01/05/2018 19:17
En écartant toute hausse d'impôt pour compenser la suppression de la taxe d'habitation et la reprise d'une partie de la dette de la SNCF, le gouvernement a mis sous cloche le danger de grogne fiscale... au risque de compromettre ses objectifs budgétaires.

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Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, ici à l'Élysée le 27 avril.
Photo: AFP/VNA/CVN


Réduire le déficit public à 0,9% du Produit intérieur brut (PIB) en 2020 puis 0,3% en 2021, avant de ramener les comptes publics à l'équilibre en fin de quinquennat: voilà ce à quoi s'est engagé le gouvernement en présentant mi-avril sa trajectoire budgétaire sur cinq ans.

Des objectifs ambitieux, mais annoncés avant deux décisions lourdes de conséquences: la reprise partielle en 2020 de la dette de SNCF Réseaux, évaluée actuellement à 47 milliards d'euros, et la suppression sans contrepartie, en 2020 là encore, de la taxe d'habitation pour les 20% de Français les plus aisés encore assujettis à cet impôt.

"Il n'y aura pas de tour de passe-passe où l'on supprime des milliards pour aller les chercher ailleurs", a promis vendredi 27 avril le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, à propos de la taxe d'habitation. "L'idée générale du gouvernement et du président est de baisser les impôts", a-t-il ajouté.

La suppression totale de la taxe d'habitation avait été annoncée en novembre par Emmanuel Macron, contraint de prendre en compte les risques constitutionnels planant sur sa réforme - qui prévoyait à l'origine de supprimer cet impôt uniquement pour 80% des ménages.

Mais jusqu'à présent, le gouvernement avait entretenu le flou sur le financement de ce geste fiscal supplémentaire, chiffré à près de neuf milliards d'euros par Bercy, liant cette réforme à une refonte plus globale de la fiscalité locale.

Concernant la dette de la SNCF, au coeur de multiples spéculations, le gouvernement a également montré patte blanche. "C'est bien l'argent du contribuable qui va payer la facture" mais "il n'y aura aucune augmentation d'impôt et aucun impôt nouveau", a martelé Gérald Darmanin.

Un message très politique, alors que le spectre du ras-le-bol fiscal plane sur ce début du quinquennat. "Le gouvernement a sans doute en tête ce qui s'est passé sous François Hollande. Il veut éviter ce genre d'erreur", observe Antoine Bozio, directeur de l'Institut des politiques publiques (IPP).

 

AFP/VNA/CVN

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