13/12/2018 08:41
La principale milice kurde de Syrie a réagi mercredi 12 décembre aux menaces d'Ankara de lancer une nouvelle offensive dans le pays en guerre en assurant que toute opération turque affecterait sa propre bataille contre le groupe État islamique (EI).

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Un combattant de l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes à Qamichli, le 6 décembre.
Photo: AFP/VNA/CVN


Les Unités de protection du peuple (YPG), principale milice kurde de Syrie et partenaires de Washington dans la lutte contre l'EI dans ce pays, ont aussi rappelé que les États-Unis avaient des "engagements" vis-à-vis des Kurdes.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé mercredi 12 décembre le lancement "dans les prochains jours" d'une offensive contre les territoires tenus par les forces kurdes dans le Nord de la Syrie.

Ankara considère les YPG comme un groupe "terroriste" mais la milice est surtout l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS). Cette alliance de combattants kurdes et arabes, soutenue par la coalition internationale antijihadistes emmenée par Washington, lutte dans l'Est syrien pour chasser l'EI de son ultime bastion.

"Les menaces (turques) coïncident avec l'avancée de nos forces contre les terroristes, marquée par l'entrée dans la ville de Hajine", a indiqué mercredi 12 décembre le porte-parole des YPG, Nouri Mahmoud.

Hajine fait partie des derniers territoires tenus par l'EI dans l'est syrien, non loin de la frontière irakienne.

"Sans aucun doute, toute attaque sur le Nord syrien aura un impact direct sur la bataille de Hajine", a mis en garde M. Mahmoud, en estimant qu'en cas d'opération turque, les forces kurdes combattant à Hajine rentreront "pour défendre leur région et leur famille".

Le porte-parole a rappelé que "les menaces turques ont déjà été responsables de l'arrêt de l'opération" il y a quelques semaines. Fin octobre, les FDS avaient en effet annoncé la suspension temporaire de leur offensive contre l'EI, en réaction à des bombardements turcs contre des positions militaires kurdes dans le Nord syrien.

"En cas d'attaque, nous allons utiliser le droit de légitime défense pour nos régions et nous résisterons jusqu'au bout", a martelé M. Mahmoud, rappelant que "les 
États-Unis et les pays de la coalition ont des engagements vis-à-vis du Nord syrien".

Les déclarations de M. Erdogan surviennent au lendemain de l'annonce par Washington de l'installation, en dépit de la ferme opposition d'Ankara, de postes d'observation censés empêcher toute altercation entre l'armée turque et les YPG dans le Nord syrien.

"Les postes d'observations à la frontière (...) c'est pour prouver que la sécurité turque n'est pas menacée", a insisté le porte-parole des YPG.

La minorité kurde de Syrie, opprimée durant des décennies par le pouvoir de Damas, a profité du conflit qui ravage le pays depuis 2011 pour instaurer dans ses zones une administration semi-autonome.

La Turquie craint que cette autonomie de facto ne galvanise les velléités séparatistes sur son sol.


AFP/VNA/CVN

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