05/06/2020 09:03
Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont réuni jeudi 4 juin syndicats et patronat en quête de solutions pour "sauver l'emploi", l'urgence sociale et économique causée par la crise du coronavirus prenant de plus en plus le pas sur l'urgence sanitaire.
>>Réunion à l'Élysée pour plancher sur des solutions face à la crise
>>L'économie française va se contracter de 11% cette année, prévient le gouvernement

Réunion à l'Élysée avec les syndicats et le patronat, sur les solutions face à la crise socio-économique liée au COVID-19, le  4 juin. Photo : AFP/VNA/CVN


"L'enjeu", a souligné la ministre du Travail Muriel Pénicaud à l'issue de la réunion, c'est de "sauver l'emploi", de "bâtir une nouvelle donne" pour préserver les compétences des salariés.

Parmi les annonces faites à l'issue de cette rencontre de près de trois heures avec les partenaires sociaux : les entreprises qui recruteront un apprenti du 1er juillet au 28 février bénéficieront d'une aide élargie à l'embauche de 8.000 euros pour les majeurs et 5.000 euros pour les mineurs.

Alors que cette aide est aujourd'hui réservée aux entreprises de moins de 250 salariés et pour des diplômes au niveau inférieur ou égal au bac, le dispositif sera élargi jusqu'au niveau de la licence et à toutes les entreprises, ce qui représentera "un coût supplémentaire supérieur à un milliard d'euros", selon l'entourage de la ministre.

Autre point sur lequel l'exécutif était très attendu : la réforme contestée de l'assurance-chômage. Des discussions sur ce sujet vont s'ouvrir "dans les semaines qui viennent" avec les organisations syndicales et patronales en vue de parvenir à des décisions "d'ici l'été", a annoncé la ministre du Travail dans la cour de l'Élysée.

Rassemblement devant l'usine Renault de Choisy-le-Roi, le 3 juin, pour protester contre le plan de réduction des coûts de l'entreprise.
Photo : AFP/VNA/CVN

Alors que toutes les organisations syndicales réclament l'annulation de cette réforme, "les choses sont très, très ouvertes sur l'assurance-chômage", a précisé le ministère.

D'autres chantiers se poursuivront dans les prochaines semaines, sur le chômage partiel qui va être aménagé, sur l'emploi des jeunes, dont "près de 800.000 vont sortir du système scolaire ou universitaire cet été", a rappelé Mme Pénicaud, ou encore sur la formation.

Plus de huit millions de personnes sont au chômage partiel et plus de six millions de demandeurs d'emploi ont été comptabilisés par Pôle emploi en avril, du jamais vu en France. Et la situation devrait s'aggraver : mardi2 juin, Mme Pénicaud a anticipé que la France "repasserait les 10%" pour le taux de chômage, contre 8,1% avant l'épidémie.

Le gouvernement anticipe une chute du PIB de 11% cette année et un creusement du déficit public à 11,4% du PIB contre 3% en 2019. Pour répondre à cette crise historique, "nous avons mis 450 milliards d'euros sur la table de mesures de trésorerie et budgétaire, 20% de notre richesse nationale", a souligné le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, à l'issue de la réunion à l'Élysée.

AFP/VNA/CVN
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