15/01/2020 08:57
Les efforts pour régler le conflit en Libye se sont intensifiés mardi 14 janvier, avec l'annonce par Moscou d'une trêve prolongée de manière "indéfinie" et celle de la tenue d'une conférence internationale dimanche 19 janvier à Berlin pour tenter d'amorcer un processus de paix.

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Le ministre russe des Affaires étrangères Sergeï Lavrov (droite) et son homologue turc Mevlut Cavusoglu lors d'une conférence de presse conjointe sur la Libye, le 13 janvier.
Photo : AFP/VNA/CVN


L'annonce concernant la trêve est intervenue lors de négociations à Moscou en présence des deux chefs rivaux libyens, qui ne se sont cependant pas directement rencontrés. Et l'un d'eux, le maréchal Khalifa Haftar, a refusé de signer un accord formel de cessez-le-feu dans l'immédiat.

Selon Moscou, l'homme fort de l'Est libyen, qui tente sans succès depuis neuf mois de prendre la capitale Tripoli par les armes, a besoin de "deux jours" supplémentaires pour étudier le document et en discuter avec les tribus qui lui sont alliées. Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement reconnu par l'ONU (GNA), l'a lui signé lundi soir 13 janvier.

"Le principal résultat de la réunion a été la conclusion d'un accord de principe entre les belligérants pour maintenir et prolonger indéfiniment la cessation des hostilités", a affirmé le ministère russe de la Défense.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est fait plus menaçant, prévenant qu'il n'hésiterait pas à "infliger une leçon" au maréchal Haftar si ce dernier reprenait son offensive contre le GNA.
 
Outre le cessez-le-feu, qui a débuté dimanche, le projet d'accord prône "la normalisation de la vie quotidienne à Tripoli et dans les autres villes" et l'accès et la distribution "en toute sécurité" de l'aide humanitaire.

Sur le terrain, la tension reste vive.

Sur une de leurs pages Facebook, les pro-Haftar ont affirmé mardi 14 janvier qu'ils étaient "prêts et déterminés à obtenir la victoire".

Pour poursuivre les efforts diplomatiques visant à parvenir à une résolution du conflit, une conférence internationale sur la Libye sera organisée dimanche 19 janvier à Berlin sous l'égide de l'ONU, a confirmé le gouvernement allemand mardi 14 janvier.

Plusieurs pays y seront représentés, dont la Russie, la Turquie, les 
États-Unis, la Chine, l'Italie et la France, mais un doute plane encore sur la participation du maréchal Haftar et de M. Sarraj, tous deux invités mais dont la présence n'est pas à ce stade confirmée.

"Libye souveraine" 

Cette rencontre, qui se déroulera à la chancellerie allemande, entre dans le cadre du processus engagé par l'ONU pour parvenir à une "Libye souveraine" et pour soutenir "les efforts de réconciliation à l'intérieur de la Libye" même, a indiqué le gouvernement allemand dans un communiqué.

Son objectif premier consistera à empêcher tout pays étranger à s'immiscer dans les affaires intérieures libyennes, notamment en termes de soutien militaire. Sur cette base, un embargo sur les armes pourrait être proposé aux participants, a indiqué mardi 14 janvier le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

Cette évolution constitue "la condition sine qua non pour qu'il n'y ait pas de solution militaire en Libye, mais une solution politique", a-t-il dit.


Car entre l'arrivée sur le terrain libyen des milices jihadistes et celle de trafiquants d'armes et de passeurs de migrants, la communauté internationale craint de voir le conflit libyen dégénérer.

L'UE redoute en particulier que la Libye ne devienne une "seconde Syrie" et veut réduire la pression migratoire à ses frontières.
 

AFP/VNA/CVN

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