12/08/2018 16:54
Au moins douze civils ont été tués et des dizaines de personnes sont portées disparues après l'explosion dimanche 12 août d'un dépôt d'armes dans une zone résidentielle de la province d'Idleb de la Syrie, a indiqué une ONG.
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Des immeubles aplatis après l'explosion d'un dépôt d'armes dans une zone résidentielle de Sarmada, dans la province d'Idleb en Syrie qui a fait au moins 12 morts, le 12 août 2018. Photo: AFP/VNA/CVN

Les causes de l'explosion, qui a également provoqué l'effondrement de deux immeubles dans cette province du Nord-Ouest de la Syrie, n'étaient pas connues dans l'immédiat, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui s'appuie sur un vaste réseau de sources dans le pays en guerre.

Les Casques Blancs, ces secouristes qui opèrent en zones rebelles, ont été dépêchés sur les lieux dans la localité de Sarmada, où ils tentent avec l'aide d'un bulldozer de retirer des décombres à la recherche d'éventuelles victimes, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Derrière l'amas de gravats, la façade d'un autre immeuble a été noircie par le feu qui s'est répandu après l'explosion survenue à l'aube dans cette localité du nord de la province contrôlée par les groupes jihadistes et des factions rebelles.

Selon le directeur de l'OSDH, le dépôt était situé dans un immeuble résidentiel de Sarmada. Il appartenait à un trafiquant d'armes travaillant pour Hayat Tahrir al-Cham (HTS), un groupe jihadiste formé par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, qui contrôle la majorité de la province, a-t-il ajouté.

Douze civils ont été tués, la plupart membres des familles de combattants du HTS, a précisé M. Abdel Rahmane, en soulignant que le bilan risquait de s'alourdir car des "dizaines de personnes sont portées disparues".

Des secouristes ont transporté un enfant tué dans une ambulance, a constaté le correspondant de l'AFP. Selon un membre des Casques blancs, les secouristes ont déjà réussi à retirer cinq survivants des décombres. Parmi les morts figurent des femmes et des enfants, a-t-il dit.

La province d'Idleb est l'une des dernières de Syrie à échapper au contrôle du régime de Bachar al-Assad, qui a averti que la reconquête de ce secteur était l'un de ses objectifs.

Tombée aux mains de l'opposition en 2015, Idleb est totalement encerclée par des territoires acquis au régime. Environ 60% de la province est sous contrôle du groupe HTS, le reste étant partagé entre différents groupes rebelles. Des cellules dormantes du groupe jihadiste rival État islamique (EI) y sont aussi présentes et revendiquent assassinats et attentats.

Plusieurs attentats ont visé ces derniers mois des combattants et responsables du HTS et ceux des groupes rebelles. Des combats avaient opposé les deux camps en 2017 et au début 2018.

De leur côté, le régime et son allié russe ont intensifié les raids aériens sur la province d'Idleb, et les avions syriens ont largué des tracts appelant les habitants à la reddition.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques pro-démocratie, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire morcelé. Il a fait plus de 350.000 morts.
 
AFP/VNA/CVN
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