07/10/2017 15:41
L'administration Trump a entériné 7 octobre la levée formelle de l'embargo économique vieux de 20 ans à l'encontre du Soudan, poursuivant ainsi une politique de détente vis-à-vis de Khartoum amorcée par l'ancien président Barack Obama.
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Le président Donald Trump à la Maison-Blanche à Washington, le 6 octobre 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Les actions du gouvernement du Soudan au cours des neuf derniers mois montrent qu'il prend au sérieux la coopération avec les États-Unis", s'est félicitée la porte-parole du département d'État, Heather Nauert.

"Les dirigeants du Soudan, le gouvernement du Soudan et le peuple du Soudan saluent la décision positive prise par le président américain Donald Trump de lever complètement les sanctions économiques", a pour sa part réagi le ministère soudanais des Affaires étrangères.

La levée de cet embargo contre le Soudan est l'un des rares dossiers sur lesquels le président Donald Trump a choisi de poursuivre la politique de son prédécesseur.

Quelques jours avant de quitter la Maison-Blanche en janvier, M. Obama avait levé une partie des sanctions contre le Soudan pour une période probatoire de six mois.

Khartoum s'était engagé en retour sur une feuille de route en "cinq points", parmi lesquels la fin du soutien aux groupes rebelles au Soudan du Sud, la fin des hostilités dans les provinces du Darfour, du Nil-Bleu et du Kordofan-Sud, et une coopération avec le renseignement américain contre le terrorisme.

En vertu de cet accord, le Soudan était également tenu d'améliorer l'accès des organisations humanitaires dans le pays et de coopérer davantage à la traque de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony, une milice qui s'est rendue coupable d'enlèvements d'enfants et de mutilations de civils à grande échelle.

À la fin de cette période probatoire, en juillet, M. Trump s'était donné trois mois supplémentaires pour décider de lever ou non de manière permanente cet embargo.

"Toute normalisation ultérieure des liens (avec le Soudan) devra passer par des progrès continus de la part du gouvernement du Soudan", a mis en garde Mme Nauert.

Nouvel "élan" 

Le Soudan demeure toutefois sur la liste noire américaine des "États soutenant le terrorisme". Khartoum fait à ce titre toujours l'objet de certaines sanctions, notamment sur les armes, ainsi que de sanctions imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies.

"Lever les sanctions de manière permanente envoie le mauvais message alors que le Soudan a fait très peu de progrès en matière de droits de l'homme (...) Un tel gouvernement ne devrait pas être récompensé", a estimé Andrea Prasow de l'organisation Human Rights Watch à Washington, qui rappelle que le président soudanais Omar el-Béchir fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et génocide.

Magnus Taylor, analyste pour l'International Crisis Group, estime au contraire que cette levée de l'embargo constitue un moyen "efficace" de gagner la coopération du Soudan.

"Si les États-Unis sont intelligents, ils utiliseront cet élan dans les relations avec le Soudan pour pousser à des progrès supplémentaires dans la conduite de gouvernement soudanais", a-t-il expliqué.

Les États-Unis ont imposé des sanctions au Soudan en 1997 pour son soutien présumé à des groupes islamistes. Le fondateur d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden a vécu à Khartoum entre 1992 et 1996.

Au fil des années, les administrations américaines ont renforcé ces restrictions, accusant Khartoum de violations des droits de l'homme notamment dans le conflit meurtrier contre des rebelles au Darfour qui a fait 330.000 depuis 2003, selon l'ONU.
 
AFP/VNA/CVN
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