08/03/2020 14:40
La région d'Idleb, théâtre depuis plusieurs mois d'une bataille acharnée et d'une grave crise humanitaire, connaît une rare accalmie vendredi 6 mars, au lendemain d'un accord de trêve dans le Nord-Ouest de la Syrie où Damas tente de reprendre des zones échappant à son contrôle.

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Dans le village de Kafr Lusin au nord-est d'Idlib au premier jour d'une trêve turco-russe, le 6 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

Ce cessez-le-feu, entré en vigueur à minuit (22h00 GMT jeudi 5 mars), a été conclu jeudi 5 mars entre la Russie --soutien de Damas-- et la Turquie --qui appuie des groupes rebelles.

Alors que le dirigeant syrien Bachar al-Assad s'est dit vendredi 6 mars "satisfait", selon un communiqué de sa présidence, Washington a annoncé s'opposer à l'adoption d'une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU soutenant cet accord, la jugeant "prématurée".

La trêve s'est maintenue durant la journée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et des correspondants de l'AFP.

Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a souligné "l'absence totale d'avions de guerre russes et du régime dans l'espace aérien d'Idleb", malgré "des affrontements intermittents et des échanges de tirs ont eu lieu lors des trois premières heures de vendredi, dans la nuit.

Ces accrochages ont fait six morts parmi les soldats syriens et au moins neuf parmi les jihadistes du Parti islamique du Turkestan (TIP) --dont les membres appartiennent majoritairement à la minorité musulmane ouïghoure de Chine.

À Damas, l'agence de presse officielle Sana a indiqué que "le calme régnait" sur l'ensemble de la région.

Jeudi 5 mars, le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan sont parvenus à un accord de cessez-le-feu au terme d'une réunion marathon à Moscou.

Cette trêve doit mettre fin à des violences ayant tué près de 500 civils, selon l'OSDH, et fait près d'un million de déplacés depuis le début, en décembre, d'une nouvelle offensive de Damas dans la région, d'après l'ONU.

"Aucune confiance"

Vue aérienne du camp de déplacés syriens à Dayr Hassan, le 5 mars dans la province d'Idleb. Photo : AFP/VNA/CVN


Selon l'accord de jeudi 5 mars, la Russie et la Turquie organiseront à partir du 15 mars des patrouilles communes sur une large portion de l'autoroute M4, un axe crucial pour Damas, reliant Alep (Nord) à Lattaquié (Ouest) en passant par la région d'Idleb.

Ces patrouilles conjointes circuleront entre le village de Tronba (à Idleb) et un village de la province de Lattaquié, un bastion du régime.

Mais les habitants d'Idleb sont pour le moins sceptiques.

Des dizaines de personnes ont manifesté dans la localité de Kafr Takharim (nord-ouest d'Idleb) contre l'accord, qui ne prévoit pas, selon eux, un retour des déplacés chez eux, a indiqué un correspondant de l'AFP sur place.

Ahmad Qaddour, qui vit dans un camp de déplacés avec son épouse et ses deux enfants, dit s'attendre au pire. "Nous n'avons aucune confiance dans le régime et la Russie", affirme ce père de famille de 29 ans.

Un précédent accord conclu entre Ankara et Moscou en septembre 2018 prévoyant l'instauration d'une zone "démilitarisée" pour éviter une nouvelle offensive de Damas est resté lettre morte.

Cet accord prévoyait également la réouverture, avant fin 2018, de deux autoroutes stratégiques : la M4 et la M5, qui relie Damas à la grande ville d'Alep.

Entretemps, le régime a continué de progresser sur le terrain jusqu'à s'emparer de la moitié de la province d'Idleb, et est parvenu à sécuriser par la force la totalité de la M5.

"Bonne volonté"
 

Carte de la province d'Idleb en Syrie, localisant les frappes aériennes russes près de la ville de Maaret Misrin. Photo : AFP/VNA/CVN

L'offensive lancée en décembre par Damas, avec l'appui de l'aviation russe, a par ailleurs entraîné une poussée de fièvre inédite avec la Turquie voisine.

L'armée turque est déployée dans le Nord syrien depuis 2016, où elle a installé 12 postes d'observation et soutient des groupes rebelles à Idleb.

"La position des 12 postes d'observation restera inchangée", a assuré vendredi le président turc.

Les affrontements directs entre Ankara et Damas, qui ont tué plus de 50 soldats turcs depuis février ainsi que des dizaines de soldats syriens, ont suscité des craintes d'un dérapage entre Moscou et Ankara et d'une crise migratoire en Europe.

Jeudi 5 mars, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a espéré que l'accord aboutisse "à une cessation des hostilités immédiate et durable" tandis que le Conseil de sécurité a prévu une réunion vendredi 6 mars.

De son côté, le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, s'est réjoui de l'accord saluant un "signe de bonne volonté", appelant toutefois à la prudence et à un accès pour l'aide humanitaire.

Le président français, Emmanuel Macron, a lui estimé que l'accord comportait un certain nombre "d'angles morts".

Quant au Programme alimentaire mondial (PAM), il a regretté le fait qu'il n'ait pas prévu "une zone de sécurité pour les déplacés".

Déclenché le 15 mars 2011 par des manifestations prodémocratie, le conflit syrien a fait plus de 380.000 morts et s'est complexifié au fil des années, avec l'implication de multiples acteurs régionaux et internationaux.
 

AFP/VNA/CVN

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