30/11/2013 09:17
L’État accorde un certain nombre de privilèges aux enfants originaires des ethnies minoritaires vivant dans les régions reculées. Toutefois, leurs conditions de vie et opportunités de développement restent inférieures à celles des enfants citadins.

Les deux sœurs Bê Thi Phuong, 15 ans, et Bê Thi Tâm, 9 ans, de l’ethnie Tày, vivent dans le district de Hà Quang (province de Cao Bang, Nord). Issues d’une famille pauvre et orphelines de leur père, Phuong et Tâm doivent aider leur mère dans les tâches quotidiennes. Après les cours du matin, Phuong rentre aux alentours de midi à la maison, déjeune et amène deux buffles à la prairie. Leurs grands-parents sont octogénaires. La grand-mère, alitée, doit rester immobile. La petite Tâm s’occupe des grands-parents lorsque sa mère travaille dans les rizières. Elle doit aussi nourrir les oiseaux de basse-cour et préparer le dîner pour la famille. Phuong et Tâm n’ont pas la possibilité de suivre des cours supplémentaires en été. «Je n’ai pas assez d’argent pour envoyer mes deux filles à ces cours d’été», regrette Phan Thi Thuân, leur mère, dans un soupir.

Chaque enfant ethnique minoritaire scolarisé à l’école maternelle a droit à une somme de 120.000 dôngs/mois pour la nourriture. Photo : Quy Trung/VNA/CVN


Hà Quang est un district montagneux où 97 % de la population sont originaires d’ethnies minoritaires. «Les travaux de protection et de soin des enfants dans ce district sont encore en proie à beaucoup de difficultés», selon la vice-présidente du Comité populaire du district, Nguyên Thi Phuong. Et d’expliquer : «Le niveau d’instruction de la population varie beaucoup, le transport dans le district est difficile, la plupart des habitants conservent encore la coutume d’avoir de nombreux enfants...».

Des conditions difficiles...


Hà Quang ne fait pas figure d’exception, de nombreux enfants d’autres localités montagneuses devant aussi aider leurs parents dans les tâches ménagères qui prennent le pas sur leurs études. D’autre part, une importante proportion d’enfants souffre de sous-alimentation, et les enfants victimes d’accidents et de noyades sont hélas légion... Selon Hà Thu Huyên, chargée de la protection des enfants du district de Hoà An (province de Cao Bang), les mariages précoces - populaires dans cette localité - nuisent à la garantie des droits de l’enfant. «Nombreux sont les couples qui ne font pas d’acte de naissance pour leurs enfants», indique Hà Thu Huyên. Et de continuer : «Ces parents ne procèdent à l’établissement de cette pièce écrite que lorsqu’ils en sont obligés, c’est-à-dire quand leurs enfants sont malades et hospitalisés. En ce moment, ces derniers ont besoin de l’assurance médicale (distribuée gratuitement pour les enfants de moins de six ans, ndlr) pour accéder aux soins à titre gratuit».

... en dépit de soutiens efficaces

Le pays compte environ 23,6 millions d’enfants dont 35% issus des minorités ethniques.

Au cours de ces dernières années, l’État a promulgué de nombreuses politiques d’assistance aux enfants démunis, ceux appartenant aux ethnies minoritaires, en situation particulière, habitant dans les régions reculées. Parallèlement aux politiques qui s’appliquent à tous (assistance sociale, éducative, assurance médicale...), le gouvernement a pris des décisions d’assistance aux élèves internes, aux collèges internat réservés aux élèves issus des minorités ethniques, d’exonération des frais d’études, etc.

À l’école-internat du district de Muong Khuong, province de Lào Cai.
Photo : Quy Trung/VNA/CVN


Précisément, chaque enfant scolarisé à l’école maternelle des ethnies minoritaires a droit à une somme de 120.000 dôngs par mois pour la nourriture. Chaque élève en école-internat des ethnies minoritaires reçoit une bourse égale à 80% du SMIC. L’élève en demi-pension (cantine le midi) reçoit une aide équivalente à 40% du SMIC. Actuellement, 800.000 élèves et un million d’enfants des écoles maternelles perçoivent ces aides.

«Grâce à ces politiques d’assistance, le nombre d’élèves abandonnant leurs études réduit considérablement», affirme la vice-présidente du Comité populaire du chef-lieu de Hà Quang, Trân Thi Tâm. À préciser que la plupart des enfants du chef-lieu de Hà Quang (district éponyme, province de Cao Bang) sont originaires des ethnies minoritaires.

En 2010, le gouvernement a ratifié le projet de développement de l’éducation des jeunes originaires des neuf ethnies dites «très minoritaires» (*). Selon lequel, les enfants, élèves et étudiants de ces ethnies bénéficient d’avantages particuliers. Précisément, tous les élèves de ces ethnies ayant bouclé l’enseignement primaire poursuivront leurs études aux collèges internats des districts. Les portes des écoles situées dans les hameaux, communes et districts leurs sont ouvertes sans restriction, bien au contraire.

En dépit de ces multiples aides, les conditions de vie et opportunités de développement des enfants habitant dans les régions reculées des montagnes du Nord et des hauts plateaux du Centre restent largement inférieures à celles des enfants vivant dans les régions urbaines. Une donnée pourtant essentielle dans l’objectif de réduire l’écart de développement qui sépare les régions montagneuses des régions de plaine densément peuplées.

Les neuf ethnies considérées «très minoritaires»

Les neuf ethnies considérées «très minoritaires» au Vietnam, selon le gouvernement, sont les O Du, Pu Peo, Si La, Ro Mam, Công, Brâu, Bô Y, Mang, Co Lao. On les trouve dans six provinces : Lào Cai, Hà Giang, Diên Biên, Lai Châu (Nord), Nghê An, Kon Tum (Centre). En quoi consiste une ethnie «très minoritaire» ? Prenons l’exemple de l’ethnie O Du. En 2009, le pays recensait 376 personnes de cette ethnie, la plupart dans la province de Nghê An (Centre). Actuellement, 360 vivent dans la commune de Nga My, district de Tuong Duong de cette province.


Hoàng Hoa/CVN







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