24/01/2021 21:45
Au large des côtes thaïlandaises, une équipe de plongeurs tente de démêler un amas de filets de pêche enroulé autour d'un récif fragile, une opération destinée à protéger la vie marine mais aussi à lutter contre le coronavirus.
Des plongeurs récupèrent des filets de pêche, le 18 décembre 2020 au large de Chonburi, en Thaïlande. Photo : AFP/VNA/CVN

Les "filets fantômes" jetés par la puissante industrie de la pêche locale sont une source mortelle de pollution plastique, prenant au piège les tortues ou endommageant les délicats lits de corail présents dans le golfe de Thaïlande.

Si rien n'est fait, ces filets "pourraient rester à la dérive pendant des décennies. Ils capturent des animaux marins ou deviennent leur nourriture", déclare Ingpat Pakchairatchakul de la Fondation pour une justice environnementale (EJF).

Ingpat accompagne les plongeurs du projet Net free seas, qui vise à récupérer les filets usagés et à recycler le plastique qu'ils contiennent.

Dans ce cas, les filets seront utilisés pour fabriquer des écrans faciaux et d'autres objets anti COVID-19.

Les responsables de cette initiative veulent prouver que la protection marine peut être commercialement viable en Thaïlande, l'un des plus gros producteurs de déchets océaniques au monde.

Il y a 2 ans, un événement a provoqué l'indignation du public lorsqu'un bébé dugong, une espèce en danger, baptisé Mariam est décédé d'une infection causée par du plastique découvert dans son estomac.

Les Thaïlandais avaient passé des mois à suivre en direct sur internet les efforts des équipes de vétérinaires pour tenter de soigner et sauver l'animal.

Mariam fait partie de la vingtaine de grands animaux marins morts ou blessés trouvés chaque année échoués sur les côtes thaïlandaises, selon Chaturathep Khowinthawong, directeur de l'agence de gestion du parc marin du royaume.

"Plus de 70 pour cent d'entre eux sont blessés par les filets fantômes et ont des coupures profondes dans le corps", dit-il. "Une fois bloqués, leurs chances de survie sont inférieures à 10%."

"Plus j'en ramasse, plus le courant m'en renvoie"

Des plongeurs tentent de démêler des filets de pêche enroulés autour d'un récif, le 18 décembre 2020 en Thaïlande. Photo : AFP/VNA/CVN

Net Free Seas a récupéré 15 tonnes de filets de pêche abandonnés dans les eaux de mer au cours de sa première année d'exploitation. À l'échelle mondiale, la FAO estime que 640.000 tonnes de matériel de pêche perdu ou jeté finissent dans les océans chaque année.

Dans le golfe de Thaïlande, certains pêcheurs locaux disent soutenir le projet.

"C'est une situation gagnant-gagnant", déclare Somporn Pantumas, un pêcheur de la cité portuaire de Rayong. Cela leur fait "une nouvelle source de revenus, la plage et la mer sont propres et les pêcheurs retrouvent un sentiment de camaraderie."

L'homme de 59 ans est l'un des 700 membres des communautés de pêcheurs de Thaïlande qui revendent leurs filets usagés au programme, au lieu de les jeter à l'eau.

Somporn raconte que ses filets remontent souvent plus de débris plastiques que de poissons. Et "plus j'en ramasse, plus le courant m'en renvoie de nouveaux...", se désespère-t-il.

Net Free Seas a récupéré 15 tonnes de filets de pêche abandonnés dans les eaux de mer au cours de sa première année d'exploitation.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les filets collectés sont envoyés pour être lavés, déchiquetés, mélangés à d'autres plastiques jetés puis fondus chez Qualy Design, une PME spécialisée dans le moulage d'articles ménagers recyclés.

Ils sont utilisés pour fabriquer des écrans faciaux, des vaporisateurs de gel hydroalcoolique ou des écrans de séparation de table largement utilisés dans les restaurants de Bangkok et de sa région depuis le début de la pandémie.

L'entreprise a même inventé des petits gadgets permettant d'actionner un ascenseur ou de retirer de l'argent sans toucher les boutons avec ses doigts et donc sans risque d'infection.

Comparés à d'autres matériaux, les filets de pêche sont les plus difficiles à travailler et les plus chers, explique le directeur marketing de l'entreprise, Thosphol Suppametheekulwat.

"Mais nous avons sauté dessus parce que nous voulons contribuer à sauver l'océan", affirme-t-il.

AFP/VNA/CVN

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