01/04/2018 14:30
Le Vietnam ne s’inquiète pas des taxes douanières décidées par Donald Trump. Hoà Phat, Hoa Sen, Nam Kim…, les figures de proue de l’industrie nationale de l’acier, n’exportent que peu vers les États-Unis. Les influences sont donc réelles mais limitées.
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Le président américain Donald Trump vient de signer début mars deux documents instaurant des taxes douanières de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium. Un acte au nom du protectionnisme américain, qui interroge sur les futurs échanges. Quelles conséquences pour le Vietnam ? En réalité, le pays vend peu d’acier sur le marché américain.

Le marché américain représente seulement 11% des exportations totales d’acier du Vietnam. 
Photo : VNA/CVN

Retombées pour le Vietnam

Le ministère vietnamien de l’Industrie et du Commerce a affirmé que les produits vietnamiens expédiés vers les États-Unis avaient pour but de servir aux ouvrages civils et non aux infrastructures nationales ou à celles de sécurité nationale. Ces produits ne concurrencent pas directement ceux des États-Unis. De plus, le volume d’acier et d’aluminium importé du Vietnam reste modeste parmi le total de ces produits importés par les États-Unis, n’affectant pas les producteurs américains.

Le ministère vietnamien a donc proposé à l’administration américaine d’examiner le retrait des produits vietnamiens de la liste de ceux subissant des mesures de limitation des importations. Il suivra attentivement cette affaire et examinera des mesures pour protéger les intérêts légitimes des entreprises vietnamiennes concernées.

En fait, le marché américain ne représente pas une grande proportion des exportations des entreprises sidérurgiques vietnamiennes. Selon les estimations, Hoa Sen et Nam Kim, deux grands exportateurs d’acier du Vietnam notamment vers les États-Unis, n’ont écoulé en 2016 pas plus de 5% de leur production totale sur ce marché.

En effet, les conditions d’exportation vers le marché américain sont peu favorables aux entreprises vietnamiennes (envergure des contrats, frais de transports…). Ces exportations vers les États-Unis sont donc des opérations marginales. Les principaux débouchés de l’acier du Vietnam sont les pays de l’ASEAN. En 2017, il en a exporté 2,4 millions de tonnes vers l’ASEAN, constituant près de 60% de ses exportations, tandis qu’il n’a vendu que 470.000 tonnes vers le marché américain, soit 11%. 

Au dire d’experts, si le Vietnam améliore la gestion de sa production d’acier, en assurant la maîtrise de la chaîne de production de bout en bout, ses entreprises auront l’occasion d’élargir leurs exportations à des marchés plus difficilement accessibles comme les États-Unis, l’Europe et l’Australie. L’origine des produits devrait notamment être validée par un certificat, gage de qualité et assurance d’un produit fait au Vietnam à 100%.

L’OMC : un recours envisagé

L’Association de l’acier du Vietnam a indiqué travailler à l’élaboration d’une stratégie pour faire face à la hausse des taxes d’importation d’acier et d’aluminium aux États-Unis. Elle a également fait savoir qu’elle travaillait main dans la main avec des organes nationaux comme le Département de gestion de la concurrence du Vietnam, celui de l’import-export (ministère de l’Industrie et du Commerce), et les entreprises du secteur afin de mettre en place cette stratégie.
Des options s’offrent à eux, jusqu’au recours devant l’OMC si besoin, pour s’opposer à la mesure de Washington et aux risques qu’elle fait planer sur les entreprises vietnamiennes.

Pour sa part, le Département de la défense commerciale du ministère de l’Industrie et du Commerce a indiqué surveiller la situation de près et travailler en étroite collaboration avec acteurs nationaux et internationaux. Ledit ministère a proposé à l’administration américaine de réexaminer sérieusement l’application des mesures de limitation des importations d’acier et d’aluminium provenant du Vietnam, ce afin d’assurer le respect des règlements de l’OMC et des règlements bilatéraux, pour le bien des entreprises vietnamiennes.
 
Thê Linh/CVN

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