17/04/2018 09:37
Les experts de l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) n'avaient toujours pas pu entrer lundi 16 avril dans la ville syrienne de Douma pour y enquêter sur l'attaque au gaz présumée du 7 avril, la Russie invoquant des "problèmes de sécurité" et assurant que leur arrivée aurait lieu mercredi 18 avril.
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Dans Douma, le 16 avril. Photo : AFP/VNA/CVN

La mission de l'OIAC "n'a pas encore été déployée à Douma", a annoncé lundi 16 avril à La Haye le directeur de l'organisation, Ahmet Uzumcu, lors d'une réunion d'urgence des États membres du conseil exécutif. La Syrie et la Russie ont invoqué des "problèmes de sécurité", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a nié toute mauvaise volonté, qualifiant les informations faisant état d'une "entrave" aux inspecteurs de l'OIAC de "sans fondement" et soulignant que la Russie était dès le début "pour une enquête impartiale". Confirmant des "problèmes de sécurité", et notamment le fait que les routes menant à Douma devaient encore être débarrassées des mines, l'ambassade de Russie auprès de l'OAIC a ensuite assuré que l'arrivée des experts à Douma était prévue mercredi 18 avril.

La tension internationale ne faiblit pas après les frappes de représailles menées samedi 14 avril par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni contre des sites militaires du régime de Bachar al-Assad, à la suite de l'attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville alors rebelle de Douma, dans la Ghouta, aux portes de Damas.

Travail d'enquête compliqué

Les frappes occidentales, d'une ampleur inédite, sont intervenues malgré la présence en Syrie des enquêteurs de l'OIAC qui ont débuté dimanche 15 avril leur mission dans le plus grand secret. Ces experts ont pour mandat d'enquêter sur l'utilisation éventuelle d'armes chimiques, mais pas d'en identifier les auteurs.

Fiche sur l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques.
Photo : AFP/VNA/CVN

Leur travail s'annonce compliqué, plus d'une semaine après les faits, dans une zone passée depuis sous le contrôle du régime syrien et de la police militaire russe. Les derniers combattants rebelles de Douma ont quitté samedi 14 avril la ville en ruines dans le cadre d'un accord de reddition signé le 9 avril, deux jours après l'attaque présumée.

Les Etats-Unis soupçonnent par ailleurs la Russie d'avoir manipulé le site de Douma pour empêcher la découverte de preuves. "Les Russes pourraient avoir visité le site de l'attaque. Nous craignons qu'ils ne l'aient altéré dans l'intention de contrecarrer les efforts de la mission de l'OIAC pour mener une enquête efficace", a déclaré l'ambassadeur américain auprès de l'organisation, Ken Ward. "Cela soulève de sérieuses questions sur la capacité de la mission d'enquête de faire son travail", a-t-il ajouté.

Moscou, grand allié de Damas, s'est engagé à "ne pas s'ingérer" dans le travail de la mission de l'OIAC, officiellement invitée par les autorités de Damas. Le régime syrien nie que des armes chimiques aient été employées dans le drame de Douma, qui a fait au moins 40 morts et des centaines de blessés, selon les secouristes.

AFP/VNA/CVN


 
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