20/01/2021 14:07
Au deuxième jour de la campagne de vaccination des plus de 75 ans en ville, pour laquelle le gouvernement a promis la transparence, la France reste sous la menace du variant britannique du COVID-19, plus contagieux, qui éloigne encore un peu le retour à la vie normale.
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Test de dépistage du COVID-19 au sein des marins-pompiers de Marseille, le 19 janvier 2021 à Marseille.
Photo : AFP/VNA/CVN

L' écart durable avec la normalité est symbolisé par des chiffres spectaculaires publiés mardi matin 19 janvier : l'épidémie de COVID-19, qui a causé la mort de 71.342 personnes au total, a aussi entraîné en France une baisse de l'espérance de vie à la naissance de quasiment cinq mois pour les femmes (85,2 ans) et six mois pour les hommes (79,2), selon le bilan démographique 2020 de l'Insee, publié mardi 19 janvier.

Et d'autres annonces montrent que la crise dure. Ainsi, Disneyland Paris, première destination touristique privée en Europe, ne rouvrira pas avant le 2 avril au mieux, et non le 13 février. Mercredi 21 janvier, jour d'un nouveau conseil de défense sanitaire, ce sont les stations de ski qui risquent de voir fondre comme neige au soleil leurs espoirs de remettre en route cet hiver les remontées mécaniques déjà fermées pendant les vacances de Noël.

"Si on loupe les vacances de février (étalées du 6 février au 1er mars), c'est une saison noire" qui s'annonce, prévient Jean-Luc Boch, président de l'Association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM). "On aura de la casse". Car la France reste sur un plateau élevé de contaminations et d'entrées à l'hôpital de patients COVID, et la menace de la propagation du variant "VOC 202012/01", qui a submergé le système de santé britannique, se concrétise. D'après des projections de l'Inserm, ce variant pourrait devenir "dominant en France entre fin février et mi-mars".

Masques

"Les nouvelles hospitalisations hebdomadaires devraient atteindre le niveau du pic de la première vague (environ 25.000 par semaine) entre mi-février et début avril, en l'absence d'interventions", ajoutent les auteurs de l'étude, qui n'évaluent toutefois pas encore les effets du couvre-feu avancé à 18h00 pour toute la France depuis samedi. Une mesure qui s'est ajoutée à la fermeture des bars, restaurants et lieux culturels, en vigueur depuis la fin octobre, et sans perspective de réouverture dans l'immédiat.

Comparaison des différentes manières de porter des masques pour filtrer au maximum les particules.
Photo : AFP/VNA/CVN

De son côté, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a précisé la doctrine sur les masques, après de nouvelles recommandations du Haut conseil de la santé publique (HCSP) liées à la menace du variant anglais. "La quasi-totalité des masques industriels", ce "qu'on appelle les masques grand public de niveau 1", reste valable, a déclaré sur France Inter le ministre qui a en revanche appelé à éviter "le masque artisanal qu'on fabrique chez soi avec la meilleure intention du monde".

Si le ministre a noté "un effet couvre-feu" dans les 15 départements où il est entré en vigueur plus tôt, depuis le 2 janvier, les entrées à l'hôpital connaissent dans l'immédiat une légère remontée, avec 1.995 arrivées mardi 19 janvier, contre 1.660 le mardi précédent, pour un total de 25.532 malades du COVID-19 hospitalisés (contre 24.263 au 1er janvier).

Le chiffre des patients COVID-19 en réanimation est, lui, repassé depuis lundi 18 janvier au-dessus des 2.800, alors qu'il s'était stabilisé autour de 2.600 depuis la fin décembre. Et mardi 19 janiver, le nombre de nouvelles admissions en réanimation en 24 heures a dépassé les 300 pour la première fois depuis mi-novembre (315).

Deuxième dose pour Mauricette

Dans ce contexte, la vaccination, qui a démarré lundi 18 janvier pour cinq millions de plus de 75 ans en ville et les personnes atteintes de certaines pathologies (800.000), après les Ehpad et les professionnels de santé de plus de 50 ans, devient de plus en plus cruciale. Mais le jour 1 de la campagne grand public a été marqué lundi 18 janvier par des critiques d'élus locaux, mécontents du trop faible nombre de doses arrivées dans leurs centres de vaccination.

Évolution en France du nombre de nouveaux cas, hospitalisations, entrées en réanimation et décès, totaux et tendances pour ces quatre indicateurs, au 18 janvier.
Photo : AFP/VNA/CVN

Pour y répondre, Olivier Véran a promis, à la demande d'Emmanuel Macron, "de publier en toute transparence le nombre précis de doses dont chaque centre de vaccination - il y en a plus de 900 - dispose". Objectif, montrer à la population "qu'il n'y a pas de stocks cachés", a insisté Olivier Véran. Mardi soir 19 janvier, la direction générale de la Santé a fait état d'un bilan de 586.000 doses de vaccin injectées. Cette semaine, 160.000 piqûres sont attendues dans les maisons de retraite et 330.000 vaccinations hors Ehpad.

Au total, la France avait réceptionné 1.567.000 doses au 17 janvier, auxquelles il faut ajouter 383.000 doses cette semaine, a indiqué le ministère, en précisant qu'il faisait désormais ses calculs à raison de 6 doses par flacon de vaccin Pfizer/BioNTech, et non plus 5, suite aux recommandations des autorités européennes de santé.

Parmi les personnes vaccinées, "Mauricette a reçu sa 2e dose" mardi 19 janvier, selon le ministère de la Santé. La première vaccinée française avait reçu la précédente injection à Sevran (Seine-Saint-Denis), le 27 décembre. Les autorités sanitaires ont d'autre part indiqué mardi que cinq décès de "personnes âgées ou très âgées avec des comorbidités", qui avaient reçu le vaccin Pfizer/BioNTech, ont été recensées à ce jour, sans qu'un lien soit établi à ce stade entre leur mort et une réaction au vaccin.
AFP/VNA/CVN



 

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