15/10/2017 16:37
Les jihadistes du groupe État islamique (EI), Syriens et étrangers, seront évacués de Raqa en vertu d'un accord dévoilé samedi 14 octobre pour cette ville du Nord syrien, en passe d'être reconquise par des combattants kurdes et arabes.
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Destructions à Raqa, en Syrie, le 2 octobre 2017. Photo : AFP/VNA/CVN

Selon les termes de l'accord, les combattants étrangers pourront se rendre, ou embarquer dans des bus pour être évacués probablement vers la province voisine de Deir Ezzor, a indiqué Omar Allouche, un haut responsable du Conseil civil de Raqa. Cette administration locale était chargée de mener, avec des figures tribales, les négociations qui devaient permettre la reprise totale de Raqa aux jihadistes, et l'évacuation des civils, parfois utilisés comme boucliers humains.

Dans un premier temps, la coalition internationale antijihadistes emmenée par Washington avait annoncé un "accord" et "des évacuations". Elle avait précisé qu'un "convoi" quitterait la ville samedi 14 octobre mais n'avait pas évoqué le sort des jihadistes syriens. Selon la coalition, les combattants étrangers seraient exclus de l'accord.

"Le communiqué de la coalition dit quelque chose, mais la réalité est autre", a indiqué M. Allouche. "Oui, les combattants étrangers font partie de l'accord", a-t-il martelé. Trois ans après sa fulgurante ascension en Irak et en Syrie, l'EI se trouve acculé dans ses derniers fiefs et voit son "califat" autoproclamé en 2014 s'écrouler face aux offensives soutenues par les États-Unis ou la Russie.

Quatre cent otages

À Raqa, cela fait plusieurs semaines que les jihadistes sont retranchés dans leurs derniers réduits, alors que les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS) ont progressivement repris près de 90% de la ville, grâce à l'appui des frappes aériennes de la coalition.

Jusqu'à 500 jihadistes, des Syriens et des étrangers, pourraient être encore retranchés dans Raqa, selon M. Allouche. "Ils ont 400 otages, des femmes et des enfants, dans l'hôpital" de la ville a-t-il précisé. "Les combattants étrangers ont deux choix : se rendre ou être évacués par des bus", a souligné le haut responsable, évoquant comme possible destination la province de Deir Ezzor (est), où l'EI contrôle encore de larges territoires.

Des civils syriens quittent Raqa, le 12 octobre 2017. Photo : AFP/VNA/CVN

M. Allouche a également fait parvenir à l'AFP un communiqué rédigé par des notables tribaux annonçant que les FDS avaient donné leur accord pour "la sortie des combattants syriens" et qu'un "mécanisme" pour leur évacuation était à l'étude. Dans un premier temps, la coalition expliquait que l'accord trouvé avait pour objectif de "minimiser les pertes civiles". "Les gens qui quittent Raqa en vertu de l'accord seront fouillés" et leur identité sera vérifiée, selon le communiqué.

Elle s'était auparavant montrée intraitable concernant le sort des jihadistes étrangers : ils "ne sont pas autorisés à quitter Raqa", a-t-elle dit, prédisant "des combats difficiles dans les jours à venir".

Cet été, une évacuation de jihadistes depuis la région frontalière entre le Liban et la Syrie vers la région de Deir Ezzor avait déjà suscité des réactions hostiles de la part de la coalition, qui avait lancé des raids pour empêcher un convoi d'arriver près de l'Irak. Plusieurs pays occidentaux craignent que la démobilisation de l'EI en Syrie et en Irak n'entraîne un retour dans leur pays des jihadistes qui pourraient constituer un danger.

C'est notamment de Raqa qu'auraient été planifiés les spectaculaires attentats de l'EI qui ont frappé l'Europe ces dernières années.

AFP/VNA/CVN
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