24/09/2018 06:49
Les deux tiers environ des habitants du canton suisse de Saint-Gall ont voté dimanche 23 septembre en faveur d'une "interdiction de la burqa" dans l'espace public de leur région, une réglementation déjà en vigueur depuis juillet 2016 dans le Tessin voisin.
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La burqa doit-elle être interdite dans l'espace public? Un canton suisse organise dimanche 23 septembre un référendum sur cette question sensible.
Photo: AFP/VNA/CVN

Tous les électeurs de la Confédération helvétique seront amenés à se prononcer sur cette question, probablement l'an prochain, au niveau national. L'ensemble du corps électoral suisse qui votait par ailleurs le même jour sur des questions d'agriculture et d'environnement, a rejeté une interdiction définitive des OGM, actuellement objet d'un moratoire.

Dans le canton de Saint-Gall (Nord-Est), près de 67% des électeurs, selon des résultats officiels, ont donné leur aval au texte sur la burqa déjà adopté par le parlement régional avec le soutien de la droite populiste et du centre, mais dont les Verts et la Jeunesse socialiste avaient bloqué l'application en prenant l'initiative de ce référendum. Le taux de participation était de 36%.

Désormais, "toute personne qui se rend non reconnaissable en dissimulant son visage dans l'espace public et met ainsi en danger la sécurité publique ou la paix sociale et religieuse sera punie d'une amende". Le Conseil central islamique suisse a qualifié cette interdiction d'"islamophobe".

Fredy Fässler, un socialiste chargé de la sécurité et de la justice dans ce canton, a dénoncé le flou de cette législation, en particulier sur la question de savoir quand une femme portant la burqa représente un danger.

En outre, a-t-il expliqué dans le quotidien Le Temps, les détracteurs de cette mesure "redoutent des sanctions imprévisibles et arbitraires". Il n'existe pas de loi qui règle la question sur l'ensemble du territoire suisse, le gouvernement considérant qu'elle est du ressort des cantons.

Les Suisses se prononceront pourtant sur le sujet à l'occasion d'un référendum national, vraisemblablement en 2019, car un groupe de citoyens a réussi à collecter dans le délai imparti les 100.000 signatures nécessaires à l'organisation d'un vote populaire.

Le vélo dans la Constitution

Les électeurs suisses ont par ailleurs à une large majorité (70% selon les estimations) soutenu une proposition d'ajouter dans la Constitution un article qui donne aux autorités fédérales plus de pouvoir pour développer un réseau de pistes cyclables dans le pays.

Parallèlement, l'ensemble des électeurs du pays a rejeté dimanche 23 septembre deux initiatives populaires issues des milieux écologistes et agricoles exigeant une restructuration de la production agricole.

Selon des estimations de l'institut de sondage gfs.bern basés sur les décomptes officiels dans une large majorité de cantons, 70% des votants ont rejeté l'initiative "pour la souveraineté alimentaire", qui prévoyait la transformation du moratoire sur les OGM en interdiction définitive. Institué après un référendum en 2005, et déjà prolongé trois fois par le parlement, il court jusqu'en 2021.

Le texte visait aussi à imposer les normes sociales et écologiques applicables en Suisse aux produits importés, sous peine d'interdiction ou de droits de douane.

L'autre initiative, "pour des aliments équitables", a également été rejetée, à 62%, selon les estimations de gfs.bern.

Les deux initiatives agricoles, auxquelles s'opposait le gouvernement fédéral, ont emporté l'adhésion de quatre cantons francophones, notamment Genève, tandis que la partie alémanique a voté massivement contre, selon ces projections.

Pendant la campagne, le sujet des OGM "n'a pas été abordé. Les faux arguments sur des hausses de prix massives, sur un manque de choix et sur une volonté d'isoler la Suisse sont ceux qui portent préjudice à notre initiative", avait déclaré Michelle Zufferey, une responsable chez Uniterre, le syndicat agricole à l'origine de l'initiative.

Le gouvernement avait pour sa part agité auprès des consommateurs le risque d'inflation. "Si nous relevons les exigences, cela ne peut que conduire à une augmentation des prix. Et pour l'instant, hélas, tout le monde ne peut pas forcément s'offrir du bio", a fait valoir le président suisse Alain Berset, dans Le Temps.
 
AFP/VNA/CVN
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