14/01/2017 15:57
Le président américain Barack Obama a annoncé le 13 janvier la levée de certaines sanctions économiques contre le Soudan, relevant des avancées "positives" de la part de Khartoum au cours des six derniers mois, une décision qui a provoqué la colère des ONG.

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Le président américain Barack Obama. Photo : AFP/VNA/CVN


Le président soudanais Omar el-Béchir est visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour des accusations de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.

Dans un courrier adressé au Congrès et rendu public par la Maison Blanche, M. Obama, qui cèdera la place au républicain Donald Trump dans une semaine, souligne en particulier la coopération de Khartoum avec Washington pour "répondre aux conflits régionaux et à la menace du terrorisme".

Il met aussi en exergue "une réduction marquée des activités militaires qui ont culminé dans un engagement à maintenir la cessation des hostilités dans les zones de conflit" et des efforts pour améliorer l'accès humanitaire à travers le pays.

Cette décision, qui ne remet pas en cause la présence du Soudan sur la liste américaine des "États soutenant le terrorisme", prendra effet dans six mois, un délai qui vise "à encourager le gouvernement du Soudan à poursuivre ses efforts", précise l'exécutif américain.

"Le Soudan est devenu un partenaire important pour contrer le groupe État islamique et d'autres menaces terroristes régionales", a souligné Mark Toner, porte-parole du département d'État.

Khartoum a immédiatement salué cette décision, évoquant le résultat "d'efforts communs et d'un dialogue long et sincère".

En novembre, Washington avait prolongé d'un an ses sanctions à l'encontre de Khartoum, mais sans exclure de les lever à n'importe quel moment si ce pays d'Afrique réalisait des progrès.
 

Le président du Soudan, Omar el-Béchir, lors d'une réunion de l'Union africaine, le 14 juin 2015 à Johannesburg, en Afrique du Sud.
Photo : AFP/VNA/CVN


Le Soudan est depuis 1997 sous embargo commercial des États-Unis qui l'accusaient alors de soutenir des groupes islamistes armés. Le défunt fondateur et chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, était basé dans la capitale soudanaise entre 1992 et 1996.

Par la suite, les Américains ont dénoncé la politique du pouvoir soudanais dans le conflit qui l'oppose à des minorités rebelles, notamment dans la région occidentale du Darfour.

Décision inexplicable

Les relations se sont améliorées ces dernières années, le secrétaire d'État John Kerry ayant rencontré à deux reprises son homologue soudanais, tandis que l'émissaire américain pour le Soudan et le Soudan du Sud, Donald Booth, s'est rendu plusieurs fois à Khartoum.

Le conflit au Darfour depuis 2003, qui a fait 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés selon l'ONU, reste un sujet sensible entre les deux pays.

En septembre 2015 et en septembre 2013, le département d'État n'avait pas accordé de visa au président Omar el-Béchir pour l'Assemblée générale de l'ONU à New York en raison du mandat d'arrêt émis par la CPI.

L'organisation Human Rights Watch a vivement réagi à l'initiative du président démocrate, une semaine avant son départ du pouvoir, dénonçant une décision "inexplicable".

"Le gouvernement du Soudan n'a fait aucun progrès sur un ensemble de critères essentiels", a estimé Leslie Lefkow, en charge de l'Afrique au sein de l'ONG, citant en particulier "la poursuite de ses crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour" et "la répression des voix indépendantes".

"Au lieu d'utiliser son pouvoir pour exiger de réelles réformes qui profiteraient aux citoyens soudanais, l'administration Obama envoie le pire message possible au Soudan et autres gouvernements répressifs: si vous coopérez sur l'anti-terrorisme, tous vos abus de pouvoir, y compris ceux de votre président, seront ignorés", a-t-elle ajouté.
 

AFP/VNA/CVN


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