16/03/2021 09:05
La banane possède une haute valeur nutritionnelle et a un faible coût mais doit faire face à des maladies post-récolte. L’emballage sous forme de films recouvrant les fruits et légumes ouvre une nouvelle direction dans la conservation de ce fruit. Initiative de deux lycéens Hanoïens.
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Anh Nhi (3e à gauche) et Truong Ky (2e à droite) avec leurs enseignantes, lors du concours national des sciences et technologies de l’année scolaire 2019-2020
Photo : GDTD/CVN

"Recherche et application de nanoma-tériaux de chitosane pour perfectionner le revêtement de film nano composite HPMC dans la préservation de la banane" est le projet réalisé par Dâu Anh Nhi et Nguyên Manh Truong Ky, deux élèves du lycée Phan Dinh Phùng à Hanoï. Ces travaux se sont vu décerner le premier prix du concours national de sciences et technologies de l’année scolaire 2019-2020.

D’après Dâu Anh Nhi, la banane représente 19% de la superficie totale des cultures fruitières dans l’ensemble du pays, permettant de produire annuellement environ 1,4 million de tonnes. La banane vietnamienne est exportée dans de nombreux pays et territoires.

Cependant, la filière doit faire face à quelques maladies post-récolte, par exemple la pourriture de la tige ou l’anthracnose qui provoquent des pertes importantes. "Face à cette situation, nous avons eu l’idée de trouver une solution pour mieux conserver les bananes afin de répondre à la demande d’exportation", partage Dâu Anh Nhi.

Présentant le concept scientifique, Nguyên Manh Truong Ky explique : "Actuellement, l’emballage sous forme de films recouvrant les fruits et légumes ouvre une nouvelle direction dans la conservation. La technologie du film de surface pour la conservation consiste en principe à créer un gel liquide ou une émulsion qui recouvrent la surface du fruit. Ce revêtement contribue à réduire la perte de quantité et d’eau".

Les matériaux de revêtement utilisés sont souvent d’origine biologique, par exemple la cellulose. Pour profiter de cette matière première, les dérivés cellulosiques sont particulièrement intéressants comme l’hydroxy-propyl-méthyl-cellulose (HPMC).

Les matériaux de revêtement utilisés sont souvent d’origine biologique, par exemple la cellulose.
Photo : Thanh Tùng/VNA/CVN

L’HPMC porte de nombreux avantages : bonnes propriétés filmogènes, inodore, sans goût, sans oublier une bonne perméabilité à l’air et une odeur du produit conservée. Mais son inconvénient est que ses propriétés hydrophiles élevées peuvent empêcher la rétention d’eau des fruits.

Afin de lutter contre cette insuffisance des films HPMC, des composants hydrophobes (nano carnauba, nano chitosane, nano cellulose) y sont ajoutés pour créer un matériau filmogène composite, permettant de limiter les propriétés hydrophiles des films HPMC.

Le nano chitosane permet d’améliorer les propriétés chimiques et physiques des biofilms afin de créer une barrière contre la perte d’eau, garder l’odeur, fixer les enzymes, absorber l’oxygène libre. Il dispose même d’une capacité anti-microbienne.

Le projet de "Recherche et application de nanomatériaux de chitosane pour perfectionner le revêtement de film nano composite HPMC dans la préservation de la banane" a été mis en œuvre pendant un an, à partir de 2019, à l’initiative de Dâu Anh Nhi.

Grâce aux assistances de l’Institut vietnamien d’ingénierie agricole et de technologie post-récolte, où travaille sa mère, la doctoresse ès sciences Nguyên Huong Thuy, ces deux lycéens ont eu l’opportunité de réaliser des expériences difficiles. "En ce qui concerne les expériences intensives qui nécessitent des machines coûteuses, nous avons dû envoyer les échantillons à l’Académie des sciences et technologies pour obtenir des résultats convenables", partage Dâu Anh Nhi.

Start-up de bananes propres

Suivant l’itinéraire de ces deux jeunes talents, du concept jusqu’aux résultats des recherches, la vice-directrice du lycée Phan Dinh Phùng, Nguyên Thi Bich Loan, ne cache pas sa joie : "notre école favorise toujours les recherches scientifiques afin d’aider nos petits à s’habituer aux études scientifiques et à faire valoir au mieux leurs capacités. Je suis heureuse de ce succès !".

Anh Nhi (droite) et Truong Ky présentent des bananes avec le revêtement visant à limiter la perte d’eau des fruits.
Photo : Thanh Tùng/VNA/CVN

"Nous organisons toujours des clubs de recherches scientifiques ainsi que le programme éducatif STEM (acronyme de Science, Technology, Engineering, and Mathematics, un américanisme désignant quatre disciplines : science, technologie, ingénierie et mathématiques). L’objectif est d’allumer la passion pour la recherche scientifique chez les lycéens", ajoute-t-elle.

Parlant du futur de cette recherche, Dâu Anh Nhi souligne : "Gagner ce prix est un grand honneur, mais il s’agit d’un premier pas dans mon processus de recherche scientifique. Je souhaite continuer à développer ce sujet et cette œuvre pourrait être mise en application sur d’autres fruits ou peut-être encore des bananes, mais à plus grande échelle. L’objectif est de favoriser l’exportation des fruits vietnamiens à l’étranger". "Il est prévu la création d’une start-up à partir de mon succès de l’année scolaire 2019-2020 !", espère-t-il.

Câm Sa/CVN
 
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