07/06/2017 16:56
La situation réelle de l’emploi pour les étudiants diplômés du Département de langue et de civilisation françaises de l’Université de langues et d’études internationales (relevant de l’Université nationale de Hanoï) a fait l’objet d’une table ronde, le 6 juin dans les locaux de cette école. L’objectif était de connaître les besoins des recruteurs afin d’améliorer l’enseignement pour donner plus d’opportunités d’emploi aux étudiants de ce département.
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Panorama de la table ronde, le 6 juin au Département de langue et de civilisation françaises de l’Université de langues et d’études internationales.
Photo : Huong Giang/CVN

La table ronde comprenait des représentants d’entreprises utilisant le français comme langue de travail, de jeunes diplômés et des enseignants du Département de langue et de civilisation françaises et de l’Université nationale de Hanoï. Particularité de l’événement, les invités étaient tous d’anciens étudiants de ce département, devenus aujourd’hui des chefs d’entreprise.

Nguyên Thu Hà, rédactrice en chef du Courrier du Vietnam de l’Agence Vietnamienne d’Information (VNA), l’unique journal en langue française du Vietnam, a partagé ses expériences depuis sa sortie de l’école en 1991 jusqu’à sa réussite professionnelle actuelle. Selon elle, ses cinq années d’étude du français à l'université ne suffisaient pas pour pratiquer directement son métier dès en début de carrière. C’est son travail supplémentaire en tant que guide touristique qui lui a permis d’enrichir ses connaissances et de remédier à ses lacunes. Elle a également indiqué que lors du dernier recrutement de la VNA, aucun candidat reçu n’était issu du Département de langue et de civilisation françaises, expliquant cela par un niveau et un dynamisme inférieurs de ses jeunes diplômés en comparaison de ceux issus d’autres universités. Ses suggestions : il faut changer les modalités d’enseignement. Au lieu d’utiliser d’anciens manuels, les enseignants devraient faire travailler leurs étudiants sur l’actualité nationale et mondiale. Par ailleurs, il est important pour le département d’effectuer des échanges d’étudiants avec des universités francophones à l’étranger.

Nguyên Xuân Hai, étudiant à ce Département de 1989 à 1994 et aujourd’hui directeur du voyagiste Lapalanche, s’est inscrit en sortie d’études en 1994 à Vietnam Tourisme en tant que collaborateur. Après un an d’accompagnement de touristes français dans la visite de divers sites du pays, ses connaissances étaient supérieures à celles acquises durant ses cinq années d’études. «L’enseignement théorique doit être remplacé par la pratique, en invitant des recruteurs à venir parler avec les étudiants de leurs emplois et de leurs besoins réels, ce qui permettra aux étudiants de s’orienter vers leurs futurs métiers», a suggéré Nguyên Xuân Hai. Il a alors proposé une collaboration avec le Département en invitant des étudiants à venir travailler comme guide touristique en haute saison, c’est-à-dire de mars à avril, et d’octobre à novembre.

Trân Quang Hiêu, diplômé du Département en 1996 et directeur d’AMICA Travel, a exprimé ses préoccupations devant les problèmes de manque de personnel francophone dans le secteur du tourisme. «Je ne parviens pas à embaucher trois employés parlant français pour le service clientèle. De même pour le poste d’interprète pour une croisière dans la baie de Ha Long, ou dans un hôtel de la province de Ninh Binh, à 120 km au sud de Hanoï».

Selon lui, le marché de l’emploi pour les étudiants de français n’est pas tout noir. L’important est d’équiper les étudiants de solides connaissances de base et du savoir-faire.
 
Privilégier la formation
à temps partiel en entreprise

 
Le secteur touristique a un fort besoin en guides francophones.
Photo : CTV/CVN

Tous les jeunes diplômés invités à cette table ronde ont des emplois stables, en relation avec la langue qu’ils ont apprise. C’est le cas de Mai Tân de la Télévision de Hanoï. Elle était l’une des 13 admis sur les 200 candidatures au concours de recrutement. Mai Tân a confié que le français demeurait son atout dans son travail actuel. Mais elle regrette de ne pas avoir eu de telles rencontres lorsqu’elle était étudiante. «Beaucoup d'étudiants étaient dans un grand embarras dans leur recherche d’emploi après leur sortie de l'école. Si en cette période, il y avait de telles rencontres, nous aurions de meilleures orientations professionnelles», a-t-elle partagé.

Quant à Manh Linh, diplômé en 2016, il a choisi le français en tant qu’«obligation» quand il a échoué le concours d’entrée dans le Département du japonais. Plusieurs amis de sa classe étaient alors dans le même état d’esprit que lui : déçus, et moins de passion pour le français... Heureusement, il a reçu l’aide d’un oncle qui était un enseignant de français. Il suivait également un cursus en anglais et a obtenu un double diplôme. Aujourd’hui, il travaille pour plusieurs compagnies de tourisme et gagne bien sa vie. Fort de son expérience, Manh Linh a souhaité que les programmes d’enseignement soient attachés à la réalité et que les enseignants fassent parler davantage leurs étudiants. «De nombreuses opportunités d’emploi attendront les étudiants de français s’ils ont de bonnes compétences langagières», a-t-il affirmé.

Cette table ronde a réellement été enrichissante pour les enseignants, selon Dinh Hông Vân, le doyen du Département de langue et de civilisation françaises. Il a affirmé sa détermination à généraliser ce modèle de rencontre dans son Département en invitant régulièrement des recruteurs d’entreprises à donner des cours aux étudiants.

Ngân An/CVN
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