'il n'est pas opportun, à ce stade, de maintenir cette rencontre", écrivait M. Trump dans cette lettre dont il a, ont souligné des responsables de la Maison Blanche, "dicté tous les mots".

Des responsables américains ont expliqué ce revirement par une "série de promesses non tenues" et un "profond manque de bonne foi".

La Chine a appelé les deux parties à faire preuve de "bonne volonté" et de "patience".

L'euphorie initiale suscitée par la perspective du sommet avait cédé la place au doute ces derniers temps, avec pour toile de fond des menaces échangées par les deux parties. 

Les présidents sud-coréen Moon Jae-in (gauche) et américain Donald Trump, le 20 juin 2017 à la Maison Blanche. Photo: AFP/VNA/CVN


L'annulation du sommet Trump-Kim place en porte-à-faux la République de Corée, qui a joué un rôle central dans la remarquable détente ces derniers mois entre Pyongyang et Washington. 

Le président sud-coréen Moon Jae-in a évoqué une tournure des événements 
"choquante et profondément regrettable".


Et samedi 26 mai, Séoul a salué la perspective du maintien du sommet. "Nous estimons heureux que les braises des pourparlers entre la RPDC et les États-Unis soient rallumées. Nous suivons avec attention l'évolution" de la situation, a déclaré le porte-parole de la présidence sud-coréenne, Kim Eui-gyeom.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé les parties à poursuivre le dialogue, de même que l'hôte singapourien, tandis que le président russe Vladimir Poutine espérait que les entretiens puissent avoir lieu au bout du compte.

"Concours du leader le plus erratique"

Un haut responsable américain a déploré que les Nord-Coréens ne se soient pas présentés lors d'une réunion préparatoire la semaine dernière à Singapour avec des responsables de la Maison Blanche. 

"Ils ont attendu et encore attendu. Les Nord-Coréens ne sont jamais venus. Ils ne nous ont rien dit, ils nous ont simplement posé un lapin".

Washington a également vu d'un mauvais œil le fait que Pyongyang se soit abstenu d'inviter des experts internationaux à vérifier le démantèlement de son site d'essais de Punggye-ri, caché sous une montagne près de la Chine et théâtre de ses six essais nucléaires.

"Dans le concours pour déterminer qui est le leader le plus erratique, le président Trump bat Kim Jong Un à plate couture", selon Joel Wit, fondateur du site de référence dédié à la RPDC, 38 North. "Son instabilité plonge tout le monde dans la perplexité, y compris nos alliés sud-coréens".

AFP/VNA/CVN

 

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