25/07/2018 08:55
La Première ministre britannique Theresa May a repris mardi 24 juillet les commandes des négociations sur la sortie de l'UE, jusqu'ici aux mains du ministre du Brexit, un changement destiné à gagner en "efficacité" alors que le divorce se rapproche à grands pas.
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La Première ministre britannique Theresa May au 10 Downing Street, le 24 juillet à Londres.
Photo: AFP/VNA/CVN
Londres et Bruxelles sont censés parvenir à un accord d'ici à octobre pour organiser le Brexit, prévu le 29 mars 2019, et jeter les bases de leurs relations futures. Mais les Européens s'inquiètent de l'état des discussions et des remises en cause constantes dans son pays de la stratégie de la Première ministre britannique.

"Il est essentiel que le gouvernement s'organise de la manière la plus efficace pour permettre au Royaume-Uni de sortir de l'Union européenne", a expliqué Theresa May dans une déclaration écrite au Parlement. "À cette fin, j'apporte quelques modifications dans la répartition des fonctions" au sein du gouvernement, a ajouté la dirigeante conservatrice.

Le ministère du Brexit (DexEU) "continuera de diriger tous les préparatifs du gouvernement" sur la sortie de l'UE et "je dirigerai les négociations avec l'Union européenne", a souligné Theresa May.

Concrètement, cette nouvelle répartition des compétences déleste le DeXEU d'une grande partie de ses responsabilités au profit de l'"Europe Unit", un service de l'exécutif dirigé par le conseiller de Theresa May pour l'UE, Olly Robbins, et placé directement sous les ordres de la Première ministre. En d'autres termes, comme le soulignait mardi 24 juillet le quotidien The Guardian: le ministre du Brexit "a été rétrogradé".

Ce changement constitue une nette rupture avec la manière dont fonctionnait l'exécutif britannique il y a encore quelques semaines: le ministère du Brexit était alors dirigé par David Davis, un partisan d'une sortie de l'UE sans concession qui n'hésitait pas à s'opposer à Theresa May sur le contenu des négociations avec Bruxelles.

M. David a fini par claquer la porte du gouvernement début juillet, de même que le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, également défenseur d'un Brexit pur et dur, les deux hommes dénonçant d'une même voix la volonté de Theresa May de maintenir des liens commerciaux étroits, et des "règles communes", avec l'UE à 27.

Le nouveau ministre du Brexit "mis à l'écart" 

Ce changement conclut une séquence politique qui a vu la Première ministre remporter sur le fil plusieurs victoires au Parlement, sans toutefois parvenir à mettre fin aux divisions des conservateurs sur le Brexit qui font planer une menace permanente sur son leadership.


Si Theresa May tiendra désormais les rênes des négociations, elle ne devrait toutefois pas discuter directement avec le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, a indiqué M. Robbins au cours d'une audition devant le Parlement.

"J'en doute", a-t-il déclaré, répondant à une question sur ce sujet, ajoutant que le nouveau ministre du Brexit, Dominic Raab, resterait "l'interlocuteur clef" dans les discussions avec les Européens.

"Elle est chargée des négociations, je suis son adjoint", a souligné M. Raab au cours de cette audition, soulignant qu'il était "important qu'il y ait une équipe, une chaîne de commandement pour aboutir au meilleur accord".

L'annonce de ce changement a suscité une réaction ironique de l'opposition travailliste. "Dominic Raab a été mis à l'écart par la Première ministre avant même d'avoir eu la chance de mettre ses pieds sous la table", a déclaré une porte-parole du Labour, Jenny Chapman.

Mardi 24 juillet, le gouvernement britannique a également présenté un livre blanc destiné à déterminer comment un accord de sortie avec Bruxelles pourrait être incorporé dans la loi britannique.

Parmi les propositions dévoilées figure une extension limitée dans le temps de la législation actuelle, le European Communities Act de 1972 qui avait marqué l'adhésion du Royaume-Uni à l'Union européenne, au-delà du jour du Brexit.

AFP/VNA/CVN

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