05/04/2020 07:00
Les premières représentations de la version vietnamienne du Lac des cygnes de l’Opéra-Ballet national du Vietnam ont créé une vraie fièvre chez les spectateurs. Entretien avec sa directrice Trân Ly Ly sur le retour de ce célèbre ballet classique.
>>Le Lac des cygnes à la vietnamienne
>>Trân Ly Ly, figure de la danse contemporaine
>>Danser la vie à pleines dents

L’''Artiste Émérite'' Trân Ly Ly. Photo : VNP/CVN

En tant que directrice de l’Opéra-Ballet national du Vietnam (VNOB), ''commandante en chef'' du Lac des cygnes à la vietnamienne, pensez-vous avoir fait un pari fou dans cette grande aventure de faire revivre ce ballet tombé dans l’oubli au Vietnam depuis trois décennies ?

Oui et non. Au Vietnam, on dit souvent que ce genre de pari est du ''quitte ou double'', autrement dit : risquer le tout pour le tout. Comme vous le savez, les hommes d’affaires et les gestionnaires comme moi s’avèrent assez aventureux dans leur prise de décision, mais cette dernière est toujours basée sur des fondements sûrs. Les choses ne sont pas laissées complètement au hasard.

Pour ma part, la pierre angulaire du projet de faire revivre Le Lac des cygnes a toujours été la détermination ainsi qu’un plan solidement préparé en aval afin de pouvoir monter avec succès sa version vietnamienne. Au commencement de n’importe quelle entreprise, on a toujours tendance à penser aux difficultés. Mais je pense qu’en tant que directrice, il faut avoir un brin de culot mais surtout un caractère résolu pour prendre des décisions aux moments opportuns.

Je ne suis pas le genre de personne à me nourrir de trop d’illusions, mais j’ai le droit de rêver. En ce qui concerne la décision de la reprise du Lac des cygnes après trois décennies d’absence au Vietnam, on ne peut savoir si un projet sera une réussite tant que l’on ne le déplore pas !

Les représentations de la version vietnamienne du ballet classique ont créé une réelle effervescence au niveau des billets d’entrée. L’investissement initial a-t-il pu être récupéré ?

Pour une œuvre théâtrale, il est difficile d’évaluer concrètement les questions relatives aux investissements et remboursements. Pour tout le personnel du théâtre, monter une telle pièce classique fut une décision audacieuse. Imaginez, danseurs, instrumentistes, stylistes, accessoiristes, techniciens…, 150 personnes ont dû travailler en continu pendant six mois. Les coûts étaient exorbitants !

Chez nous, pour être en mesure de lancer une œuvre au public, les artistes et leur équipe doivent très souvent cumuler d’autres activités en dehors de leur spécialité (promotion de la pièce et vente de billets) du fait du financement limité. Alors que dans les grands théâtres comme en Europe, les comédiens n’ont qu’à s’entraîner et se produire sur scène car le lancement de l’œuvre au public ou la mobilisation des finances sont pris en charge par une entreprise spécialisée qui s’occupe exclusivement de la partie événementielle.

Pour Le Lac des cygnes, le prix du billet (1-1,8 million de dôngs) reste bien deçà de sa valeur réelle. Mais je pense que malgré tout, cela nous permettra de rembourser nos investissements voire même d’empocher des bénéfices.

"Le Lac des cygnes" joué en plein air le 11 janvier dans le quartier résidentiel Ecopark, dans la province de Hung Yên (Nord). Photo : TN/CVN

Avez-vous l’intention de faire voyager ce ballet à travers tout le pays ?

Il ne s’agit plus d’une intention mais bel et bien d’un plan qui se concrétise ! Toute œuvre théâtrale de qualité se doit d’être largement présentée au public. Faire une tournée est quelque chose d’indispensable car cela permet de mesurer le professionnalisme d’une troupe et de consolider la réputation de l’œuvre aux yeux d’un maximum de spectateurs.

Après Le Lac des cygnes, nous programmerons également la tournée d’autres pièces dont Le sculpteur, Les feuilles rouges ou encore le programme ''Rock symphony''.

De danseuse, puis chorégraphe, vous assumez maintenant la direction d’un théâtre, avez-vous changé d’orientation artistique ?

Ma mission artistique est maintenant de devenir un développeur d’art, et non seulement un créateur d’art. Alors, oui, mon orientation a quelque peu changé au fil du temps, de créer des œuvres à produire sur scène, je développe à présent l’art dans toutes ses facettes. Étant à un poste de gestionnaire, cela me permet de pouvoir soutenir les activités de création et d’orientation artistiques.

Je pense que ce qui compte le plus pour les artistes professionnels comme nous, c’est de pouvoir ''jouer dans la cour des grands'' pour présenter largement nos produits au public. C’est l’objectif que je poursuivrai jusqu’à la fin de ma vie.
 
Linh Thao/CVN


Une artiste influente

L’''Artiste Émérite'' Trân Ly Ly est née en 1978 à Hanoï. Elle a été classée par le magazine Forbes dans le Top 50 des femmes les plus influentes au Vietnam en 2019. Diplômée de l’École de danse du Vietnam, elle a étudié à l’Université de technologie du Queensland (Australie) et obtenu son diplôme en 2003. Elle a travaillé plusieurs années en France avant de revenir au Vietnam.

Trân Ly Ly fut l’une des pionnières de la danse contemporaine au Vietnam. Elle a occupé le poste de directrice adjointe de l’École de danse de Hô Chi Minh-Ville avant de devenir, en mars 2018, directrice de l’Opéra-Ballet national du Vietnam (VNOB).

En tant que danseuse, Trân Ly Ly a connu de francs succès avec de nombreuses œuvres chorégraphiques vietnamiennes et étrangères telles que Sauver des amis, Paquita, Bonjour, Under skin, Body amour... Dans le rôle de chorégraphe, elle a marqué de son empreinte à travers des pièces comme Un jour, Zen, 7X, Oui oui non non...
 


 
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
L’originalité des villages de broderie du Vietnam

Vietnam Airlines participe à l’accélération du tourisme au Nord-Est Jeudi 4 juin, Vietnam Airlines a coopéré avec l’Association vietnamienne du tourisme (VITA) pour lancer un programme de stimulation de la demande touristique pour le Nord-Est du pays.