18/02/2019 09:11
Le président américain Donald Trump a exhorté les pays européens à rapatrier leurs ressortissants retenus en Syrie après avoir rallié le groupe État islamique, alors que le "califat" de l'EI devrait rendre prochainement son dernier souffle dans le réduit de Baghouz (Est).

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Un membre des Forces démocratiques syriennes sur la ligne de front dans le village de Baghouz, le 17 février en Syrie. Photo: AFP/VNA/CVN


Les ressortissants sont Français, Allemands, Irlandais, Italiens, Britanniques ou encore Canadiens. Ces dernières années, des centaines d'étrangers ont été arrêtés par l'Alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) au fil des batailles menées contre l'EI en Syrie.


Aujourd'hui, ces combats touchent à leur fin et dans l'Est du pays, quelques jihadistes se retrouvent pris au piège dans une poche de moins d'un-demi kilomètre carré dans le village de Baghouz.

Mais l'offensive "finale" des FDS dans cette région frontalière de l'Irak piétine, malgré le soutien de la coalition internationale antijihadistes emmenée par Washington.

Aux abords de Baghouz, une équipe de l'AFP a pu entendre des tirs au mortier menés, selon les FDS, par les forces de la coalition. Des coups de feu crépitent par moment tandis que le vrombissement des avions retentit dans le ciel.

Perché sur le toit d'une maison proche du front, le combattant Sheldar Hassakeh explique à l'AFP que la fréquence radio utilisée par les talkies-walkies des jihadistes s'est tue. "Leur zone de contrôle est vraiment réduite et ils n'ont plus autant de talkies-walkies. Ils ne se parlent plus autant", précise-t-il. Ce combattant des FDS à la carrure baraquée raconte que les jihadistes échangeaient en langage codé: "Pour demander des munitions, ils disaient, +vous avez cinq caisses de tomates+".

 

Des civils ayant fui l'ultime réduit du groupe jihadiste État islamique en Syrie rassemblés dans une plaine de la province orientale de Deir Ezzor, le 13 février. Photo: AFP/VNA/CVN


Retour en Europe? 

Si les jihadistes sont mis en déroute, l'épineux dossier des étrangers de l'EI retenus par les forces kurdes n'est toujours pas tranché. Les hommes sont en prison, les femmes et les enfants dans des camps de déplacés.

Via Twitter, le président Trump s'est lancé dans une diatribe contre les puissances européennes qui tergiversent.

"Les 
États-Unis demandent à la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et aux autres alliés européens de reprendre plus de 800 combattants de l'EI que nous avons capturés en Syrie afin de les traduire en justice", a-t-il martelé, dans la nuit de samedi 16 à dimanche 17 février"Il n'y a pas d'alternative car nous serions forcés de les libérer. Les États-Unis ne veulent pas que ces combattants de l'EI se répandent en Europe", a-t-il prévenu.


"Judiciarisés et incarcérés" 

Paris, Bruxelles et Berlin ont réagi dimanche 17 février aux propos du président américain.

"Ce sont les Kurdes qui les détiennent (les jihadistes français, ndlr) et nous avons toute confiance dans leur capacité à les maintenir" en détention, a répliqué sur BFMTV le secrétaire d'
État français à l'Intérieur, Laurent Nuñez. "Quoi qu'il en soit, si ces individus reviennent sur le territoire national, ils seront tous judiciarisés et incarcérés", a-t-il ajouté.

Après sa réticence initiale, Paris semble envisager le retour de ces ressortissants. Une source proche du dossier en France a évoqué le cas de 150 Français, dont 90 mineurs.

En Belgique, le ministre de la Justice, Koen Geens, a réclamé une "solution européenne", appelant à "réfléchir tranquillement et regarder ce qui comporte le moins de risques sécuritaires".

"Nous avons actuellement dans le Nord de la Syrie surtout des mères et des enfants, mais également quelques combattants qui sont connus", a-t-il précisé sur la chaîne publique flamande VRT.

En Allemagne, des sources au ministère des Affaires étrangères ont indiqué que Berlin examinait "des options pour permettre aux ressortissants allemands de quitter la Syrie, en particulier les cas humanitaires".


AFP/VNA/CVN

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