06/06/2019 18:51
Une table ronde sur la vie et la traduction en vietnamien des œuvres de l’écrivain français d'origine tchèque Milan Kundera a eu lieu le 5 juin à L'Espace - Institut français de Hanoï.
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Table ronde "Milan Kundera ou un nom immortel", le 5 juin à L'Espace - Institut français de Hanoï.


Afin de célébrer le 90e anniversaire de l’écrivain tchèque naturalisé français Milan Kundera, mercredi soir 5 juin, a eu lieu une table ronde sur sa vie et ses influences. Elle a été coorganisée par L'Espace - Institut français de Hanoï et la Maison d’édition Nha Nam, à l’occasion de la réédition de trois romans de Kundera.

"La beauté de chaque mot a touché profondément mon cœur dès mon enfance", s’est exclamée la réalisatrice vietnamienne Nguyên Hoàng Diêp, qui a raconté son amour pour les romans de Milan Kundera.

Pourtant, traduire ses œuvres en vietnamien s’avère assez difficile. Nguyên Ngoc, le premier traducteur de l'écrivain et l'un des traducteurs les plus expérimentés au Vietnam, a une trentaine d'années au travail, de la première œuvre de Kundera traduite en vietnamien L'art du roman (1986) jusqu’à la dernière La fête de l'insignifiance (2014).

"Kundera est implacable avec les traductions. La version française de ses œuvres, qui est directement corrigée par lui-même, est la seule version acceptée par Kundera au côté de la version tchèque, a partagé Nguyên Ngoc. La Maison d’édition Nha Nam a dû négocier pendant des années, afin que la traduction en vietnamien soit acceptée par l’auteur".

En réalité, Pham Xuân Nguyên est l’auteur de la première publication en vietnamien de Kundera.

"J'ai lu +L'immortalité+ en novembre 1994 dans un magazine russe, et je l’ai traduit immédiatement, comme un besoin naturel, s’est-il rappelé. Trois ans après, ma traduction est apparue dans le N°1 du magazine +Romans étrangers+ de la Maison d’édition de l'Association des écrivains du Vietnam, en janvier 1999".


Apporter Kundera aux lecteurs vietnamiens
 

De gauche à droite: le chercheur Pham Xuân Nguyên, l'écrivain Nguyên Ngoc et la réalisatrice Nguyên Hoàng Diêp.


Malgré le renom de plus en plus élevé des œuvres de Kundera, celles-ci ne sont toujours pas assez connues chez les lecteurs vietnamiens. Les intervenants ont remarqué cette réalité, lorsque cet auteur français lui-même n'a fait aucune présentation sur ses livres, et n'a organisé presque jamais des rencontres avec le public.

Nguyên Ngoc et Pham Xuân Nguyên ont conclu que les exigences de Kundera limiteraient la passion chez les nouveaux traducteurs.

"Notre groupe comprend quatre traducteurs, dont l'un qui ne traduit qu'à partir de la version anglaise (Y Nhu). Il est super compétent, c’est le seul Vietnamien que l'on connaît qui peut traduire le titre de +L'insoutenable légèreté de l'être+ de manière la plus correcte possible (+Đời nhẹ khôn kham+). Cependant, sa traduction du roman a été rejetée par Kundera", a souligné Pham Xuân Nguyên.

"Traduire Kundera, c'est aussi comprendre sa vie. Depuis quelques années, je m'intéresse plutôt à ses œuvres sur la recherche et la conception de l’écriture. Mais je crois que cette étape n'est pas toujours évidente pour les jeunes ou nouveaux traducteurs", a remarqué Nguyên Ngoc.

Les intervenants étaient contents de voir la réédition en vietnamien des trois romans La plaisanterie (1967), L'insoutenable légèreté de l'être (1982) et L'Immortalité (1990) par la Maison d’édition Nha Nam. Ele fait partie de la grande collection en vietnamien de Kundera, qui ajoutera bientôt d’autres traductions importantes.

"N'oublions pas qu’au Vietnam, on a encore la traduction de +La valse aux adieux+, de +La lenteur+, de +L'art du roman+, de +La vie est ailleurs+, de +La fête de l’insignifiance+ et du +Livre du rire et de l'oubli+. J’apporte aujourd’hui ma traduction de +L'ignorance+, qui sera publiée par Nha Nam fin 2019. Je crois que Kundera possède déjà une riche collection en vietnamien!", a confié Pham Xuân Nguyên.

Texte et photos: Dang Duong/CVN
 


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