19/01/2019 17:25
L’envoi de travailleurs à l’étranger offre de multiples avantages: création d’emplois, source de devises, qualification professionnelle, amélioration du niveau de vie des populations rurales… Cette force de travail constitue une richesse à exploiter à son retour.
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Un salon de l’emploi réservé aux rapatriés de République de Corée à Bac Ninh (Nord).
Photo: Thanh Thuong/VNA/CVN

Une récente foire à l’emploi pour les travailleurs rapatriés, de la province de Bac Ninh (Nord), a réuni 20 compagnies à participation étrangère et attiré des centaines de personnes.

Présent tôt le matin, Nguyên Van Loi, domicilié dans le quartier de Hap Linh, ville de Bac Ninh, témoigne des difficultés de trouver du travail après sept ans de travail à Taïwan (Chine). "Je suis rentré chez moi depuis plus d’un an et je n’ai pas encore réussi à décrocher un emploi. Je souhaiterais travailler dans une entreprise à capitaux étrangers pour lui apporter mon expérience et mes connaissances d’une langue étrangère, mais il n’est pas facile de trouver un poste à salaire élevé en rapport avec mes compétences professionnelles", confie-t-il.

Pour sa part, après cinq ans en République de Corée, Nguyên Van Thành (quartier de Vu Ninh, ville de Bac Ninh), a dû changer d’emploi quatre fois en quatre ans après son retour. "Mon travail principal en République de Corée était de contrôler une machine de levage, et il est très difficile de trouver des emplois similaires au Vietnam. Le travail que j’ai effectué à mon retour ne m’a permis pas de mettre à profit mon expérience et mon salaire était assez faible, donc je voudrais trouver un nouvel emploi avec un revenu plus élevé", explique M. Thành.

Selon les données du Service provincial du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales, Bac Ninh envoie en moyenne environ 1.500 travailleurs à l’étranger par an, ce qui génère un revenu important pour de nombreuses familles. Cependant, après leur retour au pays, peu de ces travailleurs locaux ont pu trouver un emploi convenable, voire même avec un risque accru de chômage.

Les compagnies de confection ont besoin toujours d'un grand nombre de travailleurs.
Photo: Trân Viêt/VNA/CVN

Créer des liens

Selon le ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales, le Vietnam totalise plus de 500.000 personnes qui travaillent dans une quarantaine de pays et territoires. Il s’agit notamment des secteurs suivants: mécanique, manufacturier, décoration intérieure, construction, etc.

Avec leurs expériences, ces travailleurs constituent une main-d’œuvre compétente au service du marché domestique. Cependant, nombreux d’entre eux se trouvent dans cette situation paradoxale où, hautement qualifiés et formés, ils ne réussissent pas à trouver un emploi à leur mesure, alors que de nombreuses entreprises nationales manquent justement d’ouvriers qualifiés.

D’après un sondage de l’Institut des sciences sociales et du travail, les services provinciaux concernés ne connaissent pas le nombre de travailleurs de retour de l’étranger, et ne peuvent donc les contacter pour les assister dans leur recherche d’emploi. 

D’après Dinh Van Duyêt, directeur du Centre de services pour l’emploi de Bac Ninh, les possibilités d’emploi pour ces travailleurs restent importantes, car les entreprises d’investissement direct étranger (IDE) au Vietnam sont en demande de personnes ayant des compétences et de l’expérience, non seulement en pratique de langues étrangères, mais surtout en méthodes de travail performantes. Mais, ces entreprises manquent de “liens” avec cette main-d’œuvre potentielle.

"Il faut créer une connexion entre entreprises et travailleurs. Chaque année, le Centre provincial de services pour l’emploi coopère activement avec celui des travailleurs à l’étranger pour organiser trois à quatre salons de l’emploi dédiés aux expatriés de retour au pays. Ces événements ont attiré de nombreuses entreprises et travailleurs. C’est une véritable passerelle qui permet de créer des liens, faire connaissance et trouver des opportunités d’emploi", souligne M. Duyêt.

Les compagnies à participation étrangère recherchent de nombreux ouvriers qualifiés.
Photo: Danh Lam/VNA/CVN

Aujourd’hui, de nombreuses localités souhaitent envoyer leurs travailleurs à l’étranger, mais elles ne prennent pas en compte leur avenir professionnel après leur retour: domaine de compétences, niveau, âge, aspirations personnelles... Par ailleurs, il n’existe pas de politiques spécifiques à ce type de travailleurs.

Pour bénéficier au mieux de l’expérience de ces expatriés, de nombreuses localités ont décidé de collaborer avec le Centre de services pour l’emploi pour organiser des sessions de recrutement réservées à ces travailleurs.

Ainsi, le Centre de travail à l’étranger, relevant du ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales, a coopéré avec les services concernés en vue d’organiser des dizaines de sessions de ce genre. De plus, cet établissement a présenté les profils professionnels de milliers de travailleurs sur son site web, facilitant ainsi leur recherche d’emploi.

Base de données

Cependant, le nombre d’expatriés obtenant un emploi par ce biais est insuffisant face au potentiel et à la forte demande de main-d’œuvre jeune et qualifiée des parcs industriels, des entreprises et des groupes étrangers.

Toujours d’après Dinh Van Duyêt, lors de leur mission à l’étranger, les ouvriers doivent se perfectionner dans l’apprentissage autodidactique, enrichir leur connaissance en langues étrangères et  compétences professionnelles afin de pouvoir s’intégrer rapidement au marché du travail domestique après leur retour. Par ailleurs, les autorités locales et les services concernés devraient participer davantage à la gestion, à l’assistance juridique, au conseil pour l’emploi... afin de les aider à stabiliser leur vie et augmenter leur revenu.

Selon les spécialistes, dès qu’il est prévu d’envoyer des travailleurs à l’étranger, les services compétents, les entreprises exportatrices et les localités doivent se coordonner pour constituer une base de données, afin de gérer les informations concernant qualifications, professions et marché du travail. Elles doivent aussi élaborer des projets détaillés pour mettre ces ressources humaines qualifiées à disposition des entreprises du territoire national lorsque leurs contrats à l’étranger expireront.

Parallèlement, les Centres de services pour l’emploi doivent poursuivre la mise à niveau de leurs activités afin de relier plus efficacement entre travailleurs et employeurs.

"Dans le contexte d’intégration internationale, il faudrait avoir des politiques plus concrètes pour gérer efficacement ces ressources humaines qualifiées et élaborer une source de données en la matière", conclut Dào Công Hai, ancien directeur adjoint du Département de la gestion du travail à l’étranger.

Autant de mesures indispensables pour bénéficier au mieux d’une main-d’œuvre expérimentée, tout en contribuant à réduire le nombre de travailleurs résidant illégalement à l’étranger.

Hoàng Phuong/CVN
 
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