23/03/2018 09:17
Menaces de guerre commerciale, polémique Facebook, secteur technologique en berne... La chute de Wall Street s'est brusquement accélérée jeudi 22 mars alors que Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions commerciales contre la Chine qui a déjà menacé de riposter.
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Traders sur le New York Stock Exchange le 21 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

À la clôture, le Dow Jones a plongé de 2,93% à 23.957,89 points, soit une chute de plus de 700 points, le Nasdaq a lâché 2,43% à 7.166,68 points et le S&P 500 2,52% à 2.643,69 points. Il s'agit de la plus forte baisse du Dow Jones depuis le 8 février. Les trois principaux indices de Wall Street se dirigeaient vers une glissade hebdomadaire proche de 4%, et vers une deuxième semaine de recul de suite.

"La chute des indices est la combinaison du plongeon de Facebook qui pèse sur le secteur technologique traditionnellement locomotive de la hausse des cours, et de la perspective d'une guerre commerciale avec la Chine", a commenté Maris Ogg, présidente de Tower Bridge Advisors. Jeudi 22 mars, ces indices ont été très affectés par l'annonce de M. Trump de mesures punitives contre Pékin pouvant atteindre "60 milliards de dollars". Cette nouvelle offensive protectionniste survient deux semaines seulement après que M. Trump a promulgué des taxes de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium.

Les inquiétudes sur une guerre commerciale avec l'un des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis ne font que croître au fil des jours, a observé William Lynch de Hinsdale Associates. "Nous exhortons les États-Unis à revenir sur leur décision, à prendre des décisions prudentes et à éviter de mettre les relations commerciales entre la Chine et les États-Unis en danger", a réagi l'ambassade de Chine aux États-Unis jeudi 22 mars.

Représailles

D'éventuelles représailles de Pékin pourraient cibler aussi bien l'avionneur Boeing que les massives exportations américaines de soja, avec pour possible objectif de pénaliser des régions soutenant électoralement Donald Trump. La Chine et les États-Unis sont étroitement liés sur le plan économique et financier bien que le déficit commercial sur les biens soit très défavorable aux États-Unis, ce que dénonce vivement le président américain.

Les États-Unis ont exporté pour 130,4 milliards de dollars de marchandises vers la Chine et importé 505,6 milliards de biens chinois en 2017, selon les statistiques du département du Commerce, soit un déficit de 375,2 milliards de dollars. Les grandes multinationales américaines ont logiquement souffert après ces annonces de M. Trump, Boeing a perdu 5,19%, General Motors 3,27% et Caterpillar 5,71%, General Electric 3,82%. Signe des craintes très fortes de guerre commerciale, l'indices regroupant les valeurs de l'industrie américaine au sein du S&P 500 a perdu 3,28%.

De son côté, Facebook a poursuivi sa descente aux enfers entamée lundi à la suite d'une polémique le week-end dernier autour de l'utilisation indue de données personnelles de millions de ses utilisateurs par une firme britannique. Jeudi 22 mars, Israël a ouvert une enquête et l'Union européenne a réclamé une "protection totale" des données personnelles. Le titre a perdu 2,66% malgré les excuses, tardives, de son patron Mark Zuckerberg la veille, portant sa chute depuis lundi à près de 11%, soit environ 50 milliards de dollars de capitalisation boursière.

"L'administration américaine ne va pas s'asseoir et ne rien faire. On parle depuis des années de régulation de ces géants de l'internet. Cela semble se concrétiser désormais", a commenté Mme Ogg.

Ligne rouge

Ce climat de scepticisme a entraîné l'ensemble des valeurs technologiques vers le bas, à l'instar d'Amazon (-2,39%), Alphabet (maison mère de Google, -3,73%), Twitter (-4,67%). L'indice regroupant les valeurs technologiques au sein du S&P 500 a perdu quant à lui 2,69%. Il a perdu plus de 5% depuis lundi 19 mars. Les annonces de la banque centrale américaine (Fed) mercredi 21 mars à l'issue d'une réunion de deux jours ont également pesé un peu sur les marchés selon plusieurs analystes, l'institution ayant relevé sa perspective de hausse de taux d'intérêt supplémentaires pour 2019.

La démission jeudi 22 mars de l'avocat dirigeant l'équipe qui conseille M. Trump dans l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une éventuelle collusion entre son équipe de campagne et Moscou, John Dowd a également inquiété Wall Street. "Nous avons franchi une ligne rouge", dans les démêlées judiciaires de la présidence, a indiqué Art Hogan de Wunderlich Securities, Jack Ablin de Cresset Wealth Advisors affirmant qu'"il s'agit d'un nouveau facteur d'instabilité problématique à la Maison Blanche".

AFP/VNA/CVN


 
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