07/05/2021 11:53
"J'ai un objectif, devenir champion du monde, et pour ça il faut aller chercher les ceintures, il faut boxer", affirme le super-welter Souleymane Cissokho, qui s'apprête à franchir "une nouvelle étape" sur cette route, samedi 8 mai contre l'Anglais Kieron Conway.
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Le super-welter français Souleymane Cissokho lors d'une séance d'entraînement à Hayward, en Californie, le 3 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Aller à la rencontre du Français, pour son dernier entraînement avant le départ à Arlington (Texas) où aura lieu le combat, c'est se retrouver dans la zone industrielle de Hayward, ville située au sud-est de la baie de San Francisco. À la vue de ce hangar blanc parmi tant d'autres, difficile d’imaginer une salle à l'intérieur, jusqu’à ce que résonnent à travers la paroi des coups portés dans un sac de frappe et cette expiration typique du boxeur en plein effort.

Cissokho enchaîne les ateliers. Un mélange de fatigue et d’excitation conclut son lundi matin 3 mai. Il se sait dans la dernière ligne droite d'un rendez-vous très important.

"Il y a une ceinture WBA intercontinentale en jeu, elle te classe dans le top 15 mondial. Une fois dans ce classement, on peut faire un championnat du monde. Ca peut aller très vite. Là-bas j'aurai une exposition incroyable devant environ 70.000 personnes. Donc j'y vais à 100%", sourit cet élégant, sur comme en dehors du ring.

Et pour cause : bloqué par des aléas contractuels et le COVID, le champion de France 2019 n'avait plus boxé depuis 18 mois quand il a enfin pu renfiler ses gants le 13 mars, pour battre le Mexicain Daniel Echeverria. Sa 12e victoire en autant de combats.

Débuts à 14 ans

"La pandémie ça n'a pas été évident, ç'a entraîné cinq annulations de combats. On part en camp d'entraînement, on fait des sacrifices, on quitte sa famille, on se prépare très dur, on en pleure parfois, et là, une semaine avant, c'est annulé...", explique-t-il, tout en reconnaissant "faire partie des biens lotis" financièrement.

Le boxeur français Souleymane Cissokho avec son préparateur physique lors d'un entraînement à Hayward, le 3 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Solidaire "des autres boxeurs qui galèrent", il en a profité pour lancer un projet d'application, "afin qu'ils bénéficient d'une petite rémunération". "Lorsque je viens m'entraîner ici, je paye cher mes sparring-partners. Pourquoi ne pas le faire en France ?", souligne celui qui a aussi créé ces dernières années une association, "Secteur sport éducation", venant en aide aux jeunes.

La France, où il a débarqué en provenance de Dakar à l'âge de quatre ans quand son père, conseiller financier, a été muté à Paris, Souleymane l'a au coeur.

Il a été le capitaine de la "Team solide" qui a défendu les chances tricolores aux JO de Rio en 2016, avec une médaille de bronze à la clé. La conclusion de cette "incroyable" aventure collective était aussi celle d'une première phase dans la boxe, sport débuté "tardivement" à 14 ans.

"Ca changeait du foot, j'ai tout de suite accroché. Je me suis vite entraîné très dur, j'allais courir tard le soir, je faisais de la corde dans ma cave. Quand je fais quelque chose, je le fais à fond. Et ce travail a payé: un an et demi plus tard, je suis devenu champion de France cadets", poursuit-il.

"M'ouvrir à plein de choses"

Qu'en pensaient les parents ? "Ils n'avaient pas tout de suite +tilté+ quand je leur en ai parlé, mais après ce premier titre, ils ont vu que ça commençait à être sérieux. Mon père ne voulait pas que je mette les études de côté. Il m'a dit +tu peux continuer la boxe, par contre je veux que tu continues à bien bosser à l'école+."

Souleymane est parvenu à concilier les deux et devrait bientôt boucler un Master 2 en droit du sport à la Sorbonne. Une orientation choisie au moment où il est passé professionnel après Rio. "J'ai eu énormément de propositions. J'entrais dans le sport-business... Je me suis inscrit dans ce cursus, pour savoir comment on gère les contrats, tout ce genre de choses, pour ne pas me faire avoir."

"Le mémoire est quasiment fini, mais j'ai pris un peu de recul car la carrière monte. Le diplôme ce sera pour moi comme un deuxième titre de champion du monde, après celui que je veux remporter en boxe", promet-il.

À 29 ans, Cissokho ne s'interdit rien. Comme lorsqu'il a participé en septembre 2020, à la Seine Musicale, à un spectacle, "La boxeuse amoureuse", créé par la danseuse-étoile Marie-Agnès Gillot avec l'auteur de la chanson éponyme Arthur H.

"J'avais une pression comparable à celle que je peux avoir en montant sur le ring et quand à la fin le public nous applaudissait j'avais les larmes aux yeux. Certes je suis boxeur, ambassadeur de mon sport. Mais ce que je veux, c'est m'ouvrir à plein de choses."
 
AFP/VNA/CVN


 
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