25/09/2016 17:59
Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit dimanche 25 septembre, à la demande des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, qui pressent la Russie de sauver la trêve en Syrie et d'enrayer l'escalade de la violence à Alep.
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Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.
Photo : AFP/VNA/CVN


La nouvelle pluie de bombes larguées samedi 24 septembre sur les quartiers rebelles de la grande ville du Nord du pays a tué au moins 45 civils, selon une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). 

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit "consterné" par une "escalade militaire épouvantable". L'Union européenne a dénoncé "une violation du droit humanitaire international". 

Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont demandé une réunion en urgence du Conseil de sécurité, qui se tiendra dimanche 25 septembre à 11h00 heure locale (15h00 GMT). 

Les États-Unis, l'Union européenne et les ministres des Affaires étrangères de quatre pays de l'UE (France, Italie, Allemagne et Grande-Bretagne) ont déclaré dans un communiqué commun que le rétablissement d'une trêve en Syrie dépendait de la Russie. 

"Il appartient à la Russie de prouver qu'elle est disposée et qu'elle est capable de prendre des mesures exceptionnelles pour sauver les efforts diplomatiques" en vue de rétablir la trêve, déclarent les Occidentaux. 

Dans leur texte, rédigé en termes très fermes, les signataires lancent un avertissement à Moscou, qu'ils tiennent pour responsable de la rupture de la trêve et de la reprise des hostilités à Alep. 

"La patience devant l'incapacité ou le refus persistants de la Russie de tenir ses engagements n'est pas infinie", déclarent-ils. 

Une trêve d'une semaine négociée par les États-Unis et la Russie a pris fin lundi dernier 19 septembre et les efforts diplomatiques pour tenter de la rétablir ont échoué. 
 

Un tracteur déblaye les ruines d'un immeuble détruit par une frappe aérienne dans un quartier rebelle d'Alep.

Photo : AFP/VNA/CVN


Privés d'eau
 

Ajoutant à leurs souffrances, les habitants de la deuxième ville de Syrie ont été privés d'eau samedi 24 septembre à cause des bombardements, selon l'UNICEF. 

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a affirmé samedi 24 septembre à l'ONU que l'armée de Damas enregistrait d'importants succès militaires, aidée par la Russie, l'Iran et le Hezbollah libanais, et il s'est déclaré confiant dans une victoire finale. 

Alep est un enjeu majeur du conflit syrien, qui a fait plus de 300.000 morts depuis 2011 et engendré la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale. Le régime de Bachar al-Assad en contrôle la partie ouest et assiège la partie est, tenue par les insurgés. 

La guerre en Syrie et la situation dans la deuxième ville du pays ont été au cœur de plusieurs réunions cette semaine à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Mais Russes et Américains n'ont pas réussi à s'entendre sur un nouveau cessez-le-feu. 

La dernière trêve des combats, initiée par Washington et Moscou, qui soutiennent des camps opposés dans ce conflit complexe, avait volé en éclats une semaine après son entrée en vigueur le 12 septembre. 

Depuis la fin de cette trêve, les frappes ont repris de plus belle sur Alep et l'armée syrienne a annoncé jeudi 22 septembre le début d'une vaste offensive avec "des opérations de reconnaissance et de bombardements" en prélude à "une opération terrestre" pour reprendre la totalité de la ville. 

Les habitants sont restés terrés chez eux samedi 24 septembre et rares ont été les personnes à s'aventurer dehors. Sept d'entre elles ont été fauchées par une bombe alors qu'elles faisaient la queue pour acheter du yaourt dans le quartier de Boustane al-Qasr, d'après l'OSDH. 

Corps déchiquetés 

Le correspondant de l'AFP a décrit une scène tragique, avec une mare de sang et des parties de corps déchiquetées sur le sol. Les cliniques étaient débordées par l'arrivée des nombreux blessés, dont beaucoup gémissaient de douleur au sol, faute de lits. 

Des habitants et militants ont décrit l'utilisation d'un nouveau type de projectiles qui secoue le sol comme un tremblement de terre, fait s'écrouler un immeuble de plusieurs étages comme un château de cartes et en détruit également le sous-sol, où les habitants trouvent habituellement refuge. 

Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré qu'Alep vivait "son bombardement le plus intense et soutenu depuis le début du conflit syrien". 

Il a fait état "d'informations persistantes sur des raids aériens impliquant des armes incendiaires et des munitions perfectionnées comme des bombes capables de perforer des bunkers" et affirmé que "l'apparente utilisation systématique" de ces bombes dans des zones habitées "pouvait constituer des crimes de guerre". 

Lors d'une conférence de presse à Istanbul, la coalition de l'opposition syrienne en exil a appelé samedi 24 septembre la communauté internationale à agir pour "faire cesser les massacres".
 

AFP/VNA/CVN

 

 

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