14/01/2019 23:43
Le Forum du tourisme de l’ASEAN 2019 commencera le 16 janvier dans la ville patrimoniale de Ha Long, province septentrionale de Quang Ninh. L’événement rassemblera les meilleurs experts et leaders du tourisme, ainsi que des entreprises et des investisseurs du secteur de l’hôtellerie.
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Le journal Vietnam News a interviewé Masataka Fujita, secrétaire général du Centre ASEAN - Japon, et Lee Hyuk, du Centre ASEAN - République de Corée, pour recueillir leurs avis à propos de l’événement, et au sujet des défis auxquels le tourisme de l’ASEAN est confronté, ainsi que les enseignements que l’ASEAN peut tirer du Japon et de la République de Corée. Ces deux organisations intergouvernementales ont joué un rôle clé dans la création de partenariats entre l’ASEAN, le Japon et la République de Corée.

John Gregory Conceicao, directeur exécutif des relations internationales, de la planification marketing et de l’Océanie de l’Office du tourisme de Singapour, se joint également à l’entretien et évoque les problèmes rencontrés par l’ASEAN dans la mise en place d’un tourisme à "destination unique".

Le secrétaire général du Centre ASEAN - Japon, Masataka Fujita. Photo: AJC/CVN
Le Forum du tourisme de l’ASEAN (ATF) 2019 est considéré comme l’un des événements internationaux les plus importants organisés par le Vietnam cette année et abordera un large éventail de sujets touristiques importants. Quels domaines vous intéressent le plus et pouvez-vous nous dire pourquoi?


Masataka Fujita: L’une des priorités du Centre ASEAN-Japon (AJC) est le développement durable, j’ai donc hâte de savoir ce qui sera débattu à cet égard. Cet ATF devrait être une occasion pour les ministres du tourisme et les principaux acteurs du tourisme d’échanger et de trouver une solution équilibrée entre  l’objectif politique consistant à augmenter les recettes touristiques et la préservation du patrimoine touristique. Je trouve cette occasion très utile pour consolider les réseaux avec d’importants décideurs.

Lee Hyuk: C’est un plaisir d’être invité à l’ATF 2019. C’est ma première participation à des conférences des ministres du Tourisme de l’ASEAN et des  ministres du Tourisme de l’ASEAN+3. Je serai ravi de partager avec ces ministres les résultats des activités menées par le Centre ASEAN-Corée (AKC) pour promouvoir la richesse culturelle et les attraits touristiques de l’ASEAN en République de Corée, tout en renforçant les capacités des acteurs du tourisme et en soutenant le développement du tourisme durable dans la région.

Conformément au Plan stratégique du tourisme de l’ASEAN (ATSP) 2016-2025, l’AKC a eu pour objectif de mettre en œuvre des programmes de tourisme durable et inclusif en 2018.

L’AKC cherche également à actualiser ses programmes avec les récentes évolutions de l’ASEAN. Avec l’avènement de la 4e révolution industrielle, "l’industrie sans fumée" de l’ASEAN a de plus en plus besoin de mettre en œuvre des technologies numériques novatrices mais inévitablement perturbatrices. À l’occasion du forum, la conférence sur le tourisme de l’ASEAN aura lieu sous le thème "Connecter le patrimoine pour le développement du tourisme dans l’ASEAN à l’ère numérique". L’AKC participera à la conférence pour apprendre comment l’ASEAN s’attaquera aux nouveaux défis posés par la réalité virtuelle et les technologies intelligentes et il alignera ses programmes de tourisme sur les besoins et les demandes réelles de la communauté ASEAN.


Le secrétaire général du Centre ASEAN - République de Corée, Lee Hyuk. Photo: AKC/CVN
Le thème du forum cette année est "L’ASEAN - La force de l’unité". Les pays de la région promeuvent également "l’ASEAN en tant que destination unique". Quels sont les défis à relever?

John Gregory Conceicao: La stratégie de marketing touristique de l’ASEAN s’attaquera à des problèmes tels que la coordination des efforts de marketing, le développement des infrastructures et le renforcement des capacités. Grâce aux efforts collectifs des États membres, nous pouvons créer des opportunités pour notre population et mieux rivaliser avec d’autres régions pour attirer des visiteurs.

La région de l’ASEAN est devenue une destination touristique attrayante pour les touristes interrégionaux et intrarégionaux. Selon vous, quels sont les points de vente du tourisme de l’ASEAN?

John Gregory Conceicao: L’Asie du Sud-Est est très populaire auprès des touristes du monde entier. Les arrivées de touristes dans les pays de l’ASEAN représentaient 9,5% des arrivées de touristes dans le monde en 2017. Il existe également un volume élevé de voyages intrarégionaux, les voyages intrarégionaux représentant 42% du total des arrivées internationales.

Les pays de l’ASEAN ont fait de l’Asie du Sud-Est une région attrayante pour les touristes. Il y fait chaud toute l’année, avec près de 40 sites du patrimoine mondial de l’UNESCO et une richesse et une diversité culturelle incroyable. Cela fait également de l’ASEAN une destination de croisière idéale, avec des eaux calmes et de multiples destinations situées à proximité.

En tant que région, l’Asie du Sud-Est possède également un mélange unique de patrimoine et de modernité, où les traditions séculaires conservent leurs charmes et ne sont pas laissées pour compte par l’évolution rapide de la société actuelle.

Comment évaluez-vous le potentiel touristique de la région de l’ASEAN pour le Japon et la République de Corée?

Masataka Fujita: Il a un grand potentiel. Les Japonais ne prennent pas de longues vacances. Les destinations de l’ASEAN proches du Japon sont donc idéales à visiter. Les aliments dans ses États membres conviennent également aux Japonais car le riz et les nouilles sont nos principaux aliments de base. Dans le cadre de son programme récent, l’AJC a fait la promotion de l’ASEAN en tant que destination touristique éducatif afin d’encourager davantage de jeunes à visiter ces pays. Au Japon, de nombreuses écoles recherchent des destinations de voyage scolaire sûres et d’un coût abordable, ce qui signifie que les membres de l’ASEAN ont des avantages par rapport à d’autres pays.

Lee Hyuk: En 2018, le nombre d’échanges des touristes entre la République de Corée et l’ASEAN devrait dépasser 10 millions pour la première fois, voire atteindre 11 millions. En ce qui concerne le volume de contacts entre les peuples, l’ASEAN et la République de Corée envisagent un avenir très prometteur.

Dans un contexte d’échanges de plus en plus importants, la nouvelle politique du gouvernement sud-coréen a fixé l’objectif de 15 millions de touristes mutuels annuels entre l’ASEAN et la République de Corée d’ici 2020. Cette initiative du gouvernement vise à créer un partenariat solidaire avec l’ASEAN. Avec le pouvoir d’achat croissant dans l’ ASEAN et l’augmentation d’une population plus jeune désirant se rendre en République de Corée, le tourisme entre l’ ASEAN et la République de Corée ne peut que croître.

Le Japon fait partie des destinations touristiques les plus dynamiques du monde et constitue également un exemple parfait de développement du tourisme tout en protégeant son patrimoine naturel et culturel. Comment les pays de l’ASEAN peuvent-ils tirer parti de l’expérience du Japon?

Masataka Fujita: Le Japon gagne du terrain en tant que destination touristique et de nombreux pays membres de l’ ASEAN réussissent dans le développement du tourisme depuis longtemps. Je crois que le Japon a beaucoup à apprendre d’eux. Le Japon souhaite accueillir 40 millions de touristes étrangers par an. La protection du patrimoine naturel et culturel est donc cruciale. Il est difficile de concilier tourisme et protection du patrimoine culturel et naturel. En ce qui concerne le sur-tourisme, il convient d’en éviter l’impact négatif sur l’environnement car la réhabilitation serait très difficile.

Dans le même temps, si nous devions réduire le nombre de touristes, les coûts seraient élevés. Par conséquent, nous devons réfléchir aux moyens de préserver et de protéger les actifs touristiques de manière rentable. À cet égard, le Centre ASEAN-Japon encourage "l’interprétation" - un outil de communication permettant d’atteindre cet objectif - et met en œuvre la formation en interprétation pour divers membres de l’ASEAN.

Certaines localités japonaises prennent également des mesures pour faire face aux conséquences négatives du tourisme, ce qui pourrait également être utile pour les membres de l’ASEAN. Je crois que la clé serait d’impliquer les communautés, les habitants et les autres parties prenantes pour décider d’une direction qui ne serait pas en conflit avec les intérêts personnels.

John Gregory Conceicao, directeur exécutif des relations internationales, de la planification du marketing et de l’Océanie de l’Office du tourisme de Singapour.
Photo: STB/CVN
En 2018, le Vietnam a accueilli plus de 15,5 millions de touristes internationaux. Parmi ceux-ci, le nombre de touristes sud-coréens se classait au deuxième rang. Le Vietnam est l’un des pays principaux de la nouvelle politique de la République de Corée du Président Moon Jae-in et le football a récemment rapproché le Vietnam et la République de Corée. Que pensez-vous que les deux pays devraient faire pour exploiter pleinement leur grand potentiel, notamment dans le tourisme?

Lee Hyuk: Il ne fait aucun doute que le Vietnam et la République de Corée entretiennent un partenariat de plus en plus étroit.

L’Administration nationale du tourisme du Vietnam a indiqué que le nombre de visiteurs sud-coréens au Vietnam avait atteint plus de 3 millions en 2018, soit une augmentation de 44,3% par rapport à l’année précédente. Selon l’Office sud-coréen du tourisme, le Vietnam est l’un des marchés touristiques les plus dynamiques pour les Sud-Coréens. Plus de 400.000 Vietnamiens ont visité la République de Corée de janvier à novembre 2018, soit une augmentation de 42,3% par rapport à l’année précédente. Certaines des destinations vietnamiennes, telles que baie de Ha Long (Nord), Hôi An, Dà Nang (Centre), Hô Chi Minh-Ville, sont devenues très connues des voyageurs sud-coréens. 

Cette croissance remarquable est due en partie à la synergie créée par divers facteurs tels que la proximité géographique, la publicité dans les médias traditionnels et sociaux, le nombre croissant de transporteurs à bas avec vols directs et les coûts concurrentiels. Plus important encore, les Sud-Coréens connaissent de plus en plus le Vietnam en raison de la coopération accrue entre les deux pays. Ils apprennent que le pays à la forme en S propose divers produits et découvertes touristiques allant d’un riche inventaire de patrimoines naturels et culturels à une gastronomie authentique. Par conséquent, la clé pour exploiter le potentiel de deux parties consiste à améliorer la compréhension mutuelle.

Conscient de cela, l’AKC continuera à mener une série de programmes culturels et touristiques pour présenter au public sud-coréen la culture, l’histoire et la population de l’ASEAN. Du 10e anniversaire de sa création et du 30e anniversaire des relations de dialogue ASEAN- République de Corée, l’AKC mettra un accent particulier sur la mise en œuvre de projets à grande échelle permettant aux habitants de l’ASEAN et de la République de Corée de mieux se comprendre.

Pour n’en nommer que quelques-uns, le train de l’ASEAN invitera, en République de Corée, 20 à 30 personnes originaires de ses 10 États membres pour  rencontrer des Sud-Coréens et des ressortissants de l’ASEAN résidant en République de Corée. Les invités utiliseront également le train national pour participer à diverses activités culturelles à chaque arrêt. La Semaine de l’ASEAN mettra en vedette des spectacles de l’ASEAN, des cafés, un camion-restaurant et une K-pop afin de présenter le plus largement possible le public sud-coréen aux cultures de l’ASEAN.

Face à une menace existentielle telle que le changement climatique et la perte de patrimoine naturel et culturel, que peut faire la coopération ASEAN-Japon pour lutter contre ce fléau?

Masataka Fujita: Le changement climatique nécessite des efforts collectifs. En tant que pays résistant aux catastrophes, le Japon a accumulé des expériences et des informations à partager avec l’ASEAN. Il est très important de fournir des informations pratiques aux touristes et aux visiteurs potentiels, avant, pendant et après les catastrophes, afin de limiter leurs impacts négatifs et leur permettre de surmonter les chocs psychologiques éventuels.

Avec la richesse de sa culture et son histoire ainsi que son patrimoine national diversifié, l’ASEAN s’est efforcée de développer un tourisme de  haute qualité. Que faut-il prendre en compte lors du développement d’un tourisme de qualité dans l’ASEAN, sachant que le pays doit encore faire face à des défis cruciaux, tels que l’investissement dans les infrastructures, les services et la connectivité touristiques ainsi que des ressources humaines limitées?

Lee Hyuk: Selon le Plan stratégique du tourisme de l’ASEAN 2016-2025, l’ASEAN envisage de devenir une destination touristique de haute qualité d’ici 2025 et s’est engagée à promouvoir un développement touristique durable et inclusif. À cette fin, il est impératif de prendre en compte différents intérêts, attentes et rôles des principales parties prenantes telles que les responsables gouvernementaux, les investisseurs privés et les membres de la communauté impliqués dans le développement et les opérations du tourisme.

Il est également important de faciliter la coopération sous-régionale telle que celle du CLMV - le Cambodge, le Laos, le Myanmar et le Vietnam. Les réunions régulières des ministres du tourisme et des groupes de travail du CLMV leur ont permis de tirer parti des avantages de la mutualisation du marketing et des promotions, du partage des connaissances et du transfert de technologie, de la coordination améliorée en cas d’événements graves et de l’harmonisation des formalités de voyage et des normes de service.

Enfin, je voudrais souligner que la mise en œuvre des normes touristiques de l’ASEAN contribuera au développement d’un tourisme de qualité. Les normes pleinement appliquées dans "l’industrie sans fumée" dans la région et la mise en œuvre de l’accord de reconnaissance mutuelle (MRA), dont celui pour les professionnels du tourisme (MRA-TP) peuvent améliorer la qualité des infrastructures, des services et des destinations touristiques, permettre la circulation libre des talents et projeter une image de l’ASEAN comme une destination touristique compétitive.

John Gregory Conceicao: La recherche d’un tourisme de qualité est un processus continu. Afin de surfer sur la vague, notre matériel et nos logiciels régionaux devront continuellement s’adapter et évoluer pour répondre aux nouvelles tendances du tourisme et tirer parti de toutes les opportunités qui se présentent.

Le nombre de touristes de l’ASEAN augmentant, les infrastructures devront être améliorées pour accueillir plus de visiteurs. Nous devons également améliorer constamment nos compétences et faire en sorte que les membres de "l’industrie sans fumée" restent valorisés, concurrentiels et aient de bonnes perspectives d’emploi.

Selon le Plan stratégique du tourisme de l’ASEAN, les États membres ont également mis en œuvre des initiatives visant à promouvoir des destinations alternatives dans leurs pays respectifs dans le cadre de la stratégie du tourisme inclusif. Des ressources de développement sont acheminées vers les nouvelles destinations à venir, ce qui présente des avantages pour ces communautés.
 
Hông Vân - Thuy Hà/CVN

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