02/08/2017 11:03
Les gouvernements français et italien sont convenus d'aplanir leurs divergences après la nationalisation du chantier naval STX France, pourtant promis à l'Italien Fincantieri, qui a ouvert une crise entre les deux pays...
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Le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan (droite), et son homologue français Bruno Le Maire, le 1er août à Rome
Photo : AFP/VNA/CVN

"Les gouvernements italien et français expriment leur volonté commune de surmonter leurs divergences concernant l'équilibre de la structure du capital de STX", indique le texte d'une déclaration commune, rendue publique après une rencontre à Rome entre le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan, et son homologue français Bruno Le Maire.

Les deux gouvernements se sont donné jusqu'au 27 septembre, date d'un sommet entre le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni, pour tenter de trouver une solution "réciproquement acceptable", selon cette déclaration.

M. Padoan et Le Maire se sont rencontrés pour tenter de trouver une issue à la crise née entre les deux pays après la nationalisation "temporaire" de STX France, chantier naval basé à Saint-Nazaire pourtant promis à l'Italien Fincantieri sous la présidence de François Hollande.

Le nouveau président français Emmanuel Macron a toutefois décidé de rouvrir le dossier et de réviser le pacte d'actionnnaires, en proposant à l'Italie un accord 50-50, ce qu'elle refuse, réclamant la majorité absolue du capital du chantier français.

M. Padoan avait rappelé cette exigence mardi 1er août en fin de matinée, dans un entretien avec l'AFP.

"Fincantieri doit avoir au minimum plus de 50%, vu que les Coréens avaient les deux tiers" du capital de STX France, a ainsi affirmé le ministre italien.

Et de fait, la rencontre mardi n'a pas permis de trouver un accord sur ce point crucial.

"Option préférée"

La France s'est toutefois engagée à ne pas rechercher d'autres actionnaires d'ici le 27 septembre et à considérer Fincantieri comme "son option privilégiée" pour l'avenir de STX France, selon cette déclaration.

"Nous avons constaté qu'il reste encore des divergences qui n'ont pas été éliminées", a déclaré M. Padoan devant la presse, à l'issue de la rencontre.

"Nous avons des difficultés et des opinions différentes sur STX, mais nous trouverons une solution adéquate", a renchéri M. Le Maire.

Ce dernier s'est dit prêt à revenir à Rome dès septembre, avant le sommet franco-italien le 27, pour tenter d'aplanir ces divergences, et avancer sur le dossier de la coopération dans le domaine naval entre les deux pays.

"J'ai bon espoir que dans les semaines qui viennent nous trouverons non seulement une solution sur STX mais surtout que nous arriverons à lancer les bases de cette coopération navale", a-t-il affirmé.

"La France et l'Italie expriment leur souhait de faciliter la création d'une industrie navale européenne plus efficace et compétitive", indique ainsi la déclaration commune.

L'idée est de "bâtir l'équivalent de ce que nous avons su faire dans le domaine de l'aéronautique avec Airbus", a expliqué le ministre français.

"Nous avons la possibilité dans les années qui viennent de construire le premier groupe industriel naval mondial entre la France et l'Italie", a-t-il encore affirmé.

Encore faut-il, que la "confiance revienne" entre les deux pays, a souligné le ministre italien du Développement économique, Carlo Calenda, qui a participé à la rencontre. Et pour ce faire, a-t-il ajouté, il est nécessaire de trouver un accord sur STX "qui respecte dans la substance les accords déjà conclus avec le gouvernement français".

L'accord conclu par l'ancien gouvernement prévoyait de confier 48% du capital de STX France à Fincantieri et quelque 6% à une fondation basée à Trieste, où est également installé le groupe italien.

La nationalisation de STX a suscité de vives réactions dans la classe politique et les médias italiens, au moment où nombre de sociétés françaises sont engagées dans la péninsule. 

AFP/VNA/CVN

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