29/02/2020 15:45
Les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan se sont entretenus vendredi 28 février pour tenter de maîtriser la brusque escalade dans le Nord-Ouest de la Syrie, après la mort de plus de trente soldats turcs dans des frappes du régime de Damas, auquel la Russie est alliée.
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Des rebelles du Front de libération nationale syrien effectuent des tirs d'artillerie en direction des foces du régime dans la province d'Idleb, le 28 février. Photo : AFP/VNA/CVN

Après avoir essuyé ses plus lourdes pertes en une seule attaque depuis le début de son intervention en Syrie en 2016, la Turquie a réclamé le soutien de la communauté internationale, brandissant la menace d'un nouveau flux de migrants vers l'Europe.

Dans une gare routière à Istanbul, des dizaines de personnes, notamment des Afghans, s'entassaient dans des cars et des taxis à destination de la frontière grecque, où l'on pouvait voir des migrants marcher en file indienne au bord d'une route.

Jeudi 27 février, au moins 33 militaires sont morts dans des frappes aériennes attribuées par Ankara au régime syrien dans la région d'Idleb (Nord-Ouest de la Syrie). Les Turcs ont riposté, tuant 45 combattants syriens, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dix combattants du Hezbollah libanais qui luttent, selon l'OSDH, aux côtés des forces du régime syrien, ont été tués par des frappes turques près de Saraqeb, a-t-on ajouté de même source.

Par ailleurs, sept civils ont été tués dans des frappes attribués à l'aviation russe, selon l'OSDH.

Vendredi 28 février, un soldat turc a été tué et un autre blessé dans le Nord de la Syrie dans des tirs d'artillerie imputés par Ankara aux forces gouvernementales. La Turquie "continue en représailles de frapper des cibles du régime", a fait savoir le ministère de la Défense.

Cette poussée de fièvre risque d'aggraver la situation humanitaire déjà critique à Idleb, où près d'un million de personnes ont été déplacées ces derniers mois par l'offensive qu'y mène depuis décembre Damas.

Des rebelles syriens soutenus par la Turquie près de Taftanaz, dans la province d'Idleb, le 28 février. Photo : AFP/VNA/CVN

La Russie est "prête à œuvrer à une désescalade avec tous ceux qui le souhaitent", a déclaré vendredi l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

Il a réaffirmé que Moscou "n'avait pas participé aux attaques" de jeudi 27 février.

Une version mise en doute par un haut-responsable américain qui, sous couvert d'anonymat, a affirmé que toutes les opérations militaires du régime syrien étaient étroitement coordonnées avec la Russie.

"La Russie est responsable de cette offensive. Point final", a déclaré ce responsable. Penser que les "pathétiques forces militaires d'Assad" aient pu seules attaquer les Turcs et les rebelles "est risible", a-t-il affirmé.

M. Erdogan et le président américain Donald Trump se sont mis d'accord au cours d'un entretien téléphonique pour "prendre immédiatement des mesures supplémentaires en vue d'éviter une grande tragédie humanitaire" à Idleb, selon Ankara.

"Les deux dirigeants ont convenu que le régime syrien, la Russie et le régime iranien devaient stopper leur offensive avant que d'autres civils ne soient tués et déplacés", a fait savoir la Maison Blanche dans un communiqué.

Rencontre Erdogan-Poutine

Des Syriens déplacés arrivent au camp de Deir al-Ballut dans la campagne d'Afrin, le long de la frontière avec la Turquie, le 19 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

Dans la matinée, MM. Erdogan et Poutine ont eu une conversation téléphonique au cours de laquelle ils ont exprimé leur "sérieuse inquiétude" face à la situation à Idleb, a annoncé le Kremlin, ajoutant que ces deux dirigeants pourraient se rencontrer à Moscou la semaine prochaine.

Les affrontements entre forces turques et syriennes ont creusé un fossé entre la Turquie et la Russie, qui ont renforcé leur coopération depuis 2016 dans plusieurs domaines, comme le conflit syrien, la défense et l'énergie.

Vendredi 28 février, le ministère russe de la Défense a affirmé que les soldats turcs tués jeudi 27 février avaient été touchés car ils se trouvaient parmi des "unités combattantes de groupes terroristes", une version fermement démentie par Ankara.

Se voulant plus apaisant, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a présenté ses "condoléances" et affirmé que Moscou faisait "tout pour assurer la sécurité des soldats turcs" déployés en Syrie.

De nouvelles discussions entre responsables turcs et russes sur Idleb se sont déroulées à Ankara vendredi.

Ankara a réclamé la mise en place une zone d'exclusion aérienne à Idleb pour clouer au sol les avions du régime syrien et de Moscou, une requête qui a peu de chances d'aboutir.
 
AFP/VNA/CVN
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