23/07/2017 11:08
Bien que née en France, Trân Minh-Tâm nourrit depuis toujours une passion infinie pour la cuisine vietnamienne. Pour elle, c’est le dénominateur commun de tous les Vietnamiens du monde, c’est l’âme du Vietnam. Rencontre.
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Trân Minh-Tâm et son grand père, le Professeur Trân Van Khê.
Photo : NVCC/CVN

D’origine vietnamienne et vivant à Paris, Trân Minh-Tâm (connue aussi sous le nom de blogueuse Miss Tâm) a fait des études de musicologie à l’université Paris-Sorbonne afin de poursuivre l’héritage intellectuel de son grand-père, le Professeur Trân Van Khê, et de son père, le Professeur Trân Quang Hai. «Pour me différencier d’eux, je m’étais tournée vers la musique classique occidentale mais mes rêves et mes envies étaient déjà ailleurs», a partagé Minh-Tâm.

Après une carrière dans la production musicale, elle a décidé de se lancer dans une nouvelle aventure : la cuisine et la transmission de la culture vietnamienne. Sa passion pour la cuisine est née de la tradition familiale dans laquelle Minh-Tâm a baigné pendant toute son enfance. Rincer et cuire du riz, découper des légumes, faire le marché… sont ancrés dans sa mémoire. «La passion pour la cuisine vietnamienne ne m’a jamais quittée. Je me suis ensuite nourrie de lectures et de recherches sur les plats, les traditions, les origines et l’histoire de la cuisine», a-t-elle confié. Minh-Tâm garde toujours dans sa mémoire les souvenirs des repas festifs et des longs moments à table où l’on écoutait des histoires sur le Vietnam.

La Kitchenette de Miss Tâm

Il y a quelques années, cette jeune femme a constaté qu’en France, il y avait une «grande méconnaissance de la cuisine vietnamienne». Les recettes traditionnelles sont rares sur les sites francophones. Pour les Vietnamiens résidant à l’étranger, la cuisine est un repère identitaire et culturel particulièrement fort. La génération suivante née à l’étranger connaît le Vietnam d’abord à travers sa cuisine, souvent celle perpétuée par la famille exilée. C’est pourquoi, Minh-Tâm a créé un site web en français dédié à la cuisine vietnamienne pour préserver et promouvoir «un patrimoine culinaire extraordinaire». Elle a lu beaucoup d’articles, regardé toutes les émissions culinaires du Vietnam pour voir l’évolution des pratiques. Chaque recette a été testée, rectifiée et confectionnée à nouveau avant d’être mise sur le blog. Celui-ci comprend plus de 200 recettes, présentées en français de manière claire et précise.

Les Français apprécient hautement les plats vietnamiens de Minh-Tâm.
Photo : NVCC/CVN

«Aussi loin que remontent mes premiers souvenirs, j’ai toujours eu les papilles en éveil. La cuisine de mon enfance fut un merveilleux lieu de découverte culinaire, ouverte sur le monde, véritable laboratoire de parfums et de saveurs, et un espace de vie sensoriel puissant ! Ma première école… Mes premiers amours gustatifs… Le goût du Vietnam», a-t-elle partagé sur son blog culinaire.

Depuis sa naissance, ce site a reçu de nombreux commentaires élogieux. «Vos explications sont vraiment très claires et les photos de chaque étape aident beaucoup. Je vous remercie de tous vos efforts pour rendre la cuisine vietnamienne facile à réaliser, surtout pour la jeune génération vietnamienne qui est née et vit à l’étranger», a confié une jeune lectrice française sur la recette des bánh bèo Huê (galettes de riz à la vapeur aux crevettes de Huê). Ou bien : «Merci pour cette superbe recette de +bún bò+ (vermicelle au bœuf sauté), testée et approuvée par tous. J’adore votre blog, si riche en culture culinaire. Tout y est intéressant et si bien écrit ! On cuisine en se cultivant», a commenté un autre fan.

Ambassadrice de l’art culinaire vietnamien

Trân Minh-Tâm lors d'un cours de cuisine vietnamienne.
Photo : NVCC/CVN

Donner des cours de cuisine vietnamienne était une suite logique de son travail de recherche. «La transmission par l’écrit est passionnante mais celle de personne à personne est encore plus riche et stimulante. Mes cours sont le reflet de mes publications : un cours de cuisine et de culture», a affirmé Minh-Tâm.

Toutes les semaines, elle donne des cours les jeudi soir et samedi dans le 20e arrondissement, à Paris. Elle propose également une fois par an six cours de cuisine à Lyon.

Elle enseigne à ses apprenants comment distinguer les herbes aromatiques telles que tía tô (shiso), ngo om (herbe à paddy), rau ram (polygonum), les techniques et astuces pour confectionner un plat typique du Vietnam.

Ses élèves à Paris apprécient particulièrement le bún bò xào (bò bún), les bánh cuôn (crêpes de riz farcies au porc), les bò nuong lá lôt (bœuf aux feuilles lolot)...

Parallèlement, elle est consultante pour des restaurants vietnamiens et donne régulièrement des formations à des professionnels. Chaque cours est un véritable moment d’échange et de partage. «Rien ne me fait davantage plaisir que de voir un visage s’illuminer à la suite d’une explication», a-t-elle indiqué.

En 2014, Minh-Tâm a donné à Antananarivo, capitale de Madagascar, des cours à des cuisiniers malgaches, avec 60 plats en cinq semaines. Un événement exceptionnel qui lui a laissé de nombreux souvenirs inoubliables.

Minh-Tâm Trân et ses co-auteures Chihiro Masui et Margot Zhang ont publié, en novembre 2016, aux Éditions du Chêne, le livre Nouilles d’Asie, avec 150 recettes de Chine, du Japon et du Vietnam. Abondamment illustré, l’ouvrage offre un beau panorama sur des plats vietnamiens du Nord au Sud. «Mon grand-père paternel, le Professeur Trân Van Khê, grand artiste, ethnomusicologue de renom et fin gastronome, disparu en 2015, était très satisfait de mon travail et de ma reconversion professionnelle. Il était heureux que je fasse un travail sérieux de recherche sur la cuisine vietnamienne et que je contribue à la promotion de la culture du pays en France», a-t-elle confié.

Minh-Tâm va continuer ses projets et ses cours pour partager et transmettre les subtils saveurs et parfums de la cuisine vietnamienne en France. «J’aimerais un jour ouvrir un cours dans une école de cuisine française pour apporter à ces futurs cuisiniers une vue globale sur la cuisine vietnamienne», a-t-elle conclu.
 
Thu Hà Ngô/CVN
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