29/11/2020 18:57
Le pape François a proclamé samedi 28 novembre les noms de treize nouveaux cardinaux de tous les continents, continuant ainsi à modeler une hiérarchie de l'Église proche de ses priorités, à l'occasion d'un rite modifié en raison du COVID-19.
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L'archevêque de Washington Wilton Gregory reçoit sa toque pourpre du pape François lors d'un consistoire pour créer 13 nouveaux cardinaux, dans la basilique Saint-Pierre au Vatican, le 28 novembre. Photo : AFP/VNA/CVN

Depuis son élection en 2013, le pape argentin de 83 ans a choisi 95 des 229 cardinaux du "college cardinalice" (dont les 13 nouveaux promus samedi 28 novembree).

Parmi eux, 128 sont des "cardinaux-électeurs" de moins de 80 ans, désormais majoritairement sélectionnés par François, qui désigneront un jour son successeur.

Sensible aux "périphéries" reculées et aux communautés catholiques "ultra-minoritaires", François a repéré pour sa dernière sélection Cornelius Sim, vicaire apostolique du sultanat de Brunei sur l'île de Bornéo, État à majorité musulmane d'environ 400.000 habitants et seulement 16.000 catholiques.

"C'est une église de périphérie cachée, petite comme une Fiat 500", s'est étonné dans un entretien à AsiaNews l'homme de 69 ans, premier citoyen de son pays à être devenu prêtre, évêque et désormais cardinal.

Ce choix confirme l'attention du pape portée à l'Asie, avec celui aussi de l'archevêque Jose Fuerte Advincula, 68 ans, des Philippines, troisième pays catholique du monde.

Les deux Asiatiques ont renoncé à faire le déplacement, mais sont devenus cardinaux. Six Italiens, un Américain, un Rwandais, un Mexicain, un Espagnol, un Maltais, étaient là, certains après une stricte quarantaine effectuée dans la résidence même où le pape occupe un modeste appartement.

Rituel sans contacts

Samedi 28 novembre, les "princes de l'Église" -surnom d'une époque où ils devaient tenir leur rang avec une étiquette digne des princes de sang- se sont agenouillés devant le pape pour recevoir leur toque quadrangulaire pourpre, leur anneau et leur titre, dans la basilique Saint-Pierre.

Auparavant, François leur a demandé de rester des "pasteurs proches du peuple" sans se laisser étourdir par leur nouveau titre.

"Pensons à toutes ces formes de corruption dans la vie sacerdotale", a-t-il prévenu, ajoutant : "Le rouge pourpre de l’habit cardinalice, qui est la couleur du sang, peut devenir, pour l'esprit mondain, celle d'une distinction éminente".

La tradition d'échanger "un baiser de paix" avec le pape, puis entre nouveaux cardinaux, était proscrite samedi 28 novembre. Était aussi interdit tout contact avec la quarantaine d'anciens cardinaux présents, masqués et assis à bonne distance les uns des autres. D'autres cardinaux de pays lointains, connectés à distance, pouvaient être aperçus sur des écrans.

Des cardinaux lors d'un consistoire pour créer 13 nouveaux cardinaux le 28 novembre dans la basilique Saint-Pierre, au Vatican. Photo : AFP/VNA/CVN

Les "visites de courtoisie", qui permettent aux Romains de venir saluer les nouveaux cardinaux, ont été annulées.

L'archevêque de Kigali au Rwanda, Antoine Kambanda, 62 ans, est devenu samedi 28 novembre le premier cardinal de son pays, théâtre voici 26 ans d'un génocide dont il est lui-même un rescapé.

Le plus médiatisé était sans doute l'archevêque de Washington Wilton Gregory, 72 ans, premier noir américain à endosser la toque pourpre, un "soutien à la communauté afro-américaine" juge-t-il. Le prélat avait ouvertement dénoncé en juin l'attitude de Donald Trump face à des manifestants antiracistes.

L'Amérique latine dispose de deux nouveaux cardinaux. Le Mexicain Felipe Arizmendi Esquivel, 80 ans, proche des peuples indigènes. Ainsi que Mgr Celestino Aos Braco, 75 ans, un frère capucin espagnol devenu archevêque de Santiago du Chili en 2019 après la démission d'un cardinal impliqué dans un vaste scandale de pédophilie.

"Capucin jusqu'à la mort"

Chez les Italiens, trois hommes sont particulièrement engagés auprès des plus démunis, de quoi séduire le pape François qui répète que "l'Église est un hôpital de campagne".

Tout d'abord le frère franciscain de 55 ans, Mauro Gambetti, Gardien du Sacré-Couvent d'Assise, abritant le tombeau de saint François d'Assise, qui prôna pauvreté et fraternité. C'est là que le pape jésuite est venu signer en octobre sa nouvelle encyclique "Fratelli tutti", très inspirée des franciscains.

Il a aussi remis avec un grand sourire sa toque à un simple curé d'une paroisse de Rome, Enrico Feroci, 80 ans, longtemps dirigeant d'une antenne caritative.

Le pape a aussi récompensé l'archevêque de Sienne (Toscane) Augusto Paolo Lojudice, 56 ans, surnommé le "prêtre des Roms".

Tout futur cardinal devait être nommé évêque avant la cérémonie, mais l'un d'eux a demandé une dérogation. "Je désire être un frère capucin jusqu'à la mort", a plaidé Raniero Cantalamessa, 86 ans, prédicateur de la Maison pontificale. Samedi, il s'est agenouillé devant le pape en robe de bure.

AFP/VNA/CVN

 
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