11/07/2018 17:55
Dans son taxi jaune, Abou Ayman sillonne la capitale syrienne depuis 40 ans. Mais, aujourd'hui, il chantonne volontiers derrière son volant, se réjouissant de voir disparaître un à un les barrages de sécurité qui rendaient infernale la circulation à Damas.
Une artère de la capitale syrienne Damas, avec en fond les portraits du président Bachar al-Assad et de son père Hafez, le 10 juillet.
Photo: AFP/VNA/CVN

Ces dernières semaines, les autorités syriennes ont progressivement supprimé une quinzaine de points de contrôle installés sur les grandes artères, qui provoquaient des bouchons parfois de plusieurs kilomètres au grand dam des automobilistes.

L'initiative intervient alors que l'armée syrienne et ses alliés ont récemment pu sécuriser la capitale et ses environs pour la première fois depuis des années en chassant jihadistes et rebelles de leurs derniers bastions.

Non loin de la place des Abbassides, en arrivant depuis l'autoroute, seuls demeurent les vestiges d'un ancien point de contrôle militaire: des baraques peintes aux couleurs du drapeau syrien, des blocs de béton en bordure de route, des panneaux de tôle perchés sur des barres de fer, surplombant l'avenue.

À quelques mètres seulement, se dresse le portrait du président Bachar al-Assad, placardé sur un panneau. "Quand ils enlèvent un nouveau barrage, je suis heureux. Mes clients respirent et sont contents, et c'est mieux pour la voiture", s'enthousiasme Abou Ayman, 62 ans, au volant de son véhicule coréen.

Trafic et colère

Depuis 2012, Damas a été à plusieurs reprises le théâtre d'attentats meurtriers, souvent revendiqués par des jihadistes.

Une artère de la capitale syrienne Damas, où un barrage a été levé, le 10 juillet. Photo: AFP/VNA/CVN

Les autorités avaient alors établi des dizaines de barrages sur les principales artères et entrées de la capitale, fouillant méticuleusement les véhicules et scrutant à la loupe les papiers d'identité des conducteurs et passagers.

La vigilance était particulièrement de mise dans les quartiers ouest, à portée des roquettes et obus lancés par les rebelles depuis la Ghouta orientale. Ou dans les secteurs sud, à proximité des dernières poches du groupe État islamique (EI).

Mais les jihadistes ont été évincés en mai, un mois après la reconquête de la Ghouta. Le gouvernorat de Damas et son comité de sécurité se sont alors mis à l'oeuvre.

"On attendait entre une demi-heure et une heure à chaque barrage, à cause des fouilles et des embouteillages", se souvient Abou Ayman.

Sur la place Tahrir, dans le centre-ville, habitants et commerçants ne cachent pas non plus leur soulagement.

Hausse des ventes

Dans le quartier, deux barrages ont été démantelés, et plusieurs rues secondaires ont été rouvertes. Elles étaient fermées depuis un attentat en 2013 ayant ciblé des locaux de sécurité.

Située dans le secteur, la station-essence aljed, l'une des principales de la capitale, ne vendait plus que des bidons d'essence: les voitures ne pouvait accéder au site à cause de la situation sécuritaire et des obus qui pleuvaient.

"Depuis 2013, nos ventes avaient baissé de plus de 100.000 litres par jour à 4.000 seulement", se souvient le comptable de la station, Abdel Rahim Awad.

Mais, "depuis la réouverture des routes qui mènent à la station", les clients se bousculent, se félicite le sexagénaire à la peau mate, installé dans son bureau modeste.

"L'activité est revenue à la normale. Il y a deux semaines, on a remis en service les huit pompes, et nos ventes sont remontées à 39.000 litres/j", conclut-il, en comptant une liasse de billets.

AFP/VNA/CVN

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